Lancement d’un projet de sécurité alimentaire dans les Nippes

L’organisation non gouvernementale dénommée Community organized relief effort (CORE) a lancé, à Miragoâne, le 27 juin 2022, en présence de plusieurs autorités régionales, la deuxième phase de son projet de sécurité alimentaire visant à toucher plus de 20 000 ménages dans les communes de Petite-Rivière de Nippes, d’Anse-à-Veau, de L’Asile, des Baradères et de Miragoâne. Dans le cadre de ce projet, l’organisation fournira du cash conditionnel et du cash inconditionnel aux ménages dans l’optique d’augmenter leur résilience, réduire le mécanisme d’adaptation négatif potentiel et faire la promotion de la sécurité alimentaire dans cette partie du pays.

Publié le 2022-06-30 | lenouvelliste.com

Plus de dix mois après le séisme ayant touché grandement les départements du Sud, de la Grand’Anse et des Nippes, la situation reste très préoccupante pour une partie non négligeable de ces populations. Selon les résultats de la mise à jour de la situation projetée de l’analyse IPC de septembre 2021, pour la période de mars à juin 2022, 4,5 millions de personnes (45 %) ont besoin d’une aide urgente. Plusieurs communes du département des Nippes, notamment Baradères, ont été indexées parmi les zones nécessitant une intervention d’urgence.  

C’est à la lumière de ces données que l’organisation non gouvernementale a décidé d’implémenter une deuxième phase du projet de sécurité alimentaire dans ce département. Selon le directeur exécutif du projet, Emmanuel Whapo, ce projet cible 21 700 personnes, soit plus de 10% de la population du département. Parmi les bénéficiaires, plus de 9 000 personnes seront appuyées de manière inconditionnelle.

Dans ce cas, ces gens n’auront à fournir aucun effort pour avoir droit au cash qui sera distribué dans le cadre de ce projet financé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID). L’aide, poursuit le directeur exécutif, sera distribuée sous forme de vouchers. Ainsi, les bénéficiaires recevront un coupon qu’ils pourront présenter chez les commerçants agréés pour l’acquisition des produits alimentaires, des compléments alimentaires visant à compenser les carences potentielles en micronutriments, compte tenu des contraintes liées à l'injection d'une quantité suffisante de nourriture pour les ménages les plus pauvres, et d’autres produits de première nécessité.

Dans ce groupe, les femmes seront priorisées. Les responsables parlent de 70% de femmes qui seront prises en compte dans le cadre de cette composante. Des critères de vulnérabilités seront établis et ce sont les plus vulnérable qui seront choisis.

Ainsi, en plus de la cartographie de l’insécurité alimentaire de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) et les données du Système d'information du ministère des Affaires sociales et du Travail (SIMAST), des enquêteurs seront déployés au niveau des cinq communes cibles afin d’avoir une base de données reflétant entièrement les critères de vulnérabilité établis par le projet et pour éviter toute politisation, traitement de faveur, népotisme,  clientélisme, faveur sexuelle, pots-de-vin et manque de transparence dans le cadre du projet.  

Le directeur de programme au niveau de CORE, Fritzner Joseph, parle également d’une composante de transfert conditionnel. Dans cette phase du projet, les tenants optent pour l’embauchage des riverains pour le déblaiement de certaines routes et des bâtiments qui se sont effondrés lors du séisme du 14 août 2021.

Cette deuxième phase dont la durée est de douze mois vise, si l’on en croit la directrice administrative du CORE, Anise Philius, à améliorer la qualité et l’efficacité de l’aide dans le respect et la dignité. Elle projette, à cet effet, de développer des relations étroites avec les communautés. C’est ce qui a poussé les autorités locales et régionales à manifester leur désir de s’impliquer davantage dans l’implémentation du projet.

Pour le directeur départemental de la protection civile des Nippes, Fidèle Nicolas, le projet vient à point nommé dans le sens qu’il va aider les autorités à faire face aux méfaits des intempéries, surtout dans la saison cyclonique qui s’annonce, dit-il, active. Il invite les responsables à se joindre à sa direction dont les représentants sont éparpillés dans tous les recoins du département afin de mieux intervenir sur le terrain.   



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