Donald Trump et la politique américaine antimigratoire : de la parole à l’acte

Donald Trump a clignoté l’oeil aux immigrants qu’il avait longtemps déconsidérés.

Par Hancy PIERRE, expert en migration
03 janv. 2025 — Lecture : 4 min.

Donald Trump a clignoté l’oeil aux immigrants qu’il avait longtemps déconsidérés. Ce qui tient lieu d’un mirage à l’accueil des immigrants qui deviennent des indésirables bienvenus devant garantir la prospérité des grands patrons notamment ceux  de la Sillicon Valey. En effet “Trump d’abord opposé en 2016 se dit favorable au visa H-1B aux immigrants”. C’est un Visa Non immigrant destiné aux travailleurs étrangers qui sont des professionnels. Ce visa couvre une période allant de 3 à 6 ans avec une possible extension dans certains cas. Il est connu  sous le titre de H-1B Immigration and Nationality Act.Vous pourriez bien approfondir des recherches sur ce type de visa aux besoins pour plus de details. Le président élu avait même avoué ce qui suit au tabloïd conservateur de New York Post :”j’ai toujours cru au programme H1-B. Je l’ai utilisé à de nombreuses reprises, en référence aux salariés de ses propres entreprises ”. Durant le deuxième mandat du président Bill Clinton en dépit des législations restrictives en matière d’immigration . des travailleurs immigrants sans papier ont bénéficié de moratoires.Ce, pour ne pas léser les intérêts des entreprises dont leur productivité en partie dépend de l’apport de la force de travail de ces immigrants sans papiers (Pierre,2015:121).

L’anti-immigration est un leurre dans les contextes électoraux. La campagne présidentielle de 2024 est la plus remarquable en ce sens quand les deux candidats d’alors se sont ramenés à un consensus sur un durcissement de la politique migratoire américaine. Dans les faits, les républicains ont su dans le temps accorder une attention à  la régularisation du statut des immigrants sans papiers. Nous voudrions évoquer les cas de Ronald Reagan en 1982 et de Georges Bush durant son mandat de 2004-2008. Le premier, par l’entremise de  l’Immigration Reform and Control Act (IRCA) de 1986 a régularisé le statut d’environ 3 millions de sans papiers. Quant au second, il a proposé la Comprehensive Migration Act qui visait la régularisation de la situation de 12 millions d’immigrants sans papiers. Il y a eu une fracture dans la ligne du parti républicain. En effet, s’est manifestée une tendance ultraconservatrice associée à la frange du Tea Party qui est un mouvement de type libertarien qui s’oppose à l’Etat fédéral et de ses impôts. Son ideologie est conservatiste sur le plan fiscal et s’inspire du populisme de droite de l’après crise economique de 2008-2010. Le sénateur Marco Rubio de la Floride pressenti comme Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères est un fervent militant qui adhère au courant du Tea Party.

Du côté des démocrates , Al Gore avait promu un vaste mouvement de naturalisation des immigrants pour accéder à  leur vote.Il est un fait qu’Al Gore avait un certain penchant pour des visées du parti républicain  ; ce qui était aussi le cas pour l’ancien président Bill Clinton. Le Dream Act avait lui-même été proposé par John Kerry en faveur des procédures automatiques de naturalisation des jeunes  sans papiers qui ont vécu et étudié aux Etats Unis, à l’élection présidentielle 2004 fait état de leitmotiv électoral. Ce qui allait contredire les scores de déportation massive durant plusieurs administrations de démocrates. Ils ont préféré se disposer de dispositifs ayant une portée mitigée de la gestion migratoire. Si d’un côté,  ils pronettent des politiques humanitaires en matière de migration , d’un autre les opérations de déportations ne manquent pas.Ce qui dissimule leur projet de politique antimigratoire dans l’ acte. Dans l’opinion publique, la tendance nationaliste des républicains les fait assimiler à un parti ayant une position d’anti-immigration. Aussi Donald Trump contrairement à ses prédécesseurs republicains a-t-il fait de l’anti-immigration son cheval de bataille électorale? De la parole à l’acte,  il y a un écart à apprécier. Les rebondissements de la question migratoire dans les positions du grand patron Elon Musk défient tout pronostic au regard de la position électorale qu’on croyait être  figé pour le candidat Donald Trump.

Repères bibliographiques

 -Hancy Pierre, » les immigrants  caribéens et la politique migratoire des USA «  in cahiers du cepode no 1, 1re année, septembre 2009 pp101-121

-Pallassama R. Balgopal, social work practice with immigrants and refugees, Colombia university press, New York, 2000.

-Hancy Pierre, « Immigrant and immigration issues covered by newspaper on 2006”, drafts of research paper, the Findlay University, OHIO, USA, june 2007.

-Rfi , “Etats Unis:les positions d’Elon Musk sur le  Visa H-1B  créent des remous au sein des ultra-conservateurs”, publié le 28/12/2024,  rfi.fr/fr/amériques/20241