À chacun selon ses mérites

« La justice véritable ne récompense pas seulement les résultats, mais elle reconnaît l’effort, protège la dignité et donne à chacun selon ses mérites.

Islam Louis Etienne
30 mars 2026 — Lecture : 4 min.
À chacun selon ses mérites

Le fougueux Rigaud Fidele et le e maestro du silence Jean Menuau

« La justice véritable ne récompense pas seulement les résultats, mais elle reconnaît l’effort, protège la dignité et donne à chacun selon ses mérites. »

Cette phrase résume l’idée que la justice humaine doit dépasser la loi du plus fort, reconnaître l’énergie investie, et ne jamais oublier la dignité qui échappe à toute mesure.

Dans l’histoire des hommes et des institutions, il est une règle sacrée qui ne devrait jamais être bafouée : à chacun selon ses mérites.

Or, combien de fois avons-nous vu la gloire offerte à certains, tandis que d’autres, tout aussi dignes, sont relégués dans l’ombre ?

L’être humain n’est pas seul à vivre en société. Mais il est le seul à vouloir dépasser la loi de la jungle, à substituer à la force brute une règle plus haute : la justice. Cette justice n’est pas donnée par la nature, ni inscrite dans l’évolution.

 Elle est à construire, pièce par pièce, comme une architecture fragile et grandiose. Chaque loi, chaque principe, chaque avancée est une pierre posée vers l’idéal. Le mérite est l’une des pierres de la justice. Il désigne la reconnaissance due à chacun pour son action, pour l’énergie qu’il a investie, pour le bienfait qu’il a apporté.

 Faire justice « à chacun selon ses mérites », c’est reconnaître que les êtres humains ne contribuent pas de manière égale, mais que chacun mérite d’être jugé sur son engagement, et non seulement sur le résultat.

C’est un progrès : on ne mesure plus seulement la quantité, mais aussi la qualité. On ne récompense plus seulement la réussite visible, mais aussi l’effort invisible, la persévérance, le sacrifice. 

Mais il faut aller plus loin : la dignité humaine ne se chiffre pas, ne se négocie pas. Elle est absolue, irréductible. Une justice fondée uniquement sur le mérite risque de se confondre avec les lois du marché, où tout se calcule et s’échange.

Ainsi, la véritable justice est double :

• Elle reconnaît les mérites, pour donner à chacun selon son engagement.

• Elle protège la dignité, pour que nul ne soit effacé, même quand les conditions l’empêchent de montrer son mérite.

C’est là le chemin de l’humanité : dépasser la loi du plus fort, construire une justice équitable et humaine, et rappeler que la valeur d’un être ne se réduit jamais à ce qu’il produit, mais à ce qu’il est.

Mais l’histoire de Septent nous enseigne que cette justice doit aussi s’appliquer au patrimoine collectif. Aux premiers moments, les difficultés étaient immenses : manque de moyens, incompréhensions, résistances. 

C’est alors que Rigaud Fidèle s’est révélé comme la solution, celui qui a su donner une structure, unir les forces et permettre à l’œuvre de se consolider. Il fut , en particulier, la solution aux premiers obstacles, celui qui donna structure et force à l’édifice.

Un patrimoine ne saurait être construit par une seule personne. Il ne peut avoir de propriétaire exclusif, car il est par essence un bien public, une œuvre collective. Septent n’est pas le fruit d’un seul nom, ni d’une seule voix.

 C’est une maison bâtie pierre après pierre par ses fondateurs, édifiée par des sacrifices partagés, des réalisations multiples, des apports divers.Ne pas reconnaître ni honorer les autres bâtisseurs est une omission de taille.

 Cette omission est une faute grave : elle dénature le patrimoine, elle réduit l’héritage collectif à une gloire individuelle. Il est des moments où l’histoire nous impose un devoir : celui de rétablir la vérité et de rendre justice. 

Car la gloire ne doit jamais être distribuée au hasard, ni réservée à quelques noms choisis. Elle doit revenir à chacun selon ses mérites. Aujourd’hui, nous constatons que l’on célèbre Ulrick Pierre Louis et Alfred Moise, que leurs noms brillent dans le palmarès de Septent. 

Mais Rigaud Fidele, lui, a été ignoré. Et plus grave encore, Jean Menuau n’est cité nulle part, comme si son œuvre n’avait jamais existé.Son absence dans le palmares est un chapitre non ecrit ou encore s’íl est ecrit il a ete dechire dans les annales de l’orchestre septentrional

C’est une amputation de la mémoire collective. Car l’histoire n’est pas complète tant qu’elle efface ceux qui ont contribué à la bâtir. Rigaud Fidèle mérite d’être reconnu, honoré, célébré. Son absence est une faute que nous devons corriger.

Septent est un patrimoine. Et un patrimoine n’est jamais l’œuvre d’un seul homme, ni la propriété d’un individu. Il est collectif, partagé, bâti par les sacrifices et les apports de chacun. Ignorer Jean Menuau, effacer Rigaud Fidèle, c’est trahir la mémoire de cette construction.

Nous relevons donc ce défi : rappeler que la grandeur ne se mesure pas au bruit des trompettes, mais à la valeur des actes. Que nul ne soit effacé de la mémoire des vivants. Que chacun reçoive la part de gloire qui lui revient. À chacun selon ses mérites.

C’est une injustice flagrante, une blessure infligée à la mémoire collective. Car l’histoire n’est pas complète tant qu’elle ne reconnaît pas tous ses bâtisseurs. Rigaud Fidèle mérite d’être cité, célébré, honoré. Son silence imposé est une faute que nous devons corriger.

Rendre justice, c’est reconnaître les fondations historiques, les difficultés surmontées, et les figures qui ont permis à l’édifice de tenir debout. C’est rappeler que chaque fondateur doit recevoir la part qui lui revient en fait de participation, de réalisation, de sacrifices et d’apport.

Le défi est clair : restaurer l’équilibre, restituer la mémoire, rappeler que Septent est une œuvre collective. « Un patrimoine est collectif ; la justice est mémoire ; à chacun selon ses mérites. »