Musique et migration. Récit et réalité. Le cas des groupes de compas direct (Partie 3 et fin)

Au moment où nous finalisons cet article, nous avons appris le départ de mon professeur d’anthropologie et de méthodologie de recherche, Jean Coulanges, qui est aussi musicien, adonné au style de troubadour.

Hancy Pierre
08 janv. 2026 — Lecture : 16 min.
Musique et migration. Récit et réalité. Le cas des groupes de compas direct (Partie 3 et fin)

Freres Dejean de Pétion-Ville

Au moment où nous finalisons cet article, nous avons appris le départ de mon professeur d’anthropologie et de méthodologie de recherche, Jean Coulanges, qui est aussi musicien, adonné au style de troubadour. Nous saluons ce départ tout en reconnaissant  l’apport du professeur et musicien Jean Coulanges dans l’appréciation de l’art. En effet, le style troubadour qui lui est cher est la base du Compas direct associé au rythme « grenn siwel  ». Il avait opiné sur l’essor du mini jazz qui a épousé la mouvance Yeye de la France apparentée au Rock and Roll. Cette prédisposition à l’éclectisme a facilité l’adaptation des premiers mini jazz qui ont migré dans les années 1960 et 70.C’est cette génération qui a tracé la route aux autres groupes du compas direct évoluant à l’étranger. Tout compte fait,nous allons suivre cette évolution en analysant les contenus musicaux en rapport à la thématique de migration.

Sur une liste pré-établie de  50 morceaux musicaux répartis dans le repertoire de 22 groupes de compas direct,  nous en avons sélectionné 10 pour tirer de leurs contenus des expressions de migration.Ces groupes se rattachent à trois classes : 1) ceux qui se sont formés aux États Unis (Skah Shah #1, Djet X de New York et Tabou Combo); 2) les groupes stables en Haïti qui se répartissent en deux sous classes : 2.1) Les groupes stables en Haïti (Les Diables du Rythme de Saint Marc, Le Caribbean Sextet et les Guittaloirs de l’Arcahaie) et 2.2). Les groupes stables en Haïti et qui ont des contrats à l’étranger (DP Express, l’Orchestre Septentrional d’Haïti et les Frères Déjean de Pétion Ville) et 3) les groupes réinstallés en Haïti dans le cadre de la migration de retour (Le Magnum Band et les Frères Dejean).

Nous allons privilégier des morceaux dont les contenus définissent des issues au problème des émigrés en provenance d’Haïti, pour clôturer la série « Musique et migration : récit et réalité. Cas des groupes de compas direct ». Ces morceaux sont modulés de telle sorte qu’ils réflètent  différents niveaux de conscience allant de simples dénonciations des conditions des émigrés associées à une interpellation à un devoir de solidarité. Ce qui est le cas de « Les Diables du Rythme de Saint Marc », dans « Tounen lakay » puis du Skah Shah #1 ( America) et ou ce qui concerne une conscience critique transformatrice qui engage les dirigeants à se mettre à l’écoute du peuple, nous avons les exemples des groupes suivants ( Tabou Combo, dans “la vie en exil “ ; le Skah Shah #1, dans “America” ; les Frères Déjean, dans “repression” et Djet X, dans “Haïti”). Des niveaux intermédiaires tiennent compte de la résilience du peuple haïtien en se ressourçant dans son milieu de vie. Ainsi des groupes musicaux se perçoivent comme des ambassadeurs avec la mission de promouvoir le compas direct au-delà des frontières d’Haïti. Ce sont les cas de l’orchestre Septentrional d’Haïti, dans “Septan dous” et  du Magnum Band dans “Lakay”. Le mythe de retour caractérise aussi certains morceaux dont ceux des groupes : Les Guittaloirs de l’Arcahaie dans “Haïti” et le Djet X de New York, dans “la vie nan New York”. La migration de retour s’exprime à travers des refrains et certains groupes s’affirment en se  réinstallant définitivement en Haïti après avoir migré pendant un certain temps ailleurs. Les exemples du Magnum Band et du Caribbean Sexteto sont révélateurs.

I-Un diagnostic sur le phénomène migratoire

Les récits rapportent les causes, enjeux et perspectives liés à la migration sans évoquer pour autant des théories de l’apanage des intellectuels. Nous partons du Skah Shah #1 dans “America”. En effet, le morceau musical fait d’abord état de la situation des émigrés haïtiens. Ressort que les émigrés haïtiens sont partout persécutés; ce qu’ils ne méritent pas pour leur contribution dans l’histoire de l’humanité. Les Haïtiens émigrent en quête d’un mieux être” pa bliye pa bliye koze sa Savana n te goumen pou yo, Ayisyen te mouri pou yo” Ou pa ta imilye m ou pa ta enchenen m nan Savana m te goumen pou ou, Amerika”. Le peuple haïtien a aidé à l’indépendance américaine lors de la bataille de Savanah en 1779 malgré tout il en résulte de l’indifférence à un tel  acte de solidarité. Le devoir de solidarité n’est pas réciproque quand le peuple haïtien fait face à des péripeties et des malheurs. Le peuple haïtien est interpellé à se prendre en charge pour se libérer et reprendre sa place et son leadership  historique. Ce qui se traduit par l’adage haïtien : “ 2 pa chyen 2 pa chat gras ak Dye nap kenbe  pou pa konprann tout tan nap ka rete konsa wooo”.La saga du passé historique alimente la résilience dans des situations d’adversité que connait le peuple haïtien.Tout le sort du pays remonte à l’occupation américaine de 1915 qui a causé nos malheurs et notre misère.”Si an 1915 ou pat vin okipe peyi m jodi a m pata nan mizè , imiliyasyon”. Mais nous espérons que nous allons nous relever. En effet, l’émigration qui découle de cette occupation s’est manifestée comme une saignée car plus de 500, 000 haïtiens  se sont dirigés vers Cuba et la République dominicaine.

La leçon à tirer tient lieu d’une occupation qui a contribué à drainer la force de travail, appauvrir le monde paysan et l’assujettir à la corvée qui s’apparente à une forme d’esclavage. Voici quelques chiffres relatifs à la population.  En 1914 et 1915, la population était d'environ 2 million d’habitants. Entre 60000 et 10000 à Port-au-Prince. 4 millions en 1930, et 133,278 à Port-au-Prince.en 1924 et 1930, 1 million 900 mille en 1920. 541,000 en 1918. La population d'Haiti en 1934 était d'environ 5 771 habitants. 1,234,742 à Port-au-Prince.Cette politique de migration provoquée est récurrente dans toute l’histoire socio-politique du pays.Ce qui caractérise la conjoncture des années 1980 quand nous avons connu un déferlement d’émigrants qualifiés dans leur grande majorité de boat people pour s'être risqué sur de légères embarcations dans des aventures périlleuses (Dewind et autres, 1988). La capacité de résistance de la population s'est  affaiblie considérablement suite aux migrations provoquées dont la dernière vague concerne le programme Humanitarian Parole patronné par l’administration américaine de Joe Biden en 2023. La domesticité infantile accrue est aussi l’une des conséquences de cette occupation. Bien souvent ce sont ces enfants qu’on retrouve dans les rues exposés aux abus, aux viols et au recrutement de nos jours par des gangs armés qui sèment la violence.

Le groupe “Les Frères Déjean de Pétion Ville”  dans “Repression” complète les récits qui renvoient au diagnostic migratoire.

Les conditions de sécurité défavorables et la persécution politique sont les principales causes de l’émigration des haïtiens. Ils sont contraints de vivre en exil malgré leur attachement à leur pays et leur passion dans le projet de retour pour des retrouvailles avec les parents et les amis.Ils font état de la répression et des violations accrues des droits humains et du règne de la violence d’Etat. Aussi l’inflation et les pratiques de corruption aggravent-elles les conditions de bien -être de la population. Les violations concernent les incendies criminelles dirigées contre les églises, les hopitaux, les marchés et les maisons ainsi que les viols de religieuses. Ce qui est récurrent dans le paysage politique du pays.

Voici quelques fragments du texte musical.

Janm rete atriste

Se nostalji k ap dechire kè mwen

San m pa politisyen m pa asasen

Mwen twouve m nan ekzil fose

Depi m leve pati

Pa wè lakay

Prèske pa gen lavi

Maten m leve m ap kriye

Poutèt yon bou papye

Lakay mwen m pa ka fè yon kout pye

Se pa fot mwen si m pati pa tounen

Se represyon kout baton ki fè sa

Se pa fot mwen si m pati

Pa tounen se enflasyon  koripsyon ki fè sa

Lè m rete m gade  m m sezi

Yo boule legliz mwen

Boule lopital. Mache

Yo tiye moun, yo boule kay, yo vyole mamè

Ce tableau renvoie à plusieurs conjonctures accompagnées de vagues migratoires durant les 75 dernières années dont les vagues des années 1960 sont caractérisées par la persécution politique sous la dictature des Duvalier, 1980 (répression politique, pauvreté associée aux effets des politiques d’ajustement politique, 1991 la répression orchestrée par les militaires qui ont formenté le coup d’État contre le président Jean Bertrand Aristide, 2004 (agitation politique et répression durant l’épisode du gouvernement de Lavalasse , 2018 répression des gangs contre la population.

Le groupe Skah Shah #1 dans le titre  “Tounen lakay” chante l’espoir dans un retour dans un cadre de justice sociale pour les ressortissants haïtiens. Ce que dénotent les refrains reproduits tout de suite après.

Ayiti retounen lakay nou

Retounen nan peyi nou

Retounen nan peyi nou

Haiti mon pays , un jour tu feras la recolte

Ayiti van lespwa soufle

Nan kè tout pitit ou yo , wayo, wayo.

Ayiti , kloch ladelivrans sonnen pou peyi n tande

Ayiti , kok la chante nan baskou lakay

Gonayiv,Kwadèboukè,Gantye,Keskof, Gresye, Lagonav,Okap

Podepe, Semak,Akaye,Kwadèboukè, Tomazo

Kok la bay mayi, kok la chante

Chante lajistis

Lalibète

Chante lespwa, chante kouraj

Chante pwogrè, Happiness

Chante lajwa,

Chante fratenite

II-La saga d’une migration de retour

La saga d’un retour comblé dans son milieu de vie est un point fort.

Le groupe “Les diables du rythme de Saint Marc” s’inscrit dans la même logique que le Skah Shah #1 qui revendique le droit à la solidarité des pays que le peuple haïtien a aidé dans le passé à leur libération dont les Etats Unis. Les refrains qui suivent expriment ce message.

“Peyi nou te ede, peyi nou te okipe y ap repouse nou

An nou priye bondye pou nou gen linite pou sa chanje

Moun dan leno, moun nan lesid. De lès a lwès

Ayisyen anjeneral li le pou n gen respè

Moun Kanada,moun Boston, Nouyok siti, Kalifonya , Florida li le pou n gen respè

A Pari, Sendomeng. Ozanti, Naso Baramas

Li lè pou n gen respè

C’est le tour du Magnum Band en ce sens.

Magnum Band “Haïti”

Le Magnum Band chante Haïti et exprime son lien ombilical avec une terre natale  en ces termes qui suivent :

“Nou prale An Ayiti, cheri cheri

Ann ale an Ayiti se la nou te pran nesans”

C’est la réjouisance que marque son retour au bercail malgré de longues tournées à l’étranger

“Ayiti cheri nou kontan nou retouen

Nou vwayaje byen lwen nou note na apresye”

Il se réjouit de reconquérir ses lieux de prestations qui sont multiples et localisés dans tout le pays

“Ann ale, se la nou te pran nesans” ( Allons au bercail, dans notre terre natale)

“Nou pa bezwen rezidans (Il n’y a pas de barrière quand il s’agit de retourner dans son propre pays)

“Ann ale lelanbi, ann ale che Michèl, ann ale Ibolele,ann ale pran plezi nou” (allons nous  performer aux Night club Le Lambi, Chez Michel, Ibolele. Allons nous recréer.). Il ne manque pas de marché pour les groupes de compas direct à l’ère du développement d’une industrie musicale en Haïti avec un réseau de boîtes de nuits, de promoteurs et de studios de production.

“Ann ale tande machann kap chante men bèl diri, mayi moulen, pwa vèt, pwa blan, pwa sèch, sopoudre”.(Allons y pour prendre plaisir à écouter le chant entraînant des marchandes ambulantes qui offrent du riz, du maïs moulu,pois vert, pois blanc, pois sec, de la viande de porc saupoudrée. Ce qui éveille notre sens identitaire d’haïtien.

La migration de retour est consentie et se réalise en toute sûreté psychologique, sociale et économique.

D’autres groupes s’inscrivent dans la saga d’une migration de retour en dépit des conditions difficiles du pays d’origine.

Le Djet X de New York ne manque pas de se référer à la terre natale comme  lieu de symbolisme et d’identité. Il exprime une relation onbilicale avec son pays. Choqué des dissensions familiales dans les pays occidentaux pour faire état du culte de solidarité familiale qui caractérise son patrimoine culturel. Le migrant travaille à la libération d’Haïti qui est une garantie de bien être et de rétention migratoire.

Djet X “La vie nan New York”

Mwen kite peyi m zanmi m ak tout fanmim

Mwen vin nan Nouyok siti pou mwen travay

Men m konnen yon jou

Ma retounen

Le sa tout moun ap kontan we n

 Les Guittarlois de l’Arcahaie  dans le titre “Tounen lakay” exprime ce même sentiment alors que c’est un groupe stable en Haïti .Voici la reproduction d’une séquence des refrains correspondants.

Ayiti peyi damou

Si yon jou m ta pati

Pati kite w cheri

Ale ale byen lwen

Kanmem yon jou

Fo m retounen

Haïti d’une société d’immigration est devenue une société d’émigration selon le sociologue Daniel Supplice. Jadis, les habitants dans la partie occidentale de l’île d’Haïti-devenus des haïtiens- se furent préservés à migrer en terre étrangère. Dans l’imaginaire de tout un chacun se rendre aux « iles turques »  (Ziltik, en créole) serait considéré comme un fardeau. Paradoxalement les Iles turques se trouvent dans les proximités géographiques les plus immédiates de la République d’Haïti, juste en face du Cap Haïtien. Cette tradition est vivante dans les récits relatés par les groupes de compas direct.

Le Caribbean Sextet

La migration de retour est vue comme un atout pour celui qui vient de passer 10 ans à l’extérieur.Le migrant de retour préfère abandonner des millions de dollars pour se ressourcer dans son milieu de vie qui est un prolongement de sa personnalité. Le bien être ne se réalise que dans son milieu de vie pour profiter d’un climat tropical agréable au lieu de se sacrifier là ou prédominent l’avarisme et le gout de l’argent .

“Jou a rive men kè mwen kontan

Jodi a m ap tounen lakay se yon evenman

10 zan pase sa fè lontan imigrasyon fin pa bliye kè m te vivan”

M pa bezwen milyonè

Ban mwen yon bon ti lanmen

Lotbo m pa nan  lapè

M vin oblije lè m ap mache

M ap gade dèyè

Kèm kontan m tounen lakay

Lakay mwen gen bèl ti prentan touttan

Kè m kontan m tounen lakay

Lakay mwen gen bèl solèy maten “

Le groupe “DP Express” dans  “David” déïfie la terre natale comme un berceau paradisiaque.Le désir de retour dans son pays est sacré.Malgré vents et marées, il ne voudrait pas mourir ailleurs.22 jours loin de son pays c’est comme une éternité pour l’haïtien ou l’haïtienne  qui a un enracinement identitaire.Dieu est témoin de son attachement à  son pays et va jusqu’à lui faire échapper des menaces du violent cyclone David qui a frappé la région de la Caraïbe. Nous reproduisons ces séquences de la chanson pour corrober le résumé fait plus haut.

Nan peyi'm m'ap tounen
                Pétyon vil, li lé pou'm alé
                Nan peyi'm m'ap tounen
                Depi 22 jou'm deyò, li lè pou'm alé
                Nan peyi'm m'ap tounen
                Depi 22 jou'm deyò, li lè pou'm alé
                Nan peyi'm m'ap tounen

Siklòn manké poté'm alé, la pli manké poté'm alé
                Sé bon dyé ki fè mwen sové
                Vini pou nou mennen'm alé
                Mwen pa pra'l mouri nan peyi étranjé

III-Perpespectives pour une rétention migratoire

Le groupe Tabou Combo de New York dans son titre  “La vie en exil” a tenu compte des perspectives  à la récurrence des problèmes d’émigration des haïtiens dont les conséquences sont préjudiciables à cette catégorie.

Il prone un leadership responsable pour un Etat de service qui soit à l’écoute du peuple et travaille à satisfaire ses besoins.Il revendique le droit à la liberté et à la sécurité.La solidarité aux autres est un principe par rapport à l’égoisme qui triomphe dans la population.Tous ces manques justifient l’exil des uns et des autres qui vivent un mauvais sort. La solution visant le progrès suppose un engagement ferme par la voie pacifique quoi qu’il en soit, l’engagement pour le progrès n’a pas de prix c’est comme un devoir peu importe la méthode utilisée pacifique ou violente.En effet, tous ces préalabless facilitent l’intégration de la diaspora dans le cadre d’une migration de retour.

En exil, on est découragé et déprimé ou dépaysé. C’est la nostalgie qui domine son quotidien le fait que son pays lui manque alors qu’il aimerait le revoir. C’est plutôt le revers de la médaille qu’on connaît. Nous sommes interpellés à prendre conscience d’une telle situation qui nuit à la santé mentale car on peut se rendre compte si on est capable ou non du sort des gens. Un pays en péril est le résultat de la violence et cela peut aboutir jusqu’à la destruction. L’engagement est impératif pour travailler pour le progrès ainsi que pour l’unité.

Références bibliographiques

-Josh Dewind et David Kinley III (1988), Aide à la migration-impact de l’assistance internationale à Haïti, CIDIHCA, Montréal .

-Roger Gaillard (1981),Les blancs débarquent.1915.Premier écrasement du cacoïme, Le Natal, Port-au-Prince.

-Pablo Marinez (1986), El caribe bajo las redes politicas Norteamericanas, Editoria Universitaria UASD, Santo Domingo.

-Mario Menendez (2005), Cuba, Haïti et l’interventionnisme américain-un poids, deux mesures. CNRS Editions, Paris .-

-Hancy Pierre (2009), « les immigrants caribéens et la politique migratoire des Etats Unis », in Revue Les Cahiers du CEPODE No 1, Port-au-Prince , p 101-121

 -Sous la direction de Guy Pierre (2012), Histoire économique de la Caraïbe (1880-1950), Economies sucrières, systèmes bancaires et dette externe, modèles de développement et rivalités impériales, Editions de l’Université d’Etat d’Haïti, Haïti .

Liste des morceaux en rapport à la thématique de migration

La première thématique “Migration et promotion légitime du Compas direct” est exprimée par les contenus des titres suivants:

“Mambo” (1955)  de L’Ensemble Nemours Jean Baptiste et “Compas mondial” , 1969, de l’album “ Nemours New Sound ; 

“Si wal am Ayiti” de Guy Durosier interprété en live en 1967 à Montréal mais figure comme “chants d’Haïti’ , 1959;

“Respect”, du tabou Combo, 1973, de l’ album “Respect”;

“Pike devan” du Magnum Band, 1981 de l’album “Pike devan”;

“Acte de naissance “du Bossa Combo, 1981,  de l’album “Ambiance d’Eté”.

  1. Migration, attache et sens patriotique avec les titres révélateurs tels que

“Tounen lakay” du DP Express est le titre de l’album sorti en 1991 et  avec le titre original de “ voye m lakay mwen”, en 1979;

“Haïti sou kè mwen” du Tabou Combo,1987;

“La vie en exil” du Tabou Combo,1988,  de l’album “aux Antilles”

“Nasyonalite” du Tabou Combo, 1992, de l’album “Go tabou go”;

“An ale” des Frères Déjean, 1993, de l’album “sans rancune”.

“Peyi mwen” du T Vice,1999, dans l’album “Vicellenium”;

  1. Nostalgie en situation de migration , cette thématique renvoie aux contenus des titres suivants

“Pression d’Haïti” du Tabou Combo,1972, de l’ album “Canne à sucre”;

“Haïti”,  du Skah Shah, 1975, de l’album”Les dix commandements”;

“Haïti” des Frères Dejean , 1976, de l’ album “International “;

“Nostalgie” du Coumbite créole de Rodrigue Millien, 1987, de l’album “Nostalgie lakay”;

“An ale” , des Frères Déjean, 1993 de l’album “Sans rancune”;

“Tounen lakay”  de Toto Nécessité, 2018;

 Papash “Foumi nn Janm ou’

  1. Retour aux sources;

“Négrier” du Scorpio universel, 1980;

“Racines “ du Bossa Combo,1979, de l’album “ Racines”;

“Africa” du Gemini All Stars, 1983;

“Nèg” du Dixie Band, 1983.

“Africa”  de Missile 727,1985;

“Négrier” du DP Express, 1986;

  1.  Migration, traite et trafic;

“Rakèt” du Coumbite creole de Rodrigue Millien, 1980;

“Canter” de Gemini all Stars, 1982,de l’album “Sort du Tiers Monde”;

“Mizè frè nou” des Frères Déjean, 1988, de l’ album “Macaron”;

“Braceros” du Dixie band ,1991,  de l’ album “Bayo bayo”.

“Yo” du Tabou Combo, 2000 dans l’album “Compilaton  30 years to the Zenith”;

  1. Migration, exploitation et stigmatisation;

America” du Skah Shah,1982;

“Liberté” du Magnum Band,1982, de l’ album “Adoration”;

“Répression” des Frères Déjean, 1990.

  1.  Migration et santé mentale;

“Koutba rezidans” du Coumbite créole de Rodrigue Millien ,1975;

“Pa pran konsèy” du DP Express,1976, de l’ album “M  pa pren contac”.

“Lèlèn cherie”, Du Shooblack,1977et  de Shoogar Combo, 1980;

“Viejo “du Méridional international,  édité en 1984 mais sorti vers les années 1980 de l’album “Gran moun kannay”;

“Lanmou pa konn dyaspora” de Zenglen,2002, de l’album “Do it right nou pèdi fren”;

  1. Migration , conflits de valeurs et santé mentale;

“America” du Bossa Combo,1976, de l’ album “Te quiero”;

“Lavi New York”  de Toto Nécessité, 1977,  de l’album “An ba Besmint”.

“Azoukinking” de l’Ensemble Select de Coupé Cloué, 1980, de l’album “Absolument”;

Djet X de New York “La vie nan New York”

  1.   Migration  de retour et identité ;

“New York City” du Tabou Combo, 1980;

“Lakay” de Magnum Band ,1983, de l’album “Paka pala”;

“Ann ale” des Frères Déjean , 1993, de l’album” Sans rancune”.