L'homme d'État est un serviteur public reconnu qui se met au service de la communauté pour assurer son bien-être, défendre ses intérêts, préserver ses acquis, respecter ses droits. Il la protège contre les abus, les excès et les injustices. Il ne vit pas pour lui-même, mais pour sa communauté. Il n'a pas de vie privée. Sa vie est un livre ouvert au grand public. En dehors des privilèges associés à sa fonction, il est un homme du peuple, pacifique, de paix, de conciliation, de service et mis en service .
Par ses actions et ses prises de position, il contribue à rendre les autres heureux, réconfortés et sécurisés. Il évite les rancunes inutiles et ne prêche pas la discorde et la mésentente. Il recherche constamment l'entente, la paix et crée l'harmonie et la pacification partout et en tout lieu. Il assure l'épanouissement et le développement de sa communauté en respectant les normes, les valeurs et les institutions ; parce que les rivières ne boivent pas leur propre eau ; les arbres ne mangent pas leurs propres fruits ; le soleil ne brille pas pour lui-même ; les fleurs ne répandent pas leur flagrance pour elles-mêmes. Ils le font pour les autres, pour qu'ils vivent heureux. Vivre pour les autres est une loi de la nature. Vivre pour les autres est la première responsabilité d' un homme d'État. La vie est bonne et agréable quand on est heureux mais la vie est bien meilleure quand les autres sont heureux à cause de nous.
La trahison contre la cité héroïque
Le Cap Haïtien incarne l'âme héroïque et patriotique de notre Nation, une terre hospitalière et attrayante dont chaque monument raconte une victoire de la civilisation sur la barbarie. Dans cette ville historique, le Collège Régina Assumpta n'est pas une simple école privée, il est une institution d'utilité publique majeure, un creuset de connaissance éprouvée, vieille de plus d'un demi-siècle, érigée au rang de monument de l'esprit dans un pays tragiquement privé d'écoles de qualité pour ne pas dire d'école tout court. Dès lors, l'abattage unilatéral de ses murs sous prétexte d'aménager un canal d'évacuation constitue une trahison flagrante du bien commun. Cet acte barbare et grotesque prouve que l'ignorance au pouvoir est le gouffre financier et moral le plus mortel de notre patrie.
Le choix de la barbarie
Il est des formules historiques dont la vérité traverse les siècles avec une force intacte. Lorsque Victor Hugo affirmait que « Fermer une école, c 'est construire une prison », il posait l'équation fondamentale de civilisation digne de ce nom. Dans une Nation sans écoles, ou l'accès au savoir est déjà un privilège rare, chaque salle de classe fermée, endommagée ou détruite est un pas de plus vers l'obscurantisme et la criminalité, un coup mortel porté au savoir, un affront à l'intelligence, une fenêtre fermée à la formation civique et intellectuelle, un péché mortel commis contre la démocratie. C'est à la lumière de cet avertissement tragique qu'il faut analyser le saccage des murs du Collège Régina Assumpta au Cap Haïtien. En abattant les structures de cette institution cinquantenaine pour un simple problème technique de canalisation, ils n'ont pas seulement brisé du béton, mais ils ont détruit le rêve de plusieurs jeunes qui espéraient un jour franchir l'espace de ce sanctuaire et ont posé les premières pierres d' une prison pour notre jeunesse. Les petits se font remarquer très facilement par leurs comportements étourdis et fébriles, dénués de tout fondement. Ce sont des déchets toxiques qui détruisent sans rien dire c'est tout ce qu'ils peuvent faire pour justifier leur présence sur l'échiquier. Nous devons nous défaire de ces modèles crasseux, déchéant qui n'ont que la destruction et l'abattage des murs comme forme de lutte.
L'école est le premier rempart d'une patrie contre la délinquance, la misère et l'anarchie. Détruire les murs d'une école en première intention, démontre la faillite morale d'une autorité sans boussole. Ce choix destructeur est l'œuvre d'exécutants amorphes, de véritables invertébrés institutionnels sans colonne vertébrale incapables de tenir tête à des ordres absurdes. Mus par un besoin de simuler une fausse autorité, ces cadres incultes n'ont pas compris que leur ignorance a sacrifié le patrimoine éducatif de la ville sur l'autel de leur amateurisme. Ils ont préféré la politique du bulldozer à la concertation. En emputant le Collège Régina Assumpta de sa capacité à fonctionner correctement, ils ont symboliquement fermé une porte sur l'avenir en ouvrant grandement celle de la marginalisation pour les générations futures.
En définitive, détruire une école de qualité pour régler une simple affaire de tuyauterie est un acte ignoble qui insulte la patrie. L'histoire universelle ne retient que deux catégories d'acteurs : les Héros bâtisseurs qui élèvent les esprits et les laquais destructeurs qui murent l'horizon. Si nous laissons l'incompétence et le manque de courage pour guider la gestion de nos infrastructures scolaires, nous serons bientôt condamnés à bâtir des prisons pour y enfermer la jeunesse que nous aurons refusé d'instruire. On doit lutter pour que la lumière de la connaissance ne s'éteigne jamais au Cap Haïtien !
