Guy Wewe, radio a !

PUBLIÉ 2017-04-18
Animateur de radio bien connu à Port-au-Prince, Guy Wewe est l’un de ceux qui ont su se faire une place dans le HMI. À la plupart des grands rendez-vous du compas, en Haïti aussi bien qu’à l’étranger, il est présent, permettant à des dizaines de fans d’être au courant des menus détails du secteur surtout grâce à sa présence sur les réseaux sociaux. Guidé par une rare passion, un enthousiasme sans borne et une grande détermination, l’animateur de Visa FM (88.1), a fait de son rêve un métier duquel il vit et auquel il s'adonne intensément.


Il s’appelle Guy Webern Guerrier. Guy Wewe pour ses fidèles auditeurs. « Guy Wewe Radio a », si on veut inclure ce slogan qui lui a été inspiré par Hugues Domond (Dodo), animateur de compas à Miami et bassiste de Gabel. « J’ai toujours cru qu’un animateur devait avoir un slogan, quelque chose qu’il pourrait utiliser pour capter l’attention de son public. Au début, j’utilisais « G on jan pou w ye », mais quand Gabel l’a popularisé, je devais en trouver un autre. C’est ainsi que j’ai décidé d’utiliser Radio a, un slogan que les auditeurs ont aussi aimé ». « Guy Wewe Radio a » qui est actuellement un « brand name », une webradio, que l’on peut capter partout à travers le monde. Pourtant, très peu de ceux qui l’ont connu durant son enfance s’imagineraient qu’aujourd’hui, il serait animateur de radio. Elève moyen, timide de surcroît, Guy n’était pas de ceux qui se faisaient remarquer au prime abord. Né le 13 juillet 1987, ses études se partagent entre Bassin-Bleu, sa ville natale, Port-de-Paix et Port-au-Prince. Il effectue son primaire à l’école Secours des chrétiens, son certificat chez les sœurs de Sainte Thérèse à Bassin-Bleu. De la septième à la classe de troisième, il fréquente l’école Notre-dame de Lourdes des frères à Port-de-Paix. Puis il rentre à Port-au-Prince et termine ses études à l’Institut Père de Monfort à Babiole. Toute une histoire d’amour et de passion lie Guy Webern Guerrier à la radio. Dans les années 90, les appareils de radio cassette se retrouvent dans presque toutes les maisons en Haïti. Sa mère aussi en possède un. Elle écoute, à longueur de journée, les morceaux des différents groupes musicaux en vogue à l’époque. T-Vice, Sweet Micky, System band. L’enfant est attiré par la musique compas, et par la radio aussi. « C’est moi qui changeais les cassettes, les batteries de l’appareil », se rappelle Guy Wewe, qui serait chanteur, s’il n’avait été animateur de radio actuellement. D’ailleurs, il avait même commencé à se produire dans diverses cérémonies et s’est même présenté aux auditions de la première édition du concours Digicel Stars en Haïti. Puisqu’il aime la musique, c’est tout naturellement qu’il visite, de temps à autre, la station de radio Volcan (Puissance actuellement) que possède un de ses cousins à Bassin-Bleu dès que l’occasion se présente. Voyant son intérêt, ce dernier lui dit « m ap fè w operatè wi siw vle ? ». Une proposition qu’il accueille avec enthousiasme. Pendant ses vacances, il observe les manœuvres de l’opérateur de fonction jusqu’à ce qu’un jour, il puisse mettre en ondes de par lui-même. « Denye okazyon » de Sweet Micky, c’est la première musique qu’il a mise en ondes tout seul. Il s’en rappelle fort bien. A Port-au-Prince pour ses études, Guy Wewe revient dans son patelin lors des grandes vacances. En rhéto, il décide de faire plus. Il veut être derrière le micro. Son cousin n’y voit aucun inconvénient. En deux ou trois jours, il s’essaie off-mic, puis en direct. Convaincu de son talent, on lui permet d’animer une émission pour les vacances avant qu’il ne retourne boucler son cycle d’études secondaires. Ainsi se déroule les premiers pas de Guy Wewe dans le milieu. Déterminé, tenace, il sait qu’il ne veut rien d’autre, sinon que faire ses preuves dans le domaine de la communication, de la radio plus précisément. Objectif fixe en tête, bac II en poche, il se dirige vers la Faculté des sciences humaines dans le dessein d’étudier la communication sociale. Mais, en dépit de sa bonne volonté, il échoue à l’examen d’entrée. Pourtant, il ne laisse pas cet obstacle l’arrêter. Se promettant de postuler à nouveau, il se tourne vers l’Institut supérieur d'animation et de communication (ISNAC). Tandis qu’il étudie, son professeur Richard Devil le choisit pour représenter le centre de formation à une émission à la radio RCH 2000. Tout en préparant sa présentation, il rêve déjà de carrière professionnelle. « Et si on me proposait de travailler là-bas ? », se dit-il tout bas. Le jour J, Guy Wewe fait son show du mieux qu’il peut. Junior Metellus, directeur de la programmation de la radio, est tout de suite sous le charme et lui propose de travailler pour la radio. Ainsi, dès février 2008, Wewe anime une émission de musique sur RCH 2000. Un an plus tard, on le retrouve à Planèt Kreyòl qu’il quitte en juin 2011, lorsqu'on lui demande à l’époque de faire une matinale en lieu et place d’une émission compas. Ce qu’il refuse. « Je ne me voyais pas faire autre chose. J’ai été élevé dans un environnement konpa, je ne savais faire que cela », se justifie-t-il. Cette porte fermée, Guy Wewe jette son dévolu sur Vision 2000. «J’ai réalisé que c’était un espace encore vide qui me permettrait de faire découvrir mes potentialités à un plus large public. Mais comment s’y faire accepter ? Vers juin 2011, il choisit d’assister Guillaume Ambroise, présentateur de « Echo musique » tous les samedis soir sur Vision 2000. Ceci de manière assidue, lorgnant bien entendu l’émission « Vision sou konpa » qu’animait Luckner Désir tous les jours entre 6h et 8h. Quoique bénévolement, il s’y met avec assiduité. Une persévérance qui lui vaudra de se voir confier l’émission qu’il visait à l’approche du carnaval aux Cayes. Vu ses potentialités, il est maintenu à cette émission qui est néanmoins réduite à une heure d’antenne après une entente avec la direction de la station. En septembre 2015, l’aventure à Vision 2000 s’arrête. Beaucoup se rappellent encore de cette annonce faite sur les réseaux sociaux. Déclinant les offres de plusieurs patrons de presse, il rejoint Visa F.M., une station de radio dédiée majoritairement à la musique. « Après cette expérience, je ne voulais plus travailler pour une station généraliste, qui couperait les heures d’antenne au moindre autre événement, tel que l’actualité politique ou le sport. J’ai trouvé une entente avec Frantz Duval. Ce n’était pas forcément l’offre la plus alléchante, mais Visa F.M. allait dans le sens de mon idéologie et me permettait de continuer à m’épanouir. Visa était différent », explique-t-il avec sagesse. « Actuellement, je me sens bien au sein de cette radio. Mais je n’ai pas encore réalisé ce que je voulais avec Visa mais j’y travaille. Pour moi, Visa devrait être incontournable, toujours au cœur des événements qui ont rapport à la musique. A présent, je veux beaucoup plus mettre en valeur Visa FM que Guy Wewe. Je sais que c’est un pari risqué dans la mesure où je n’en suis pas le propriétaire, mais je suis sûr que, lors même que je partirais, les changements que j’aurais opérés porteront aussi ma signature », confie celui qui parallèlement a mis sur pied Option Plus Promo, une entreprise spécialisée dans la promotion des artistes et des œuvres musicales. Marié, père d’un petit garçon, Guy Wewe a à cœur le bien-être de sa famille. Quand il n’est pas ailleurs, dans quelque événement où son travail l’appelle, il est avec les siens. Il sort très peu, et ses loisirs, si on peut les appeler ainsi, se résument à regarder des tutoriels sur Youtube, des documentaires, sur des thèmes ayant rapport avec son travail ou avec la politique. Perfectionniste, il revient de temps à autre sur son travail, écoute régulièrement ses émissions pour faire le point et s’améliorer. Et si autre que la radio, gadgets électroniques qui ont rapport à son métier, vos souhaitez savoir ce qui l’intéresse, coupez un gâteau. Il adore en manger. Simple, humble, optimiste, celui qui a terminé avec son cursus en communication sociale à la Faculté des sciences humaines est un modèle dans son domaine. « Kwè nan tèt ou, amelyore w chak jou, fokis sou sa ou ap fè a », dira ce dernier en guise de conseil à d’autres jeunes qui veulent se lancer dans ce créneau très difficile.



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