Quand les maladies disparaissent de notre mémoire : pourquoi la vaccination demeure essentielle en Haïti

Il fut un temps où la poliomyélite, la rougeole et la diphtérie faisaient partie du quotidien de nombreuses familles à travers le monde.

Quand les maladies disparaissent de notre mémoire : pourquoi la vaccination demeure essentielle en Haïti

Vaccination d'un enfant

Il fut un temps où la poliomyélite, la rougeole et la diphtérie faisaient partie du quotidien de nombreuses familles à travers le monde. Elles provoquaient des épidémies meurtrières, entraînaient des handicaps permanents et causaient chaque année la mort de milliers d'enfants. Si ces images appartiennent aujourd'hui largement au passé dans de nombreux pays, ce n'est pas parce que ces maladies ont disparu d'elles-mêmes. C'est parce que les programmes de vaccination ont permis de protéger les populations et de réduire la circulation de ces maladies à des niveaux historiquement bas.

C'est là tout le paradoxe de la vaccination : lorsqu'elle fonctionne, les maladies qu'elle prévient deviennent presqu’invisibles. Et lorsque le souvenir de ces maladies s'efface, la perception du risque tend à s'effacer elle aussi.

Pourtant, elles n'ont pas disparu. Elles continuent de représenter une menace lorsque la couverture vaccinale diminue et que les populations ne sont plus suffisamment protégées.

Les Amériques offrent un exemple remarquable de ce qui peut être accompli grâce à la vaccination. Notre Région a été la première au monde à éliminer la poliomyélite, puis la rougeole, la rubéole et le syndrome de rubéole congénitale. Ces succès historiques sont le fruit de décennies d'efforts menés par les autorités sanitaires, les professionnels de santé, les partenaires et les communautés elles-mêmes.

Mais ces progrès ne sont jamais définitivement acquis.

Lorsque les couvertures vaccinales diminuent, les maladies évitables par la vaccination peuvent réapparaître. Les flambées de rougeole ainsi que les cas de diphtérie observés dans plusieurs pays de la Région nous rappellent que ces maladies continuent d'exister et qu'elles représentent toujours une menace pour les populations insuffisamment protégées.

La vaccination protège l’ensemble de la population y compris les nourrissons et les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et celles dont le système immunitaire est affaibli. Lorsqu'une proportion suffisante de la population est protégée, la circulation des maladies diminue et l'ensemble de la communauté en bénéficie.

Depuis de nombreuses décennies, l'Organisation panaméricaine de la Santé / Organisation Mondiale de la Santé accompagne les équipes du ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) dans les institutions de santé et auprès des communautés, afin que les enfants et les familles puissent bénéficier des vaccins surs.

Cette coopération de longue date a contribué au renforcement du Programme Élargi de Vaccination, à l'introduction de nouveaux vaccins, à l'amélioration de la chaîne du froid, à la formation des personnels de santé et au renforcement de la surveillance des maladies évitables par la vaccination.

Haïti fait actuellement face à des défis considérables qui affectent le fonctionnement du système de santé : crises humanitaires et sécuritaires, déplacements de populations, difficultés d'accès à certaines communautés et perturbations des services essentiels. Dans un tel contexte, maintenir les activités de vaccination de routine et atteindre tous les enfants qui en ont besoin représente un défi permanent. La survenue de cas de diphtérie depuis plusieurs mois atteste de cette vulnérabilité. Des campagnes de vaccination ont pu être menées dans les zones touchées.

L’OPS/OMS appuie aussi le MSPP dans le renforcement de la surveillance épidémiologique, notamment pour dépister tout cas éventuel de rougeole, sachant que des poussées épidémiques surviennent actuellement dans certains pays des Amériques.

Au-delà de son impact direct sur la santé, la vaccination constitue également un investissement dans l'avenir du pays.

Investir dans la vaccination aujourd'hui, c'est non seulement protéger des vies, mais aussi donner aux générations futures les meilleures chances de grandir en bonne santé et de contribuer pleinement au développement du pays.

En Haïti comme ailleurs, les progrès de santé publique ne doivent jamais être considérés comme acquis. La vaccination fait partie de ces réussites collectives qu'il nous appartient de préserver.