Haïti : les mines doivent être exploitées pour le pays, et non pour un clan !

Alceus Dilson  alceusdominique@gmail.com
19 juin 2026 — Lecture : 2 min.
Haïti : les mines doivent être exploitées pour le pays, et non pour un clan !

Mains d’un ouvrier dans une mine, tenant une pioche

La question des mines en Haïti reste très opaque. Pourtant, on ne peut pas développer le pays sans exploiter ses potentialités. Nous passons tout notre temps à quémander au niveau international pour assurer la survie de l'État en Haïti, alors qu'Haïti a les moyens de développer son agriculture, son éducation et même de doter le pays d'une force armée de 60 000 hommes et d'une force de police de 20 000 hommes. Pourtant, nous nous contentons de répéter quotidiennement qu'Haïti n'a pas de budget. C'est la réponse la plus simple. Même un analphabète en économie connaît ce principe : on ne peut pas avoir un gros budget national si l'on ne développe pas ses ressources naturelles, notamment ses mines.

Nous ne mettons pas en valeur nos sols, notre nature, notre culture encore moins nos semblables. Nous ne cherchons pas à avancer ensemble. Chaque Haïtien vit dans un monde qui lui est propre, comme dans une jungle.

Or, si nous ne nous réunissons pas pour construire notre identité, nous risquons de disparaître physiquement, mentalement et économiquement. Haïti a de quoi redonner vie aux jeunes du pays. L'insécurité qui règne dans le pays est la conséquence de nos inconséquences. C'est l'État qui engendre l'insécurité par son inaction en tant qu'arbitre chargé de maintenir la justice sociale et économique. Le chômage généralisé est synonyme d'insécurité.

Plusieurs théories économiques et sociologiques démontrent d'ailleurs le lien étroit entre le chômage et l'insécurité. La théorie de la privation relative explique que lorsque des individus se sentent exclus des opportunités économiques et sociales, un sentiment de frustration et d'injustice peut se développer, favorisant ainsi les comportements déviants. La théorie de l'anomie, développée par Émile Durkheim puis approfondie par Robert K. Merton, soutient que lorsque la société ne fournit pas les moyens légitimes permettant d'atteindre les objectifs valorisés, certains individus peuvent être tentés de recourir à des moyens illégaux pour survivre ou réussir. Enfin, les théories économiques du crime démontrent que la rareté des opportunités d'emploi augmente l'attractivité des activités criminelles, particulièrement chez les jeunes. Ainsi, combattre le chômage ne constitue pas seulement un impératif économique ; c'est également l'un des moyens les plus efficaces pour réduire l'insécurité, renforcer la cohésion sociale et garantir la stabilité du pays.

Le niveau de développement d’un pays est fortement lié à la qualité de ses dirigeants. Des dirigeants sans vision, sans compétence et sans éthique entraînent inévitablement un retard national. Ainsi, pour construire un pays développé, il est essentiel de former, sélectionner et contrôler des dirigeants capables de servir l’intérêt général et de penser au long terme.