Crise politique

En Avant n'a pas signé d'accord avec Ariel Henry, MTVAyiti précise pourquoi il a pris part aux rencontres

Publié le 2021-09-10 | lenouvelliste.com

Le Premier ministre Ariel Henry poursuit les négociations avec les partis politiques de l'opposition en vue d'arriver à la signature d'un accord. Si le Parti En Avant a pris part à l'une des rencontres, il souligne toutefois n'avoir signé aucun accord, le MTVAyiti de son côté indique au Nouvelliste qu'il est toujours dans la même démarche politique depuis plus d'un an, celle consistant à trouver une solution « autochtone négociée à la
crise haitienne ».

Pour sa part, l'ancien député Jerry Tardieu se veut clair. Le Parti En Avant qu'il dirige n'a pas signé d'accord avec le Premier ministre Ariel Henry. « Pour aider à trouver une solution à la grave crise actuelle, le mouvement En Avant a participé à plusieurs rencontres tant avec les forces de la société civile qu’avec les acteurs politiques, dont une avec le Premier ministre Ariel Henry le 6 septembre 2021. Toutefois En Avant n’a signé aucun des textes qui ont été soumis à son appréciation (notamment celui de la Primature) estimant que les accords présentés ne reflètent pas assez ses préoccupations sur les différents points, notamment la feuille de route, la question constitutionnelle, la durée de la transition, la gouvernance bicéphale et le plan de rétablissement de la sécurité », a précisé le parti dans un communiqué publié le mercredi 8 septembre.

« Tout en comprenant la démarche de certains partis politiques qui envisagent de parapher un accord avec la Primature, En Avant estime qu’il reste beaucoup à faire avant de parvenir à la signature de ce grand accord politique largement consensuel que le pays attend impatiemment. Pour cela, nous appelons à nouveau le Premier ministre, les forces politiques et les acteurs de la société civile à considérer les trois projets d’accord qui indiquent des pistes de solution pour gérer la transition », lit-on dans le communiqué.

Il s’agit de la proposition du Protocole d'entente nationale (PEN), celle de la Commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise (CRSHC) et celle de la Primature. « Dans le sens de l’intérêt national, il est encore possible de les mettre ensemble pour qu’ils se complètent dans le but d’arriver à un seul accord devant nous mener aux élections dès que techniquement possible et une fois les conditions de sécurité rétablies », conclut Jerry Tardieu. 

Pour sa part, le Dr Emile Hérald Charles, coordonnateur national de MTVAyiti, a fait savoir au Nouvelliste que son parti  " est toujours dans la même démarche politique depuis plus d'un an dans la recherche d'une solution autochtone négociée à la
crise haïtienne.»

Quelles sont les exigences de votre de MTVAyiti pour la signature d'un éventuel accord politique ? À cette question du Nouvelliste le Dr Charles a répondu en ces termes: « Aucune condition préalable à la signature d'un accord. Cependant, obligatoirement, l'accord doit être l'expression de la volonté de la création d'un climat d'apaisement généralisé dans le pays, rétablissement des conditions de  sécurité publique sur tout le territoire national  permettant aux citoyennes et aux citoyens d'exprimer leur opinion politique  et d'exercer leurs activités culturelles,  économiques, politiques et sociales sans risque de préjudices, d'apporter, de manière coordonnée et significative, une réponse socioéconomique aux plus défavorisés en général et aux populations des Nippes, de la Grand-Anse et du Sud  en particulier à la suite du séisme du 14 août 2021» .

Le médecin a ajouté que l'organisation « d'élections démocratiques avant la fin de 2022 afin d'avoir un chef d'État  et un corps législatif élus au 1er trimestre 2023; réduire dans l'immédiat les dépenses publiques et le "train de vie"de l'État;  créer les conditions propices à initier les grands procès contre les crimes de sang et les crimes financiers ».

Ariel Henry a pu réunir autour de lui dans la perspective d'un accord politique les plus farouches opposants à Jovenel Moïse. Parallèlement, le Premier ministre reste attaché à certains projets de Jovenel Moïse comme le référendum constitutionnel et le maintien du Conseil électoral provisoire décrié.



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