La bâtonnière demande au président Moïse d’arrêter la fabrication de décrets-lois

Publié le 2020-12-10 | lenouvelliste.com

La bâtonnière de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Marie Suzy Legros, au cours des funérailles nationales en hommage à Me Gérard Gourgue, n’y est pas allée par quatre chemins pour demander au président de la République d’arrêter la fabrication de décrets-lois, de lui rappeler que le décret sur l’Agence nationale d'intelligence (ANI) est "tyrannique et liberticide".

Au cours de cette cérémonie qui coïncide avec la célébration de la Journée internationale des droits humains, la bâtonnière de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Marie Suzy Legros, a profité  de la présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le Premier ministre Joseph Jouthe, le ministre de la Justice Me Rockfeller Vincent, pour porter le dossier de l’assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval sur le devant de la scène. «Le bâtonnier Gourgue ne s’en ira pas en paix si je me garde d’emboucher sa trompette de militant des droits de l’homme pour renouveler au président de la République, Monsieur Jovenel Moïse, la formation de la commission d’enquête indépendante devant supporter l’instruction conduite par le juge Renord Régis qui, jusqu’à présent, ne dispose pas de la logistique sollicitée, depuis deux mois, pour mener à bien l’instruction. Me Gourgue n’accepterait jamais que l’assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval reste impuni», a-t-elle déclaré.

«Le bâtonnier Gérard Gourgue ne s’en ira pas en paix, si je me garde de dire au président de la République d’arrêter la fabrication des décrets-lois. Le bâtonnier Gérard Gourgue ne s’en ira pas en paix si je me garde de dire au président de la République que le décret portant création, organisation et fonctionnement de l’Agence nationale d’intelligence (ANI) et celui pour le renforcement de la sécurité publique sont des textes tyranniques liberticides que la société haïtienne a l’obligation légitime de rejeter, et comme de fait, les rejette. Le bâtonnier Gérard Gourgue ne s’en ira pas en paix, si je me garde de dire au président de la République que son projet d’une nouvelle constitution est un crime de haute trahison, une atteinte grave à l’ordre démocratique, une usurpation illégitime du pouvoir constituant, une extension exorbitante des pouvoirs qui lui sont octroyés par la loi mère, par conséquent, un reniement de son serment constitutionnel», a affirmé la bâtonnière Legros avant de lâcher que «tout pouvoir est éphémère».



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