Produits pétroliers/Marché local

La situation actuelle n’est pas favorable à un ajustement du prix de l’essence, selon le ministre de l’Economie

Alors que le Premier ministre avait annoncé le mercredi 20 juillet dernier une hausse graduelle des prix des produits pétroliers sur le marché local, le ministre de l’Economie et des Finances a assuré le lundi 25 juillet que la situation actuelle n’est pas favorable à une augmentation des prix de l’essence. Cependant, Michel Patrick Boisvert souligne que la subvention de l’État sur les produits pétroliers n’est pas soutenable.

Publié le 2022-07-25 | lenouvelliste.com

Dans son adresse à la nation le mercredi 20 juillet, le chef du gouvernement avait appelé la population à se préparer à une nouvelle hausse du prix de l’essence. «  Je tiens à rendre hommage au peuple haïtien qui a fait preuve d’intelligence et de maturité en ayant compris la décision que le  gouvernement a été dans l’obligation de prendre en diminuant les subventions aux produits pétroliers.  Avec les fluctuations à la hausse sur le marché mondial, c’est un  effort que nous allons devoir encore demander progressivement au peuple haïtien. Parce que c’est à cette condition que nous pourrons continuer à importer le carburant et à le rendre disponible en permanence », avait déclaré Ariel Henry.

« Le Premier ministre a annoncé des ajustements graduels des prix des produits pétroliers, mais il faut remarquer qu’il a pris la précaution de ne pas donner de date. C’est une façon pour lui de dire que la situation ne peut pas continuer ainsi. Mais on est conscient que la situation n’est pas favorable à un ajustement des prix des produits pétroliers. Le Premier ministre m’a dit qu’il y aurait des ajustements graduels au moment opportun », a expliqué lundi matin sur Magik9 le ministre de l’Economie et des Finances.

Toutefois Michel Patrick Boisvert a souligné que l’État fait un niveau de subvention sur les produits pétroliers jamais atteint. « Mensuellement, la subvention représente deux fois le paiement des fonctionnaires de l'Etat. Nous parlons de plus de neuf milliards de gourdes chaque mois », a révélé le grand argentier de la République.

Selon les précisions du ministre, le moment n’est pas favorable à une hausse des prix des produits pétroliers sur le marché local à cause de l’insécurité, des départements du pays qui sont coupés les uns des autres comme c’est le cas des quatre départements du grand Sud…

Toutefois, « la subvention des produits pétroliers telle quelle n’est vraiment pas soutenable », s'est plaint le ministre. « L’État enregistre une perte de près de 600 gourdes sur chaque gallon de gazoline vendu, près de 400 gourdes sur chaque gallon de diesel et de kérosène », a affirmé Michel Patrick Boisvert, soulignant qu’en raison de cette subvention l’État n’a pratiquement presque plus de marge pour faire d’autres interventions.

Au 30 juin, a-t-il ajouté, le financement de la banque centrale était d'un peu plus de 26 milliards de gourdes. Plus de 20 milliards de gourdes de cette somme ont été utilisées pour la subvention des produits pétroliers, a-t-il avancé.

M. Boisvert a annoncé que le gouvernement va avancer avec le programme d’apaisement social déjà lancé et le plan de relèvement du grand Sud frappé par le tremblement de terre du 14 août 2021.

Malgré cette subvention de l’État, les produits pétroliers peinent à être distribués dans les stations d'essence, ce qui a provoqué depuis plusieurs mois une pénurie alors que le terminal pétrolier de Varreux continue d’alimenter le marché régulièrement. Le ministre Boisvert a souligné à ce niveau que l’État paie pratiquement tous les dix jours aux compagnies pétrolières le montant de la subvention accumulée au cours de la période. « La semaine dernière on a payé aux compagnies environ 3.4 milliards de gourdes », a-t-il confié.  



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