Les Nippes s’unissent contre la mise en place de camps d’hébergement

Les autorités étatiques dans le département des Nippes s'opposent à l’idée de la mise en place de camps d’hébergement dans ce département. L’expérience de 2010 prouve, expliquent-elles, qu’il est très difficile d’en faire la gestion et la désactivation. Ces responsables préfèrent l’installation des tentes à la place des maisons effondrées. Il est question de monter un programme avec le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPT) en vue d’enlever les décombres dans un bref délai afin de faciliter l’installation des tentes.

Publié le 2021-08-26 | lenouvelliste.com

Les autorités ont répertorié une cinquantaine de points de rassemblements de victimes du tremblement de terre du 14 août 2021 dans le département des Nippes. Dans les communes sévèrement touchées, les places publiques et d’autres espaces sont occupés par la population sinistrée. Aucun de ces points de rencontre n’est guère aménagé et ces derniers ne comptent au grand maximum qu’une vingtaine de tentes d’hébergement.

Cela n’est pas dû au hasard. Le vœu des autorités du département est de ne pas créer les conditions pour la constitution de camps de fortune. Le délégué départemental des Nippes, Morel Espérance Bérard, explique que ces espaces sont très difficiles à défaire. À en croire ce dernier, à Port-au-Prince et dans les communes voisines, plusieurs camps d’hébergement sont transformés en des quartiers permanents, subsistent encore après plus de onze ans.

 Si l’on en croit le responsable de la Protection civile de cette partie du pays, Nicolas Fidèle, le gouvernement a formellement demandé aux acteurs humanitaires de s'abstenir d'installer des camps, comme cela a été le cas après le tremblement de terre de 2010 et de fournir plutôt des tentes et des bâches aux personnes déplacées afin qu'elles puissent rester près de leurs maisons endommagées ou détruites.

Les deux autorités ont fait savoir que l’État n’est pas en mesure de gérer les camps. En attendant la levée des décombres ou la réparation des maisons, après l’évaluation par les experts, des mesures ont été prises pour installer les familles en des groupes ne dépassant pas une vingtaine de tentes. C’est le cas dans plusieurs espaces publics visités par le journal, notamment à l’Azile, aux Baradères et à Petit-Trou de Nippes.

En plus du problème de gestion, les responsables parlent de la délinquance qui règne dans ces espaces. « Certaines dérives sont incontrôlables dans les camps d’hébergement », affirment-ils. Lors des installations des camps, on ne sait qui est vraiment victime car les gens viennent de partout et s’installent n’importe où à la recherche de l’aide quelle qu’elle soit, ajoutent-ils. « Si les tentes sont installées sur l’emplacement des maisons détruites par le séisme, il sera plus facile d’assister les gens et l’aide ira effectivement aux victimes », assure M. Fidèle.

Les points de rassemblement sont faits dans l’optique de passer la nuit afin d’éviter aux gens de s’exposer dans des maisons en béton, surtout que les répliques n’ont pas encore cessé. Les responsables assurent que l’on ne va pas aménager ces espaces pour la réception des gens pour une durée relativement longue.

Dans le département des Nippes, environ 32 000 familles sont victimes du tremblement de terre. Certaines d’entre elles n’ont reçu aucune forme d’assistance malgré la destruction de leurs maisons et du fait qu’elles ont tout perdu. Ces gens sollicitent l’aide de l’État afin de s’abriter dans l’optique de réduire leur vulnérabilité surtout en cette période cyclonique. Une distribution de tentes et de bâches est prévue à cet effet. Mais l’installation des tentes et abris doit être faite, selon les responsables, de manière à éviter de répéter l’expérience de Port-au-Prince d’après le séisme du 12 janvier 2010. Parviendront-ils à leur fin ?



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