Violence des gangs : les faits dépassent les limites de l’imaginable, s’alarme Carl-Frédéric Behrmann

Publié le 2021-06-16 | lenouvelliste.com

Carl-Frédéric Behrmann, un des responsables de Behrmann Motors, a réagi après l’attaque de bandits armés contre les locaux de son entreprise ce lundi. L’homme d’affaires n’a pas trouvé de qualificatif pour décrire ce qui s’est passé. « Je dirais que c’était catastrophique. Du jamais vu. Je ne sais pas quoi dire », a-t-il soupiré mardi matin à la matinale de Magik9.

« La situation était tendue dans les rues. Par précaution, nous avons baissé les rideaux métalliques. À un certain moment, on avait entendu des tirs dans la zone. Des bandits ont levé l’un de nos rideaux. Ils ont échangé des tirs avec nos agents de sécurité qui se trouvaient à l’intérieur. Les bandits ont causé des dégâts, notamment sur des véhicules, des baies vitrées... », a-t-il rapporté, précisant que les malfrats n’ont pas pu faire intrusion dans le showroom comme cela a été relaté la veille. 

Interrogé pour savoir si l’attaque serait la suite de menaces sur son entreprise, il a répondu par la négative. « Il n’y avait pas de menaces. Nous sommes très impliqués socialement dans la zone. Les riverains que nous avons contacté ont fait savoir que ces hommes armés n’habitent pas la zone. Je me demande pourquoi ils ont tenté d’envahir le showroom. Quel serait le but, la prochaine étape ? Puisqu’il est impossible de repartir avec des véhicules », s'est-il interrogé. 

La route de l’aéroport a connu des troubles au cours des années 2004, 2005 et 2006, orchestrés par des civils armés. Selon Behrmann, on n’a jamais attaqué les entreprises à ces époques comme c’était le cas lundi pour son entreprise. « On n’avait jamais ciblé les entreprises. Aujourd’hui, les faits dépassent les limites de l’imaginable. Comment les employés peuvent travailler dans ces conditions? Comment les clients peuvent-ils se sentir en sécurité ? Cela concerne quand même la route de l’aéroport. C’est le seul boulevard où sont logées des entreprises, des concessionnaires, des banques... », a-t-il fait remarquer. 

Behrmann Motors a fermé ses portes ce mardi. Il s’agit, selon Carl-Frédéric Behrmann, d’une pause d’évaluation. « Nos employés en ont besoin, parce qu’ils ont vécu un moment excessivement compliqué. On n’aurait pas pu ouvrir, agissant comme si rien ne s’était passé », a-t-il indiqué.

L’homme d’affaires n’a pas pu cacher son amertume devant la dégradation de la situation sécuritaire du pays. « Nous avons plus de 70 ans dans le pays. Nous contribuons à la création d’emplois. Nous payons nos taxes. Nous aidons l’économie. C’est triste de récolter tout cela après toutes ces années », a déploré M. Behrmann. « Quand les faits sont survenus hier, en tant que président d’une association de concessionnaires, je n’avais pas voulu publier une note de condamnation. Je pense que le public est fatigué avec les notes dans lesquelles on ne fait que déplorer, se plaindre, s’alarmer. La situation ne peut pas continuer ainsi. On ne peut pas continuer à travailler et à investir dans cette atmosphère », a-t-il soutenu. 



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