Un chercheur haïtien alerte l’ONU sur le rôle du trafic d’armes dans la crise en Haïti

Roland JOSEPH, Ph.

Jonathan Meus, Politologue – Philosophe
07 avr. 2026 — Lecture : 2 min.
Un chercheur haïtien alerte l’ONU sur le rôle du trafic d’armes dans la crise en Haïti

Armes et munitions saisies par la PNH

Roland JOSEPH, Ph.D., chercheur haïtien en études de paix et de conflit et chercheur associé au Center for Global Nonkilling, est intervenu le 26 mars 2026 devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies lors du dialogue interactif consacré à la situation en Haïti. Dans sa déclaration, il a souligné que la crise sécuritaire en Haïti ne peut être réduite à une simple problématique de criminalité interne. Elle est également alimentée par un flux constant d’armes entrant dans le pays.

Alors que Haïti ne produit ni armes à feu ni munitions, le pays est aujourd’hui confronté à une circulation massive d’armes illégales, contribuant à une violence d’une ampleur sans précédent. Selon des données du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, entre 270 000 et 500 000 armes illégales seraient actuellement en circulation sur le territoire.

Cette situation met en évidence une dimension essentielle souvent sous-estimée : la crise haïtienne est aussi liée à des dynamiques transnationales, notamment au trafic d’armes. Dans ce contexte, le Dr. JOSEPH a appelé à un renforcement de la coopération internationale, en soulignant la responsabilité des pays de la région, notamment les États-Unis et la République Dominicaine, dans la réduction des flux d’armes vers Haïti. Il a également plaidé pour la mise en œuvre d’un programme national de désarmement, appuyé par des initiatives d’éducation au « nonkilling », afin d’encourager la remise volontaire des armes et de renforcer la protection des vies humaines.

Enfin, il a rappelé que la sécurité durable ne repose pas sur la prolifération des armes, mais sur la protection et la valorisation de la vie humaine. Une réponse efficace à la crise en Haïti nécessite une approche globale intégrant le contrôle des flux d’armes, le respect des droits fondamentaux et la promotion de solutions non-violentes.