Urgent ! Comment faire du massacre du 23 au 24 août, le dernier d’Haïti?

“Un pays où l’on joue avec la VIE  et l’ENVIRONNEMENT est un  pays en péril !”.

Par Professeur Amary Joseph NOEL
09 sept. 2026 — Lecture : 7 min.
Urgent ! Comment faire du massacre du 23 au 24 août, le dernier d’Haïti?

Un homme recouvre un cadavre à Kenscoff
Photo : CLARENS SIFFROY / AFP

“Un pays où l’on joue avec la VIE  et l’ENVIRONNEMENT est un  pays en péril !”.

            Le 10 janvier 2020, le Président Jovenel MOÏSE était encore vivant et à la tête de l’Exécutif, malgré l’assaut des compatriotes qui font profession de chasser  le pouvoir en dehors des urnes!  Ce jour là,  nous avions, sur Radio Métropole, proposé pour combler le vide créé par l’effacement des FAD’H et le manque d’effectif  dans la force militaire naissante, de recruter les jeunes délinquants, membres des groupes armés illégaux.

Face aux discours de réticences venus de toutes parts,  nous avions épinglé, pour essayer de rallier le grand public à la proposition,  l’exemple nord-américain des” boot camps” où des hors-la-loi préposés aux tâches militaires reçoivent une formation ad hoc pendant 13 mois, sont gradués, puis  réintégrés à la société,  avant d’être inscrits dans les rangs des « Navy SEALs », et autres.

Oui, les réactions hostiles ne s’étaient pas faites attendre.  Elles ont plu averse à l’íntérieur du pays  et dans la diaspora  : « Comment accepter  des « moins que rien » dans l’armée ? », “l’armée est élitiste”, « Profesè a bliye sa moun sa yo fè ! », « Professeur NOËL a perdu la tête ! »,etc. D’autres plus conciliants ont déclaré « que ces jeunes délinquants  radicalisés sont aussi des victimes. »

 À Pâques 2023, nous avions suggéré  l’organisation d’un « chita tande-chita pale »  qui réunirait des notables représentants consentis des “ zones de non droit”  pour tenter de construire une  paix durable.  Nous avions  partagé la proposition via la presse et par lettre adressée à la hiérarchie de l’armée embryonnaire !  Les Responsables de l’embryon d’armée, en difficulté,  se sont penchés là-dessus ! Malheureusement, les responsables du pays , au plus haut niveau, avaient, alors, fait la sourde oreille et n’ont pas tenu compte de la proposition. Les groupes armés illégaux seraient, aujourd’hui, en panne de soldats.

 Il y a peu de jours. nous avons vécu   à l’Hôtel Karibe  les 21,22,23 août 2026 , le Forum des FAD’H organisé par le Ministère de la Défense sous le label : « Quelle armée pour Haïti? »

 Au vu de la qualité de l’événement, de tout le gratin d’intellectuels et de compétences mobilisés, nous nous sommes demandé : « Comment un pays avec tant de ressources en est il arrivé au seuil de dégénérescence et d’échec constaté? »  Le vide créé par la disparition des  FAD’H a exposé le pays à toutes sortes  d’aventures. Et, depuis des décades, le peuple et le pays  entier payent le pot cassé.

Le drame de Kenscoff                       

Réponse à la geste quasi épique du Ministère de la Défense ou simple coïncidence, dans  la nuit du 23 au 24 août 2026, les habitants de kenscoff et ses environs, ville  au sud-est de Port-au-Prince , ont subi une attaque meurtrière d’envergure d’un groupe armé illégal!

 Le bilan est monstrueux! : une cinquantaine de morts d’après les media traditionnels ! Une centaine d’après le décompte publié par un ex- sénateur, via les ” réseaux sociaux”. Des maisons en nombre, incendiées, des kidnappés, plus de 2500 déplacés!   D’aucuns ont déclaré ex post facto: « Avec des élections en pespective, ce massacre est loin d’être le dernier ! » 

À la même date, un groupe de déportés haïtiens sortis des geôles des USA sont arrivés en Haiti, menottés  et  chaînes aux pieds.  On les avait embarqués sous une pluie battante ! Ce nouvel arrivage macabre, aux yeux des analystes, clame que la semence de délinquants initiée  après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a mis environ une quinzaine d’années pour produire les fruits mortifères escomptés, mérite d’ être retouchée, car l’Haiti moribonde résiste encore ! 

En effet , ces nouveaux déportés seront jetés dans la nature avec pour tout avoir ,  65 dollars alloués par l’ Etat haïtien à  l’accueil.    Ces délinquants, frais  émoulus  des prisons des USA  iront renforcer les hordes de malfrats et de laissés pour compte d’ Haïti, avec pour tous bagages, des haines et des rancoeurs.

            Ces poignantes réalités nous ont enlevé  le sommeil ! Des questions troublantes ont  hanté notre esprit une nuit entière : QUOI PROPOSER À NOTRE NATION MENACÉE D’EXTINCTION ? QUOI  FAIRE EN NOTRE QUALITÉ DE CITOYEN RESPONSABLE ET LEADER DE LA SOCIETÉ CIVILE AMOUREUX DE SON PAYS ? DEVONS-NOUS NOUS TAIRE ET PLEURER, UNE FOIS LE GÉNOCIDE EFFECTIF?

Quoi faire pour que Kenscoff de la nuit du 23 au 24 août soit le dernier massacre d’Haiti ?

Oui, la liste est longue, trop longue : massacre de La Saline, Carrefour Feuilles, Gressier, Pont Sondé, Wharf Jérémie, Saut d’Eau, , Mirebalais, Liancourt, kenscoff I, Kenscoff 2 , Kenscoff 3 ,etc.

Nos différents coups de «  marteau »  pour  sensibiliser et éveiller les consciences des tenants du pouvoir d’État en tempêtant que le « dialogue est la voie  altière pour sortir du   chaos », n’ont jusqu’à présent servi à rien !

Bien protégés dans leur tour d’ivoire, à  l’abri , donc, des malheurs, déboires, tortures et souffrances du bon vieux peuple haïtien, les décideurs , au plus haut niveau, se  bouchent les oreilles et nous laissent tremblotter face à une adversité ostensiblement contrôlable, mais de plus en plus tentaculaire.  « Aucune compassion ! » semble être le mot d’ordre général.

Cet article  adressé à tous les Haïtiens et à tous les potentats du pays dit au CSPN que le peuple haïtien n’en peut plus ! La situation l’étouffe, l’étrangle même ! Haïti, aux abois, pleure et appelle tous ses fils à la rescousse.  Puissions- nous, tous, rapprocher nos vues et nos coudes pour  l’encadrer en rangs serrés!

En dehors des milliers de morts, des kidnappés et des déplacés, il faudrait compter les troubles psychosomatiques plus silencieux que vivent dans l’indifférence une large plage de nos concitoyens. Il est  vraiment pathétique de constater le nombre effarant d’anciens fonctionnaires de l’Administration publique et privée d’Haïti qui sont victimes d’AVC et autres traumas graves, tributaires de la  situation de délabrement, de stress extrème et de misère noire qui sévit un peu partout en Haiti.

Quoi faire ?

1o) Créer une Commission, à l’initiative du Ministère de la Défense, dont les membres doivent provenir strictement de la Société Civile  militante. Avec les risques aigus de débordements de violence extrème, il est indispensable que l’État haïtien se dote de voix capables de dire « stop » ou de prononcer le mot de la paix et être écoutées en cas de cataclysme humain. Avec plus de 700.000  armes illégales estimées à travers le pays, l’État ne peut continuer à faire l’autruche, car toute la collectivité est menacée.

2o) Jumeler cette Commission de dialogue à la CNDDR ( ou la faire fonctionner en tandem avec cette dernière, tout en prescrivant de constants échanges d’informations ;

3o) La praxis de la Commission permettra à l’État de compter sur une structure  appelée à diversifier , nuancer ou modifier les pratiques déjà en cours à la CNDDR ;

4o) Doter le Président (Coordonnateur de la Commission de dialogue) des pouvoirs nécessaires  pour inviter, parler, mettre en place des sous structures susceptibles de permettre à l’État d’investir les antres de délinquance, sans risques, pour les misionnés,  de sanctions légales ou de poursuites judiciaires ;

5o) Pourvoir la Commission en moyens objectifs et subjectifs nécessaires en vue de travailler à la pacification des « zones de non droit », limiter les violences  généralement quelconques qui sèment la peur, entretiennent les tensions entre groupes délinquants rivaux, maintiennent les populations démunies dans le stress, la peur , la misère chronique et endeuillent  arrondissements, communes, sections rurales et quartiers;

6o) Reconnaître que le dialogue est la voie altière pour construire la paix après plus d’une trentaine d’années d’échec d’une tutelle onusienne ou  internationale  pyromane soldée par des tentatives baclées ;

7o) Joindre au projet des élections l’exigence impérieuse de paver les voies qui doivent y conduire par un ou des mini dialogues, où l’on pourra tenter la reconnaissance des torts imputables à des strates diverses, voire opposées de la Société nationale ;

8o) Étudier (avec l’inventeur, sens latin du terme : invenire=trouver) les tenants et aboutissants d’n projet de CONGRÈS DES TERRITOIRES PERDUS ainsi que les conditions objectives  de sa réalisation dans le court terme ;

9o) Décréter, en urgence, la tenue du CONGRÈS DES TERRITOIRES PERDUS et confier son organisation concrète à une ou des organisations de la  Société Civile ;

Professeur Amary Joseph NOEL,

 - Coordonnateur Général de la Coordination  Nationale de la Société Civile Haitienne (CONASCH).-

  -Coordonnateur Général de la Confédération des Haitiens pour

la Réconciliation (La CHAR).-

-Encadreur Principal du Groupe de Réflexion sur la Sécurité et

la Défense Nationales ( GRSDN).-

Mail: profamaryjosephnoel@hotmail.com