Responsabilité : un des piliers de la résistance éthique

Dans un contexte de crise, l’EREH  interroge la responsabilité de chacun.

Steevenson Montinard Professeur de Bioéthique
29 juil. 2026 — Lecture : 4 min.
Responsabilité : un des piliers de la résistance éthique

Responsabilité

Dans un contexte de crise, l’EREH  interroge la responsabilité de chacun. Éducateurs, agriculteurs, médecins, religieux…ces lieux de résistance éthique nous rappellent que la vie du corps social repose sur notre capacité à agir avec prudence et engagement pour le bien commun. 

Espace de Réflexion Éthique d’Haïti: Repenser ensemble nos valeurs communes.

Comment ne pas éprouver un très grand respect pour ceux qui assument une forme de résistance éthique dans le pays : je pense, entre autres aux médecins, aux travailleurs sociaux, aux agriculteurs, aux éducateurs… qui, au quotidien, témoignent d’une éthique en acte soucieuse de la défense  de nos essentiels, de l’esprit de confiance, de fraternité et de solidarité dont nous éprouvons aujourd’hui le plus grand besoin. Ces lieux de résistance préservent l’équilibre des valeurs de référence au service du bien commun. 

Le clin d’œil éthique de cette semaine se porte sur la notion de RESPONSABILITÉ.

Dans le contexte actuel de crise de société majeure, la portée des lieux de résistance éthiques est considérable. Ils s’imposent comme l’opportunité de repenser ce à quoi nous sommes attachés, ce que doit défendre une société, ce qui constitue une nation. Toutes ces réalités nous font  réfléchir sur la place exacte de chaque citoyen dans le fonctionnement du tout social. Cela touche à sa responsabilité dans son rapport à son milieu de vie. Mais comprendre l’importance de la responsabilité, n’est-ce pas posséder la pleine conscience de la valeur de chaque personne et du bien commun ?

Il s’agit donc de mettre en évidence la responsabilité de chaque citoyen dans cette quête d’une espérance renouvelée et donc d’une société qui répond aux aspirations les plus profondes de la personne humaine et aux exigences d’une saine orientation politique. Cela nécessite la mobilisation des expertises et des expériences de terrain. C’est ce que j’appelle la transmission d’une culture partagée de la conscience et de l’engagement éthiques identifiés comme acte politique au service du bien commun.

Comment penser, décider, agir, assumer et accompagner nos choix dans un contexte social complexe, dans un environnement de mutations anthropologiques qui influent directement sur nos conceptions de l’humain, sur la relation à l’autre et à l’exercice de nos responsabilités ? 

L’une des  vocations premières d’une démarche éthique est d’anticiper les conséquences individuelles et sociétales de nos actions et donc d’être tout simplement responsable.

Qu’est-ce que la responsabilité ?

La responsabilité réfère à une relation à trois termes : la personne responsable, le domaine de la responsabilité et l’instance envers laquelle l’individu doit rendre des comptes. 

Le premier terme de la responsabilité est la personne responsable de telle sorte que la responsabilité est liée soit à l’engagement volontaire de la personne, soit à sa capacité à atteindre un certain niveau de prudence et de réflexion dans ses interactions sociales. L’aspect rationnel de la responsabilité n’est pas à négliger, puisque la manière de la comprendre ainsi est en faveur de l’individu maître de ses choix, capable d’orienter son comportement en conformité ou en désaccord avec un système de normes (Canto-Sperber, 1996).

Le deuxième domaine de la responsabilité se situe sur le plan de l’action, de l’attitude. En ce sens, la responsabilité réfère fondamentalement à des devoirs ou obligations liés à un statut. Lorsqu’une personne  occupe un rôle social ou une fonction : parent, éducateur, religieux, mandataire politique…, elle est considérée comme responsable du bien-être des personnes ou de l’exécution des tâches dont elle a  la charge, en ce sens qu’elle est supposée se conformer aux devoirs et obligations liés à son statut,  y compris l’obligation d’agir de manière responsable c’est-à-dire de façon prudente et raisonnable.

Le dernier terme de la responsabilité est l’instance envers laquelle l’individu doit rendre des comptes. Ces instances sont multiples et chacune évoque un type de responsabilité particulier. Par exemple, le tribunal, comme instance de reddition de comptes, évoque la responsabilité juridique ; un enfant interpelle la responsabilité parentale ; le public invoque la responsabilité politique.

En résumé, la responsabilité est la propriété de l’être libre en vertu de laquelle il doit rendre compte de ses actes devant celui dont il dépend.

L’Espace de Réflexion Éthique d’Haïti continue de favoriser l’attention portée aux questions éthiques, celles qui concernent les pratiques et l’exercice de responsabilités dans un contexte d’incertitudes, de vulnérabilités mais également de pouvoir politique. La démarche éthique est exigeante et impose le courage de penser autrement, parfois à contre-courant.

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