Les bandits s’activent, le CSPN se mobilise

Publié le 2017-06-05 | lenouvelliste.com

Au petit matin, lundi, Frédérique Viau, 32 ans, a reçu une balle tirée par des individus non encore identifiés circulant à moto, au haut de Delmas. Le décès de la jeune femme, petite sœur de Mario Viau, P.D.G. de Radio Télé Signal, a été verbalisé à l’hôpital Delmas/ Musseau, à Delmas 56 par Joseph Jean Albérique, juge de paix suppléant au tribunal de paix de Delmas. Un membre de la famille contacté par le journal, n’a fait aucune déclaration. Il a exprimé sa grande tristesse avec un émoticon sur WhatsAPP. La matinée, avant cet assassinat, avait commencé par un kidnapping, a confié au journal le directeur général de la PNH, Michel Ange Gédéon, joint en fin de soirée. Il y a eu des rumeurs d’attaques contre de ressortissants étrangers à Pétion-Ville. En fin d’après-midi, Gary Rouzier a subi une attaque sur la route de l’aéroport. Le journal a appris qu’il a été opéré avec succès à l’hôpital Bernard Mevs. Ses jours ne seraient pas en danger. Le nombre de cas n’est « pas significatif » mais il y a de l'émoi à cause de la « clientèle touchée », a indiqué le chef de la police, soulignant que la PNH a le devoir de répondre et elle répondra. Aux premières heures de la journée, mardi, une réunion du CSPN est prévue et une conférence de presse sera donnée, a révélé Michel Ange Gédéon. Le chef de la police, selon les informations à sa disposition, a déploré que ce « soient des bandits déjà arrêtés qui frappent à nouveau ». Dans les efforts pour combattre la détention préventive prolongée, il faut faire attention à ne pas libérer les plus dangereux, a dit le chef de la police. La police est sur le front. Il y a quelques jours, une vingtaine de suspects ont été interpellés à Pétion-Ville où sont signalées des agressions contre des gens sortant des restaurants. À Martissant, à l’entrée sud de Port-au-Prince, dans les quartiers comme Ti Bwa, Grand Ravine, la police a réalisé des opérations et renforcé sa présence sur la route des Dalles, un axe servant d’alternative au bouchon de circulation sur la route de carrefour. Sur cet axe, des bandits avaient tué un prêtre vodou, hougan Nènè, a indiqué le chef de la police qui presse la population d'appuyer les forces de l’ordre. Il faut informer les autorités quand un individu qui ne travaille pas même une vie luxueuse. Il faut dénoncer à la police des individus armés exhibant leurs armes sans être des policiers, a-t-il dit. « Il faut que tout le monde se mette avec la police pour résoudre le problème »,a insisté Michel Ange Gédéon. « Quand vous n’aidez pas, la prochaine victime peut être vous », a indiqué le patron de la PNH qui évoque le contexte de ces actes de banditisme. Ils interviennent dans un « contexte particulier qui coïncide avec le retrait définitif de la MINUSTAH, de la relaxation de plusieurs bandits déjà arrêtés et des problèmes sociaux dont les manifestations d’ouvriers, d’écoliers, d’étudiants et de chômeurs. « Si l’on ne lève pas le pied pour faire le nécessaire, le pire est à venir », a prévenu Michel Ange Gédéon. La police est obligée de gérer la sécurité et la paix publiques par rapport à un ensemble de mauvaises décisions, a expliqué le directeur de la police nationale d’Haïti, Michel Ange Gédéon. Entre-temps, sur les réseaux sociaux, certains lâchent la bride à leur courroux en commentant une vidéo d’un autre jam du président Jovenel Moïse avec l’ex-président Michel Martelly. Jovenel Moïse chante qu’il faut « faire marcher le compas pour ceux qui sont dans la joie ». « Ce n’est pas possible que le pays soit crispé. Je veux qu’il soit dans la joie », poursuit Jovenel Moïse dans un club, quelque part à Pétion-Ville où le nombre de braquages s’est envolé, dans cette ville, classée rouge au mois d’avril par le Département d’État américain dans une alerte aux voyageurs américains. Ils sont conseillés de ne pas se balader à Pétion-Ville. Avant cette alerte, les victimes, sorties indemne des vols à main armée à Pétion-Ville ont mille raisons pour se jeter aux pieds d’icônes religieuses, pour remercier le Tout-Puissant. Ces jours-ci, la situation à Pétion-Ville n’a rien de singulier. « J’évite de rentrer tard, chez mois, à Duplan, quartier de Kenskoff où des gens se sont fait attaquer par des bandits armés. Le soir, il y a un concert de tirs. Cela devient lourd », a confié off the record un expatrié, installé en Haïti depuis quelques années. « Les bandits ne sont pas cons. Ils s’assurent que ceux qui ont des moyens financiers passent à la caisse », a expliqué une femme habitant les hauteurs, soucieuse par rapport à ce déplacement du banditisme. Si certains soulignent que pendant les fêtes de fin d’année et la période estivale il y a un regain d’activités criminelles, Pierre Espérance du RNDDH met l'accent sur autre chose, les assauts de proches du pouvoir pour contrôler la PNH. Cela, a-t-il soutenu, a favorisé une absence de sérénité. Par lettre au chef de l’État, Pierre Espérance dit avoir attiré l’attention du chef de l’État, Jovenel Moïse, sur cette situation et sur les conséquences potentiellement funestes pour la population. Quand des bandits armés frappent, s’exécute alors un rituel. Il reste le même année après année. Sur les réseaux sociaux, quelqu’un fait un post que l’on partage à n’en plus finir. C’est en général une photo légendée et quelquefois, quand il y a des témoins, un récit, le pathétique des derniers gestes d’un être aimé, arraché brutalement à la vie. Sur les timelines, le lundi 5 juin, Frédérique Viau, 32 ans, tuée au petit matin au haut de Delmas, est à l’affiche du tragique. Non. Pas elle, pas cette belle jeune femme au regard attendrissant et doux, se sont lamentés certains. Roberson Alphonse


Réagir à cet article