Èlections 2015: Sur le banc de touche ou en réserve de la République?

Combien sont-ils sur le banc de touche ou en réserve de la République? Officiellement, la secrétaire générale du RDNP occupe la première place pour l'avoir réclamée depuis quelque temps.

Ramon Guillaume
16 sept. 2015 — Lecture : 3 min.
Combien sont-ils sur le banc de touche ou en réserve de la République? Officiellement, la secrétaire générale du RDNP occupe la première place pour l'avoir réclamée depuis quelque temps. Il y en a d'autres qui ne tarderont pas à la rejoindre avant longtemps. Parmi ces derniers, on comptera ceux-là qui seront écartés par le CEP en les déclarant hors jeu. D'autres prendront le chemin qui mène au banc lorsque le peuple, par le truchement de son bulletin de vote, leur indiquera la route de leur retraite définitive. Il faudra attendre les résultats définitifs du second tour des législatives pour connaître la configuration politique de la cinquantième législature. L'exercice du premier tour, entâché d'irrégularités dénoncées par tous les secteurs, n'a pas permis non plust d'identifier les réels gagnants au niveau des deux chambres. Il n'y a pas de meilleur moment pour Mme Manigat pour poursuivre son pélerinage en faveur d'un gouvernement transitoire et l'élaboration d'une nouvelle Constitution, dépouillée de toutes les scories que contient celle du 29 mars 1987. Depuis quelque temps, elle est en campagne pour vanter les mérites de sa proposition. Tout comme Turneb Delpé, le chantre de la "Conférence nationale souveraine et inclusive", la proposition de Mme Manigat ne trouve pas encore preneurs, pourtant elle n'est pas rejetée d'un revers de main. Il est à parier que la réserve de la République, éventuellement, va être complétée par de nouveaux venus dont certains en auront marre de la politique active et des impedimenta que celle-ci contient. D'autres seront tout simplement mis hors jeu par le Conseil électoral provisoire. Le tout sera considéré comme une nécropole au frontispice de laquelle sera inscrite l'invitation suivante: "Bienvenue politiciens retraités et mal aimés". Ni une souris ni un monstre En réalité, le scrutin du 9 août 2015, loin d'apporter une solution à nos problèmes institutionnels, n'a fait que retarder l'échéance de la disparition non souhaitée d'un des trois pouvoirs d'État qui régissent la nation. Suite à ce premier tour du scrutin législatif qui n'a pas permis au pays de connaître les futurs membres de la cinquantième législature, on peut tout simplement affirmer qu'on vient une nouvelle fois de se mettre les pieds dans le plat, qu'on est loin de sortir de l'auberge sans avoir préalablement payé une note très salée. Plusieurs tentatives d'arriver à une candidature unique au niveau de la présidence se sont soldées par des échecs, parce que leurs initiateurs ne sont pas parvenus à s'entendre et ils se sont trop attardés à se dire des vérités maquillées de mensonge. La communauté protestante n'y arrive pas. L'ex-sénateur Steven Benoît et Me André Michel, eux non plus, n'arrivent pas à rallier une bonne quantité de candidats à leur projet. Que reste-t-il à faire? Pourquoi ne pas s'entendre pour enfin trouver un consensus où toutes les parties s'uniront pour créer un climat propice à la tenue de bonnes élections, libres et honnêtes? La nation, déjà exsangue, ne peut plus continuer à faire le jeu de ces éternels trublions qui cachent dans de profonds abysses et remontent à la surface quand ils le veulent. Tout n'est pas perdu pour eux. Dans la mesure où ils arrivent à manifester une certaines dose d'amour pour ce pays en participant à son développement tout en préconisant la paix, la concorde, le remembrement de toutes nos institutions surannées pour créer un paradigme à l'intérieur duquel tous les fils et filles de ce pays évolueront et progresseront en paix, dans un milieu de vie où il fera bon vivre. Sur le banc de touche et être en réserve de la République, est-ce le meilleur choix ?