Rente, prédation, parasitisme et violence comme essence de l’économie haïtienne
Le délitement du climat sécuritaire traduit l’effondrement de l’État, subjugué presqu’entièrement par des élites économiques et politiques à la faveur, affirme Fritz Jean, « d’un système d’exploitation des privilèges à l’abri de toute concurrence et en dehors de tout souci d’efficience économique »[1].
L’actuel membre du Conseil présidentiel de transition (CPT) poursuit que ce système de prédation est adossé sur la rente comme modèle de captation des richesses, la dégradation des institutions publiques et la mise en place d’un écosystème pernicieux à toute croissance et innovation.
Selon Acemoglu et Robinson, prix Nobel de l’économie de 2024, un tel système permet la création d’institutions économiques extractives, appuyés par des institutions politiques extractives, facilitant ainsi la vassalisation de l’État aux dépens de la prospérité économique[2].
Dans ce contexte, l’État perd sa capacité à équilibrer les intérêts des acteurs de la société et de mitiger les effets pernicieux de leurs actions sur la majorité de la population.
Le présent texte illustre l’incapacité de l’État à réguler un système économique caractérisé par les rentes, la violence, la criminalité organisée, l’impunité, la corruption, la concentration du marché, l’appropriation des mécanismes de contrôle par le secteur privé et l’exclusion.
Un système économique violent, prédateur et parasitaire
Dans son ouvrage « Haïti, une économie de violence », Fritz Jean, décrit certains faits stylisés de notre économie : économie de comptoir, marché concentré, traitement de faveur dans les passations de marchés, état régulateur faible, concentration des services et centralisation des compétences administratives[3]. Le tout avec une toile de fond de violence.
Forte concentration du marché : restriction d’accès et prix élevé
L’économie haïtienne se caractérise par sa forte concentration. Selon la Banque mondiale (BM), « Le secteur privé haïtien reste ainsi dominé par un petit nombre de familles, ce qui conduit à une forte concentration de leur pouvoir dans un certain nombre d’industries clés, à une distorsion de la concurrence et au maintien, dans de nombreux cas, de pratiques commerciales non transparentes[4]».
Cet apprivoisement de l’économie s’accompagne de manœuvres illicites susceptibles d’exposer les autres acteurs économiques à des risques énormes au point d’être dissuadés d’empiéter sur les secteurs chasse-gardés de l’économie.
Plusieurs faits peuvent illustrer cette forte concentration du marché. En effet, en 2012, quatre (4) groupes contrôlent 87% du marché du lait concentré, deux (2) groupes 87% du marché de l’huile et graisse végétales et animales, et deux (2) groupes 93% du marché de l’huile de palme[5].
Selon la Banque mondiale qui analyse la concentration des produits en Haïti en utilisant les indices Herfindahl-Hirschman (IHH), les hydrocarbures, appareils téléphoniques, motocyclettes font partie de ces marchés fortement concentrés, soit près de 40% des importations avec un indice de HHI>2500)[6]. Le rapport poursuit que les biens provenant d’importation dans des marchés de concentration modérée, soit une autre part de 30% avec un indice HHI situant entre 1500 et 2500, sont constitués des aliments et, des biens de consommations (génératrices, véhicules motorisés) et du ciment. Donc, 70% des biens importés se commercialisent sur des marchés à forte concentration et à concentration modérée.
Il convient de rappeler que nous avons une économie de comptoir. Nous importons 70% de notre consommation[7]. Le niveau de concentration du marché est susceptible d’avoir des implications sur la consommation des ménages et de nuire à la concurrence.
Selon un rapport de 2015 de la BM, « en moyenne les prix pratiqués en Haïti sont supérieurs d’environ 30 à 60 % à ceux pratiqués dans d’autres pays de la région LAC [8] ». Il ajoute qu’un petit groupe de compagnies décident le prix, la disponibilité, la qualité des biens et services et non les instruments du marché, et participent à la restriction d’accès aux concurrents locaux et étrangers[9].
En parlant de restriction du marché, de petites entreprises ont appris des leçons de la mauvaise manière en s’aventurant sur des terrains d’affaires considérés comme intouchables : saisie de cargaison, surfacturation, perte de marchandises, incendie criminelle, perte de permis. Cette situation d’impunité est surtout favorisée par un État qui, maintenu à dessein dans un état végétatif par les élites, abdique son pouvoir et ses missions de régulation.
Déficience de régulation de l’État au profit du secteur privé
Dans son rapport de diagnostic de la gouvernance en Haïti (2025), le Fonds monétaire international (FMI) identifie la déficience de capacité, de ressources et d’autonomie des institutions parmi les facteurs de vulnérabilités de l’État[10]. Cette déficience est observée, entre autres, en matière d’adoption et d’application de régulation susceptible d’équilibrer le secteur économique.
Selon Acemoglu et Robinson, dans leur ouvrage "why nations fail: the origins of power, prosperity, and poverty", « les institutions politiques déterminent qui détient le pouvoir dans la société et à quelles fins ce pouvoir peut être utilisé [11]» (Traduction libre). Selon ces auteurs, ces institutions peuvent être utilisées pour créer des institutions économiques dites extractives ou inclusives.
En Haïti, les institutions politiques facilitent la création d’institutions économiques extractives qui s’enrichissent aux dépens de la majorité. Sous un pluralisme déguisé, le pouvoir est ainsi maintenu par un petit groupe sans contre-pouvoir effectif, privant ainsi l’État de sa capacité à équilibrer les intérêts des institutions dans la société.
Selon Acemoglu et Robinson, cette forme d’exercice du pouvoir conduit au chaos et non à la création d’institutions visant l’intérêt général[12]. Leur illustration de Somali concorde bien à notre situation : pouvoir central faible, incapacité d’appliquer la norme la plus basique et de garantir la paix pour soutenir les activités économiques et commerciales, ou de fournir encore le minimum de sécurité ou des services en général à la population.
Selon le FMI, au niveau le plus basique, l’État est incapable d’imposer les lois, régulations et normes fondamentales[13]. L’institution souligne aussi l’inadéquation des cadres juridiques et institutionnels afin de contrer les risques existants.
L’État ne saurait assurer la police de la société sans exercer le monopole de la violence légitime, au sens de Max Weber, et sans avoir une architecture institutionnelle forte et effective.
Patrimonialisation et vassalisation de l’État
Le fait d’avoir un État défaillant, incapable d’arbitrer les intérêts divergents des acteurs sociaux, conduit à ce que Bénédicte Paul qualifie de « patrimonialisation de l’État [14]» et à la vassalisation des institutions publiques.
Dans son modèle, Fritz Jean présente la structure de contrôle des acteurs économiques, industriels, importateurs et grandes firmes, consistant à s’approprier des outils institutionnels régulateurs (MCI, MEF, MJSP, APN, AGD, DGI, ONA) à des fins d’enrichissement[15].
Aussi, ces entrepreneurs exercent une grande influence sur les conseils d’administration et les directeurs généraux des entreprises publiques, sur les parlementaires, et même sur la présidence afin d’accaparer des revenus provenant des activités de concessions d’importation, de marchés publics, de contrats importants et de subvention de production et d’exportations[16].
Ces facteurs témoignent la prévalence de la corruption dans le secteur économique et des affaires. Selon le FMI, « la corruption est l’une des formes de criminalité liée au blanchiment de capitaux les plus lucratives en Haïti[17]» Il ajoute qu’elle érode «l’autorité, la légitimité, et la capacité des institutions étatiques[18]» en plus de fragiliser de manière profonde le pays.
Le sociologue Pierre-Louis Naud, dans son texte sur la juridicisation en Haïti, met en lumière la criminalisation de l’économie :
« On assiste dans tous les secteurs à une criminalisation croissante des milieux économiques, politiques et financiers. Hommes d’affaires et tenants de la criminalité organisée se coalisent pour accroître la synergie entre économie conventionnelle et économie criminelle [19]».
Les rentes font partie des facteurs qui huilent cette économie criminelle. Selon Fritz Jean, en s’adossant sur la rente comme modèle d’enrichissement, les élites économiques et d’autres acteurs contrôlent « un système d’exploitation des privilèges à l’abri de toute concurrence et en dehors de tout souci d’efficience économique », ce qui « a contribué à la mise en place d’un écosystème nocif à l’innovation et à la croissance[20]».
Selon Acemoglu et Robinson, ces institutions économiques sont de nature extractive et sont appuyées par des institutions politiques extractives (sans contre-pouvoir, contrôlées par des élites), facilitant la vassalisation du pouvoir politique avec peu de contrôle gouvernemental[21].
Les élections contribuent à ce processus de vassalisation. L’absence de cadre contraignant sur le financement des partis politiques rend possible l’injection de millions de dollars des États-Unis par le secteur privé au profit de candidats qui auront à leur octroyer des faveurs juteuses, une fois élus.
Institutions économiques non inclusives
L’économie haïtienne se caractérise par son exclusion. La Constitution de 1987 (art.245) garantit la liberté économique, ou encore la libre entreprise, et garantit la participation de la majorité des citoyens à la richesse nationale générée par les activités économiques. Cette participation qui implique l’inclusion devrait être facilitée par la régulation et l’implication des institutions du pays.
Selon Acemoglu et Robinson, « les institutions économiques inclusives doivent offrir un cadre de protection de la propriété privée, un système judiciaire impartial et équitable, la fourniture de services publics accessibles à tous et la garantie de la liberté des échanges et des contrats ; et permettre aussi l’entrée de nouvelles compagnies et aux citoyens de poursuivre leur carrière[22] » (traduction libre).
Les auteurs retiennent d’autres facteurs permettant de caractériser les institutions inclusives : transfert de technologie, pauvreté, créativité, liberté de choisir une carrière, accès au crédit, crédit hypothécaire, niveau d’investissement et d’industrialisation, niveau de scolarisation, disponibilité de cadres formés selon le besoin des entreprises[23].
En Haïti, on peut noter la prédominance de l’insécurité foncière, une impunité endémique qui traduit une fonction judiciaire incapable de garantir la primauté du droit, la corruption dans les marchés publics, des freins au développement du capital humain, une forte concentration des services bancaires et un manque d’accès au crédit bancaire.
- Protection de la propriété privée
Selon Acemoglu et Robinson, la protection de la propriété privée est centrale pour les institutions économiques inclusives dans le renforcement des activités économiques, l’accroissement de la productivité et de la prospérité économiques. Toutefois, l’anarchie du secteur foncier en Haïti caractérise l’instrumentalisation de la violence par les élites.
Selon l’Office national du cadastre, seulement 5% du territoire est cadastré[24]. Il est courant que des personnes différentes se disent être propriétaires d’une même propriété en brandissant parfois des titres de propriété dûment signés par les autorités compétentes.
Le sociologue Louis Naud Pierre décrit un « enchevêtrement entre acteurs publics et spoliateurs fonciers [25]». Huissiers, greffiers, arpenteurs, notaires, policiers, juges, commissaires et officiels font partie de ce dispositif criminel. L’auteur souligne que cette violence met en exergue le fait que « la prédation est une tendance des groupes dominants qui renoncent à produire leurs moyens d’existence ». Les violences à Sun Auto sous prétexte d’exécuter un jugement par défaut, les contestations entourant la création de la zone franche à Savane Diane et les procès opposant GB Group, Unibank et les héritiers Vieux-Roy illustrent la mauvaise gestion du foncier en Haïti[26].
Cette problématique dissuade les investisseurs à investir ou les pousse à défrayer des coûts élevés pour s’assurer d’une bonne affaire. Si un investisseur pense que du jour au lendemain les infrastructures construites sur un terrain feront face à des contestations de propriété, il ne sera pas trop enclin à prendre ce risque. C’est aussi le cas pour les simples citoyens. Le foncier est certainement un frein majeur aux grands projets de développement et au progrès économique.
- Système judiciaire partial et non indépendant
Selon Bouchard, le principe de la primauté du droit constitue le socle de l’État de droit [27]. Au regard de Dufour, il est maintenu et garanti par la fonction judiciaire[28]. Celle-ci ne saurait le garantir la primauté du droit si ses membres ne jouissent pas le niveau de légitimité prévu par le cadre normatif en vigueur.
Depuis le dysfonctionnement du Parlement, l’Exécutif exerce sans contrôle le pouvoir de nomination et de révocation des juges du Pouvoir judiciaire, y compris ceux de la Cour de cassation. Ce qui met en jeu leur légitimité, impartialité et indépendance.
Selon un rapport du FMI en 2025, le processus de dotation et de gestion de carrière des juges est marqué par une forte influence des acteurs politiques, le népotisme et une faible rémunération[29].
En raison du niveau d’impunité actuel en Haïti, il s’agit d’un système judiciaire partial, rythmé au jeu des intérêts, dysfonctionnel, ayant certains juges indexés pour intégrité morale déficiente, pour abus d’autorité, pour libération de criminels notoires, pour corruption et pour déficit de qualification académique[30].
Un système judiciaire défaillant est probablement la raison principale de la défaillance de l’État à assurer une régulation effective du système économique. Le rapport Petro-Caribe, les rapports de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF), l’anarchie du foncier attisée par les jugements par défauts, les grands crimes de sang de la décennie illustrent parfaitement la défaillance du Pouvoir judiciaire.
- Sous-développement du capital humain et obstacles structurels
Selon Acemoglu et Robinson, le succès économique est facteur des institutions, des mécanismes de fonctionnement de l’économie et les mesures incitatives susceptibles de motiver les citoyens[31]. Beaucoup de citoyens sont motivés par les opportunités de succès qui existent dans leur société. Depuis leur plus jeune âge, ils savent qu’ils sont libres de choisir une carrière, d’investir dans le secteur de leur choix et de rechercher le financement pour réaliser leur projet.
En Haïti, on ne saurait affirmer que les institutions concourent dans une grande mesure à développer l’esprit d’initiative et entrepreneurial chez les citoyens, la liberté de choisir une carrière, le sens de créativité, une éducation de haut niveau capable de les outiller pour occuper des emplois requérant expertise et compétences.
Dans un rapport de 2015, la Banque mondiale identifie le recrutement des techniciens qualifiés, des cadres intermédiaires compétents parmi les défis majeurs auxquels font face les compagnies installées en Haïti[32]. Le rapport souligne que ces faiblesses «obligent le pays à se confiner au rôle de fournisseur de biens et services à faible coût dont la production n’exigera que des aptitudes limitées[33]. Ces défaillances traduisent l’effondrement du système éducatif qui échoue à préparer les citoyens aux métiers cruciaux au développement de la société. Ainsi, on ne saurait affirmer que les citoyens sont libres de choisir une carrière en raison des contraintes d’accessibilité, de disponibilité, de qualité et de coût des services éducatifs assurés en majorité par le secteur privé.
Selon la Banque mondiale, la valeur de l'indice de développement humain d'Haïti pour 2023 est de 0,554 (catégorie moyenne, 166e sur 193 pays) [34]. Elle ajoute qu’au regard de l’indice de capital humain (2020), « un enfant né aujourd'hui en Haïti ne sera que 45 % aussi productif qu'il pourrait l'être s'il avait bénéficié d'un accès complet à une éducation et à des soins de santé de qualité[35] ». En conséquence, le constat est glacial : sous-exploitation du potentiel humain, manque d’accès aux services de base (éducation, santé) avec pour corolaire obstacles au développement économique et perpétuation de la pauvreté structurelle.
La prédominance de la culture d’exclusion pousse beaucoup de professionnels à choisir la migration. C’est pourquoi Haïti enregistre un taux d’émigration qualifiée de 85%[36]. En plus de ces professionnels, beaucoup de jeunes, marginalisés par le système, laissent le pays en direction de l’Amérique Latine (Chili, Brésil) et récemment les États-Unis pour avoir une chance de réussir.
- Forte concentration bancaire et déficience de l’intermédiation financière
On ne saurait non plus affirmer que les Haïtiens sont libres d’investir comme bon leur semble dans n’importe quelle activité économique. Les mécanismes de fonctionnement de l’économie restreignent la liberté de la majorité des Haïtiens d’utiliser leurs compétences et talents pour créer de nouvelles entreprises. Non seulement l’accès aux emprunts bancaires sont très difficiles, mais aussi il y a des restrictions autour de certaines activités contrôlées par un petit groupe d’acteurs économiques qui possèdent aussi les institutions bancaires locales. Selon une note datée du février 2025 de la Direction générale du trésor de la France, le secteur bancaire haïtien est fortement concentré avec les trois (3) plus grandes banques détenant plus de 80% des actifs [37].
Le manque d’accès aux crédit reflète le comportement des institutions économiques non inclusives. Selon la note sur la politique monétaire de la Banque de la République d’Haïti (octobre-décembre 2024), entre octobre et décembre 2024, 96.47% crédits du système bancaire sont alloués aux personnes physiques et 3.53% aux personnes morales[38]. Cela montre une prépondérance de la consommation de particuliers, un appui déficient du tissu productif et des freins pour l’industrialisation au bénéfice d’une économie de rente (importation, commerce informel).
La note susmentionnée souligne la concentration du crédit dans l’Ouest avec 75.12%. Ce chiffre dénote une centralisation du système financier et un accès limité de financement hors de la région métropolitaine et dans les zones rurales.
De plus, il convient de souligner que seulement 20% des ressources bancaires disponibles sont allouées au crédit [39].
En conséquence, le secteur bancaire est frileusement conservateur, avec aversion au risque. Il ne finance pas vraiment l’économie réelle et relègue à l’arrière-plan son essence d’intermédiation financière. Un tel comportement impact négativement le tissu productif à la faveur d’une économie de consommation. Cela peut s’expliquer notamment par un climat des affaires hostile aux investissements, l’instabilité et le manque de garanties des agents économiques.
À la lumière de tout ce qui précède, la métastase de la crise haïtienne permet de constater que l’Exécutif adopte des stratégies inefficaces et de bricolage. Ces stratégies sont omniprésentes dans les secteurs politique, social et économique. Basées par la logique de rentes, un dédain de l’intérêt général, des choix politiques improductifs et des priorités détachées de la réalité, elles témoignent de l’incapacité de l’État à accomplir ses fonctions régaliennes de sécurité et de justice, d’une part, et d’autre part, de la collusion entre les élites économiques et politiques.
Quant aux élites économiques, ils ont clairement fait le choix de la violence afin de capter les ressources publiques aux fins d’enrichissement. Un tel choix empêche l’État d’investir dans les services et infrastructures de base, et à la population de jouir les bénéfices de leur travail.
Ce système de violence ne saurait être anéanti que par un retour à l’ordre constitutionnel. Finissent les perpétuelles transitions, les interruptions du cycle électoral, les défaillances contrôlées des institutions, les mises en veilleuse de la Constitution, le non-respect de la séparation des pouvoirs de l’État et les atteintes à l’État de droit.
De ce fait, il nous faut un système de justice fort et capable de sévir contre la corruption. Il est tout aussi important de soustraire graduellement les organes de régulation de l’emprise des acteurs et des opérateurs économiques. Avoir des lois encadrant le financement de campagne électorale est crucial pour éviter que les élections ne soient pas un canal de blanchiment des avoirs et d’influence.
Aussi, pour avoir une économie propice à la prospérité, il faut avoir une fonction publique de mérite afin d’offrir des services de qualité aux entreprises, soutenir la libre entreprise, garantir la protection de la propriété privée en renforçant les institutions de cadastre et d’aménagement du territoire.
De plus, il importe de renforcer le cadre normatif pour combattre la corruption dans les marchés publics, les activités douanières et commerciales. L’État doit aussi s’assurer de développer le capital humain en investissant dans les services et infrastructures éducatives et sanitaires.
[1] Fritz Alphonse Jean, Haïti : une économie de violence, Port-au-Prince, Les Éditions Pédagogie Nouvelle S.A., 2019, p.45-46
[2] Daron Acemoglu et James A. Robinson, Why Nations Fail: The Origins of Power, Prosperity, and Poverty, New York: Crown Business, 2012
[3] Fritz Alphonse Jean, Haïti : une économie de violence, Port-au-Prince, Les Éditions Pédagogie Nouvelle S.A., 20192019, p.44-45
[4] Banque mondiale, Haïti : Des opportunités pour tous – Diagnostic-pays systématique, Washington, DC : Groupe de la Banque mondiale, 2015, p.18, https://documents1.worldbank.org/curated/en/444921468184438704/pdf/99566-FRENCH-REVISED.pdf, Consulté le 3 juin 2025
[5] Fritz Alphonse Jean, Haïti : une économie de violence, Port-au-Prince, Les Éditions Pédagogie Nouvelle S.A., 2019
[6] Banque mondiale, Op. cit, p.22,
[7] Jean-Michel Leprince, Haïti, une économie de violence, Radio Canada, 15 juillet 2021, https://ici.radio-canada.ca/rci/fr/nouvelle/1809179/haiti-economie-violence-leprince, Consulté le 18 septembre 2025
[8] Ibid., 2015, p.3
[9] Ibid., p.21
[10] Fonds monétaire international (FMI), Évaluation diagnostique de la Gouvernance : janvier 2025, p.12, https://budget.gouv.ht/storage/app/uploads/public/67b/8c9/c4d/67b8c9c4d8c85205646613.pdf, Consulté le 7 juin 2025
[11] Daron Acemoglu et James A. Robinson, p.80
[12] Ibid p.82
[13] Fonds monétaire international (FMI), op. cit., p.11
[14] Fritz Alphonse Jean, op.cit., p.42
[15] Ibid, p.125
[16] Loc. cit.
[17] Fonds monétaire international (FMI), 2025, p.21
[18] Loc. cit.
[19] Pierre-Louis Naud, « La juridicisation de la vie sociopolitique et économique en Haïti. Enjeux et limites », Droit et société, n°65, 2007, p.126, [en ligne] : https://shs.cairn.info/revue-droit-et-societe1-2007-1-page-123?lang=fr
[20] Ibid, p.37
[21] Daron Acemoglu et James A. Robinson, 2012, p.82
[22] Ibid.p.76
[23] Ibid.
[24] Valéry Daudier, Quand le cadastre bloque le développement du pays, Le Nouvelliste, 29 avril 2013, https://lenouvelliste.com/article/116197/quand-le-cadastre-bloque-le-developpement, Consulté le 6 juin 2025
[25] Louis Naud Pierre, Haïti, les nouvelles pratiques d’accaparement foncier, Le Nouvelliste, 9 octobre 2017
https://lenouvelliste.com/article/176826/haiti-les-nouvelles-pratiques-daccaparement-foncier, Consulté le 6 juin 2025
[26] Visiter lenouvelliste.com pour des détails sur ces affaires
[27] Valérie Bouchard, « La fonction juridictionnelle », dans Secrets d’États : les principes qui guident l’administration publique et ses enjeux contemporains, 2e éd., dir. N. Michaud, Québec, Presses de l’Université du Québec, p. 638-639
[28] Christian Dufour, « Les différents types d’États », dans Secrets d’États : les principes qui guident l’administration publique et ses enjeux contemporains, 2e éd., dir. N. Michaud, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2017, p.32
[29] Fonds monétaire international (FMI), Évaluation diagnostique de la Gouvernance : janvier 2025, p.12, https://budget.gouv.ht/storage/app/uploads/public/67b/8c9/c4d/67b8c9c4d8c85205646613.pdf, Consulté le 7 juin 2025
[30] Haïti Libre, Vaste coup de balai dans le système judiciaire, 28 magistrats mis à l’écart (liste), 18 janvier 2023, https://www.haitilibre.com/article-38636-haiti-flash-vaste-coup-de-balai-dans-le-systeme-judiciaire-28-magistrats-mis-a-l-ecart-liste.html, Consulté le 6 juin 2025
[31] Idem
[32] Banque mondiale, Haïti : Des opportunités pour tous – Diagnostic-pays systématique, 2015
[33] Ibid., p.5-6
[34] Banque Mondiale, Haïti présentation, https://www.banquemondiale.org/fr/country/haiti/overview, Consulté le 4 juin 2025
[35] Ibidem
[36] Omane Primo. Mobilité internationale étudiante et fuite des cerveaux. Études caribéennes, 2024, 〈10.4000/132z7〉. 〈hal-04787070v2〉
[37] Direction générale du Trésor, Haïti : indicateurs et conjoncture, https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/HT/indicateurs-et-conjoncture#:~:text=La%20contraction%20du%20crédit%20s,plus%20de%2080%20%25%20des%20actifs, Consulté le 4 juin 2025
[38] BRH, Note sur la politique monétaire : 1er trimestre 2024-2025 (octobre-décembre 2024), p.16, https://www.brh.ht/wp-content/uploads/NOTE-SUR-LA-POLITIQUE-MONETAIRE-1er-TRIMESTRE-DE-LEXERCICE-FISCAL-2024-2025.pdf , Consulté le 4 juin 2025
[39]Gérard Junior Jeanty, Seulement 20% des ressources bancaires sont consacrées au crédit, Le Nouvelliste, 19 mars 2024, https://lenouvelliste.com/article/247087/seulement-20-des-ressources-bancaires-sont-consacrees-au-credit
