Crise politique/Dialogue

Gabriel Fortuné soumet ses recommandations au président, Jean-Henry Céant formalise le dialogue

Publié le 2018-12-20 | lenouvelliste.com

Le Premier ministre et le maire des Cayes ont, parallèlement, poursuivi les rencontres avec les acteurs de la société en vue de trouver une solution à la crise politique. Alors que Jean-Henry Céant entame cette semaine la deuxième phase dans son dialogue, Gabriel Fortuné a déjà soumis son rapport avec dix recommandations au président de la République…

Gabriel Fortuné n’avait pas chômé malgré le fait que le chef de l’État avait réitéré la mission confiée au Premier ministre de dialoguer avec tous les secteurs sur la crise politique qui secoue le pays. « J’ai rencontré des représentants du groupe des 13 partis politiques regroupant la Fusion, l’OPL, les sénateurs Evalière Beauplan, Nènel Cassy, Me André Michel, des leaders communautaires au niveau de certains grands quartiers de Port-au-Prince, des alliés du président, et d’autres partis politiques », a fait savoir jeudi au Nouvelliste le maire des Cayes.

Après ses différentes rencontres, Gabriel Fortuné a soumis au président de la République son rapport sur la situation du pays et dix recommandations. Le maire des Cayes a confié en exclusivité au Nouvelliste le contenu de ces dix recommandations. « Comme première recommandation, j’ai demandé au président de clarifier la mission confiée au Premier ministre qui est de créer les conditions pouvant favoriser un véritable dialogue. Selon lui, seul le chef de l’État doit prendre l’engagement de mener le dialogue.

Gabriel Fortuné recommande aussi à Jovenel Moïse de « laisser plus d’espace au Premier ministre et au gouvernement en vue de s’approprier la gestion de la Caravane du changement ». S’agissant de la quatrième recommandation, le maire des Cayes demande au chef de l'État de se mettre au-dessus de la mêlée « en évitant d’être au service de certains partis politiques en excluant toute politique partisane ».

Le chef de l’État doit « assurer le suivi des décisions prises. Chaque décision doit être l’objet de suivi particulier par un des membres de l’équipe du président et selon la nature du sujet, le ministre concerné s’en chargera », cela est la cinquième recommandation de Gabriel Fortuné à Jovenel Moïse.

« Compte tenu de la non-participation et la non-intégration des acteurs régionaux et locaux, les universités en région, les chambres de commerce, les collectivités territoriales dans les décisions politiques et autres, pour un dialogue efficace et efficient, il y a urgence d’intégrer ces différents acteurs ». Telle est la sixième recommandation.

En septième position, Gabriel Fortuné recommande au locataire du Palais national de redynamiser les relations avec la communauté internationale. « Placer les hommes qu’il faut à la place qu’il faut en tenant compte des critères de valeur et de mérite », d’où la huitième recommandation.

« En vue de l’élaboration du pacte de gouvernabilité, le Parlement, haut lieu du débat national et instance de représentation du peuple, se doit de jouer sa participation pleine et entière pour l’aboutissement d’un vrai dialogue. » Dans cette neuvième recommandation de Gabriel Fortuné, il semble ignorer que le Premier ministre avait déjà élaboré un pacte de gouvernabilité qu'il avait soumis au président de la République.

Enfin, le maire des Cayes, qui se veut beaucoup plus qu’un conseiller du chef de l’État, recommande que « vu le degré de méfiance entre les différents protagonistes, vu la polarisation de la situation politique, il est souhaitable de trouver un pré-accord à travers lequel les acteurs pourraient désigner un médiateur ».

Selon Gabriel Fortuné, le président n’a pas encore réagi à ces dix recommandations. Il a annoncé qu’il allait continuer à rencontrer d’autres secteurs de la société.

Pour sa part, le Premier ministre a entamé une deuxième phase dans son dialogue. Selon Pascal Adrien, porte-parole de Jean-Henry Céant, cette semaine, des correspondances commencent à être envoyées aux différents secteurs pour les inviter formellement à dialoguer avec le chef du gouvernement. La première phase du dialogue, a-t-il précisé, consistait à faire des rencontres informelles.

Si le président de la République a réitéré sa confiance au Premier ministre pour mener le processus de dialogue, il n’a cependant jamais nié qu’il avait confié à son ami Gabriel Fortuné la tâche de discuter avec les acteurs politiques, parallèlement à Jean-Henry Céant, en vue de trouver une solution à la crise.



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