Pour des actions visant à empêcher la réapparition de la PPA dans le pays

Dans le cadre d’une campagne d’éducation et de sensibilisation du public sur les stratégies de prévention et sur les mécanismes de gestion de la peste porcine africaine (PPA) dans le pays, l’Université Quisqueya (UniQ) et l’organisation Promotion pour le développement (PROMODEV) ont organisé conjointement une conférence-débat le mercredi 11 août 2021 autour du thème « Impacts économiques et rôle de la recherche dans la prévention de la Peste porcine africaine et la gestion des animaux malades ». Les panélistes en ont profité pour faire des recommandations à l’État haïtien en vue d’éviter la réintroduction de ce virus sur le territoire.

Publié le 2021-08-11 | lenouvelliste.com

Selon les officiels, la peste porcine africaine n’est pas encore diagnostiquée dans le pays. Des mesures sont en train d’être adoptées pour empêcher ce virus de s’y réintroduire. Consciente des conséquences que cette maladie pourrait avoir sur l’économie paysanne, en témoignent les méfaits de l’abattage systématique du début des années 80, la société suit au millimètre près les actions des autorités gouvernementales. C’est ce qui a conduit à la tenue d’une conférence-débat à l’Université Quisqueya à laquelle ont pris part plusieurs experts dans ce domaine, des associations paysannes et des universitaires dont l’ancien Premier ministre, Jacques-Édouard Alexis.

Si les avis divergeaient parmi les panélistes, les violons s’accordaient autour d’un point central : l’État doit tout faire pour éviter la recontamination du pays. Pour ce faire, des mesures doivent être prises en commençant par interdire l’entrée sous toutes ses formes le porc et la viande de porc en provenance de la République dominicaine. « Vingt-quatre heures après la confirmation de la présence du virus en terre voisine, les autorités auraient dû prendre la décision de manière unilatérale d’interdire l’entrée dans le pays, par toutes les voies possibles, du porc et des produits dérivés du porc », ont fait savoir tour à tour le recteur de l’Université Quisqueya, Jacky Lumarque, et le docteur en médecine vétérinaire et ancien coordonnateur de l’Unité de protection sanitaire (UPS) du ministère de l’Agriculture, Marx François Milien.

L’ancien directeur des services de quarantaine du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), Pierre Charlemagne Charles abonde dans le même sens en suggérant à l’État de renforcer le contrôle des 360 kilomètres de frontière commune entre les deux pays. Aussi recommande-t-il à l’État d’avoir un regard soutenu sur le fleuve de l’Artibonite et les cours d’eau dont la source se trouve dans la partie est de l’île. C'est pourquoi, croit-il, qu’il est urgent de mettre en place un cordon sanitaire impliquant les techniciens compétents et les éleveurs, les premiers concernés par cette problématique.

Pour avoir les résultats escomptés, les mesures doivent être à la fois techniques, économiques et politiques. Dans ce cas, le docteur Milien a passé en revue les faiblesses entourant cette production et le laxisme des autorités à prendre les décisions qui s’imposent. Le risque, soutient-il, est grand et l’on ne peut pas ignorer qu’on a une faiblesse au niveau du corps technique vétérinaire. Dans ce cas, il faut une mobilisation impliquant tous les acteurs de la chaine sans rien négliger. Le docteur préconise une surveillance participative centrée sur l’éleveur.

Si le professeur Arlan Lecorps, tenant compte de la situation actuelle, croit qu’il faut commencer à penser sur un élevage de substitution, de son côté le zootechnicien Jean-Sagaille Marcelin, qui est aussi le coordonnateur du Mouvement d’appui à la paysannerie (MAP), croit qu’on ne doit plus arriver à l’abattage systématique. Dans ce cas de figure, les paysans seront les principaux perdants comme ce fut le cas au début des années 80.

L’abattage systématique des porcs en 1980 a produit dans le pays un bouleversement économique d’une grande portée. Si l’on en croit, le Dr Max François MIlien, le pays aurait beaucoup de mal à revivre la même expérience. Cependant, poursuit-il, la peste porcine africaine ne peut être contrôlée par un vaccin et il n’y a pas encore de traitement. C’est pourquoi, affirme-t-il, que l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) considère encore les abattages systématiques comme une nécessité pour le contrôle effectif des foyers. Ainsi croit-il qu’il est nécessaire pour les institutions nationales et internationales d’œuvrer à l’établissement d’un consensus politique autour d’un programme d’éradication de la peste porcine africaine. Il s’agit d’une maladie mortelle et hautement contagieuse.



Réagir à cet article