Le Collège Régina Assumpta du Cap-Haïtien fragilisé en pleine période cyclonique

La démolition sauvage et non réglementée d'une partie des infrastructures du Collège Régina Assumpta a plongé l'institution dans une crise sécuritaire majeure.

Par Islam Louis Etienne
14 sept. 2026 — Lecture : 3 min.
Le Collège Régina Assumpta du Cap-Haïtien fragilisé en pleine période cyclonique

Collège Regina Assumpta
Photo : Fédération des Anciens de Regina Assumpta (F.A.R.A.)

La démolition sauvage et non réglementée d'une partie des infrastructures du Collège Régina Assumpta a plongé l'institution dans une crise sécuritaire majeure. En éliminant de manière désordonnée des éléments porteurs essentiels, cette intervention irresponsable et malhonnête a rompu l'équilibre de la structure restante.

Face à l'imminence des catastrophes naturelles liées à la saison climatique, il est urgent de structurer une réponse méthodique avant toute utilisation de l'espace résiduel. Cette réponse doit articuler des démarches juridiques strictes, une analyse rigoureuse de la résistance des matériaux et des protocoles de sécurité drastiques avant toute réouverture. On a voulu protéger la ville des inondations, ce qui est normal ; maintenant il faut protéger les usagers du Collège des impondérables.

Une indifférence totale des pouvoirs publics 

Après cet acte ignoble, indigne et dévastateur commis contre l'un des meilleurs centres de formation du pays, aucune voix ne s'est élevée jusque-là pour réclamer une évaluation physique du bâtiment dans le but d'assurer  la sécurité des usagers de l'institution avant la rentrée officielle des classes. Car, les pouvoirs publics sont représentés par des démolisseurs  n'ayant ni éthique ni sens de compromis, de responsabilité, de grandeur et de discernement. À travers leur comportement autoritaire, ils affichent leur arrogance, leur orgueil frisant l'indécence.

Ces pantins, au lieu d'être des agents de développement, des protecteurs des biens et du citoyen, des défenseurs inébranlables du patrimoine de la cité, se sont révélés des monstres de la destruction, des casseurs invétérés qui n'apportent qu'obscurité, ignorance et qui font de la conservation et la protection leurs ennemies jurés.

Le constat légal et la responsabilité du déblaiement

Avant toute intervention technique, la priorité absolue est d'ordre juridique. Un constat formel par un juge de paix doit être dressé immédiatement sur les lieux. Cet acte authentique permettra de documenter l'ampleur des destructions et de fournir les preuves de ce sinistre.

Une fois ce constat validé, et après s'être assuré de l'arrêt total des opérations de démolition, la question de l'évacuation des déchets doit être tranchée. La charge financière et logistique de l'enlèvement des déchets incombe intégralement aux auteurs des dommages, en vertu du principe de la responsabilité civile pour faute.

Les considérations techniques sur la résistance des matériaux

Sur le plan de l'ingénierie structurelle, la disparition subite de poteaux et poutres a des conséquences catastrophiques sur le bâtiment résiduel.

a. La rupture des lignes de charge : les poteaux éliminés assuraient la descente des charges verticales vers les fondations. Leur absence oblige la structure restante à redistribuer ces forces de manière anormale.

b. La concentration des contraintes : Les poteaux et poutres adjacents supportent désormais un poids double ou triple pour lequel ils n'ont pas été dimensionnés. Cela risque de dépasser la limite d'élasticité des matériaux entraînant ainsi des déformations irréversibles ou une rupture brutale par cisaillement.

c. Le phénomène de flambement : Les poteaux restants, soumis à des compressions externes élevées risquent de fléchir latéralement et de céder soudainement.

d. L'instabilité face aux forces latérales : L'absence d'une partie du bâtiment a supprimé l'effet du contreventement. Le bâtiment est désormais incapable de résister aux forces de torsion et aux poussées horizontales.

Le péril climatique de la saison cyclonique

L'évaluation de la résistance des matériaux ne peut pas se faire en vase clos, elle doit intégrer les facteurs environnementaux actuels. En pleine saison cyclonique, le bâtiment affaibli va être exposé à des vents violents et à des pressions hydrodynamiques externes.

Les vibrations et les forces de succion engendrées par des vents de tempêtes exercent des sollicitations dynamiques critiques sur une structure qui a perdu ses réserves de sécurité. Sans compter que les filtrations d'eau massives risquent de détremper les éléments fissurés, accélérant la dégradation du béton et la corrosion des armatures d'acier explosées. 

En définitive, le bâtiment restant est actuellement dans un état de vulnérabilité structurelle critique. Aucun retour des élèves, du personnel enseignant et administratif ne peut être envisagé tant qu'une expertise géotechnique et structurelle approfondie n'aura été menée par des ingénieurs civils qualifiés.

Le bâtiment doit offrir des garanties  maximales de sécurité validées par des calculs de portance réactualisés.

 La vie des usagers de l'école ne doit en aucun cas être sacrifiée sur l'autel de la précipitation ou de la négligence.