Crise politique/Dialogue

Cinq partis et regroupements politiques de l’opposition appellent à un dialogue inclusif

Alors que toutes les  tentatives pour arriver à un dialogue entre les acteurs de position politique dite radicale avec le président Jovenel Moïse ont échoué, cinq partis et regroupements politiques de l’opposition estiment qu’il est encore possible de trouver un accord politique inclusif entre les protagonistes de la crise. Cependant ces organisations politiques soulignent, dans une déclaration conjointe le lundi 26 avril 2021, que cet accord politique doit nécessairement inclure « le départ ordonné de M. Jovenel Moïse dont le mandat a pris fin le 7 février 2021… »

Publié le 2021-04-27 | lenouvelliste.com


En Avant, Entente nationale pour une transition de rupture (ENTENTE), Forces nationales pour la démocratie (FND), Mouvement pour la transformation et la valorisation d’Haïti (MTVAyiti) et  Operasyon Tèt Ansanm sont les cinq partis et regroupements politiques ayant adopté le lundi 26 avril 2021 cette déclaration conjointe sur la nécessité de trouver un accord politique entre tous les acteurs impliqués dans la crise qui secoue le pays depuis plusieurs années.

Ces organisations politiques déclarent avoir pris note de « la résolution 1168 du Conseil permanent de l’OEA, constatant avec justesse les violations de la Constitution, la non-tenue des élections régulières pour renouveler démocratiquement le personnel politique, la gouvernance abusive par décrets, les violations systématiques des droits humains et la dégradation accélérée de l’environnement sécuritaire qui a plongé la société haïtienne dans l’angoisse et la peur. Par ladite résolution, le Conseil permanent de l’OEA a proposé ses bons offices en vue de normaliser la démocratie institutionnelle (article 20 de la Charte démocratique interaméricaine) ».

Cependant, ont-t-il souligné, « il est important de noter que le secrétaire général de l’OEA n’a jamais donné suite aux instructions du Conseil permanent puisqu’à présent, l’opposition haïtienne n’a été ni informée ni contactée par cette organisation hémisphérique pour confirmer qu’elle serait prête à participer à un effort de médiation pour dénouer la crise ».

En Avant, ENTENTE, MTVAyiti, FND et  Operasyon Tèt Ansanm disent prendre note aussi de « la déclaration de la présidente du Conseil de sécurité des Nations unies le 24 mars 2021 relatant, entre autres, la préoccupation dudit conseil sur les crises prolongées que traverse Haïti, notamment sur les plans politique et constitutionnel. Tout en invitant les autorités en place à prendre des mesures pour mettre fin à l’impunité qui règne en Haïti, les communiqués successifs du BINUH réitèrent aussi la nécessité que toute sortie de crise viable tienne compte d’un consensus large entre les forces nationales ».

Ils ont aussi noté la déclaration du Haut représentant de l’Union européenne Josep Borrell, « qui estime qu’en période de vide institutionnel, le processus de changement de Constitution par voie référendaire devrait être inclusif et faire l’objet de débats approfondis avec l’opposition et la société civile ».

Ces organisations politiques ont souligné aussi la déclaration de la secrétaire générale de la francophonie, Madame Louise Mushikiwabo, « suite à l’envoi d’une mission en Haïti et qui, devant le constat de la dégradation de la situation sécuritaire et l’ampleur de la crise politique, a offert ses bons offices à la recherche d’une « solution pacifique et la position du « Core Groupe exprimant sa préoccupation devant le fait que le processus de changement de la Constitution ‘’n’est pas à ce stade suffisamment inclusif, participatif ou transparent’’ et qu’une ‘’telle réforme devrait se dérouler sur la base d’une large consultation qui implique l’ensemble des forces vives de la nation’’ ».
 

« Ces prises de position et déclarations susmentionnées témoignent que la communauté internationale est parfaitement consciente des gravissimes dangers qui planent sur Haïti dont la démocratie est mise à mal notamment par l’entêtement de M. Moïse  à organiser un référendum inconstitutionnel, illégitime et impopulaire qui risque de plonger le pays vers encore plus de chaos et d’instabilité. Ces positions rejoignent celles exprimées depuis plusieurs mois par tous les secteurs vitaux de la vie nationale qui estiment que la population est à bout de souffle », ont affirmé les cinq structures politiques signataires de cette déclaration conjointe.

Ces organisations politiques « déclarent qu’il est encore possible de trouver un accord politique inclusif entre les protagonistes de la crise incluant nécessairement le départ ordonné de M. Jovenel Moïse  dont le mandat a pris fin le 7 février 2021 (selon les articles 134-2 ,134-3 de la Constitution et l’article 239 du décret électoral du 2 mars 2015), la mise en place d’un gouvernement d’union nationale et l’organisation d’élections honnêtes, transparentes et crédibles dans un délai techniquement possible et un climat de sécurité rétabli ».


Les signataires de la déclaration conjointe sont : l’ex-député Jerry Tardieu pour En Avant ; l’ancien sénateur Steven Irvenson Benoit pour Entente nationale pour une transition de rupture ;  l’ancien député Antoine Rodon Bien-Aimé pour Forces Nationales pour la Démocratie (FND), Dr Pierre Réginald Boulos pour le Mouvement pour la transformation et la valorisation d’Haïti (MTVAyiti) et l’ancien député Joseph Manès Louis pour Operasyon Tèt Ansanm.

Selon l’ancien député Jerry Tardieu, ces cinq partis et regroupements politiques ont un poids certain sur l’échiquier politique. « Une déclaration conjointe de ces cinq forces doit être considérée comme  un acte fort puisqu’il symbolise  la position d’une frange importante de la classe politique haïtienne », a-t-il indiqué au Nouvelliste. 

« Ces 5 partis et regroupement restent et demeurent indépendants et seront appelés un jour ou l’autre à être des compétiteurs  sur le terrain  électoral. Il n’empêche  qu’ils ont accepté, à un carrefour difficile, de se mettre d’accord  sur une position commune pour défendre la démocratie et la Constitution », a précisé le leader de En Avant.
 

De son côté, Réginald Boulos a fait savoir au journal que les  5 représentent plusieurs groupes de partis politiques.  « Je vous fais remarquer que la DIRPOD a sorti une note qui se rapproche de la nôtre. Il y a une démarche unitaire en cours au sein de l’opposition plurielle pour chercher et trouver un accord politique. Cet accord doit nécessairement inclure le départ de Jovenel Moïse, l’annulation du processus référendaire et électoral en cours et la mise en place d’un gouvernement de consensus pour rétablir d’abord la sécurité et organiser un processus électoral libre et transparent », a-t-il dit, soulignant que « l’opposition continue la recherche d’une négociation sérieuse pour sortir le pays de cette situation dans laquelle la Mafia PHTK l'a plongé. »



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