Daniel Foote est-il la réincarnation de Sonthonax ?

Son origine et son passé Daniel Lewis Foote est un diplomate américain et membre de carrière du Senior foreing service qui a été envoyé spécial des États-Unis pour Haïti de juillet à septembre 2021.

Le Nouvelliste
19 janv. 2023 — Lecture : 20 min.

Son origine et son passé

Daniel Lewis Foote est un diplomate américain et membre de carrière du Senior foreing service qui a été envoyé spécial des États-Unis pour Haïti de juillet à septembre 2021. Il a été auparavant ambassadeur des États-Unis en Zambie.

Originaire de Syracuse, New York, Foote est diplomé à Williams ville East High School en 1981. Il a fréquenté l’université de Columbia, où il a été membre des équipes de football et d’athlétisme de l’école et a obtenu un baccalauréat des arts en économie.

Foot a commencé sa carrière en tant que négociant et courtier en gaz naturel. En 1992, il devient volontaire du Peace Corps à Sophachuy, en Bolivie. Il a ensuite enseigné l’espagnol au lycée et entrainé le football et l’athlétisme en Californie du Nord. En 1998, Foote a rejoint le Département d’État des Etats-Unis. Il a occupé des postes au centre des opérations du Département d’État, au bureau des affaires européennes et eurasiennes, à l’ambassade des États-Unis à Londres et au consulat des États-Unis à Guadalajara, au Mexique. Il faisait partie de l’équipe de reconstruction à Erbil, en Irak, était administrateur et chef politique, économique à l’ambassade des États-Unis au Luxembourg et conseiller en gestion à l’ambassade des États-Unis à Buenos Aires.

Foote a également été affecté à l’ambassade des États-Unis à Bagdad en tant que chef de reconstruction provinciale dans le gouvernorat de Maysan. Il a ensuite dirigé les activités du bureau des affaires internationales de stupéfiants et d’application de la loi en Colombie. Il a été affecté à la fois à Port-au-Prince, en Haïti, en République dominicaine; il a également été chargé d’affaires.

À l’ambassade des États-Unis à Kaboul, Afghanistan, Foote a été directeur de coordination, gérant de l’aide étrangère civile américaine et des activités d’application de la loi dans le pays. En 2015, il a occupé un poste à Washington DC, au Bureau international Narcotics and Law Enforcement Affairs, où il a supervisé les opérations en Afghanistan et au Pakistan. En 2017, il était secrétaire d’État par intérim pour les affaires internationales de stupéfiants et d’application de la loi lorsqu’il a été nommé ambassadeur des États-Unis en Zambie.

En tant qu’ambassadeur en Zambie, Foote a fermement reprouvé la condamnation de deux hommes qui auraient été reconnus coupables d’actes sexuels consensuels. Foote s’est dit horrifié par le verdict et a remis en question la destination de l’aide humanitaire apportée à la Zambie. Il a été ensuite déclaré persona non grata et a quitté le pays.

Après l’assassinat de Jovenel Moïse, Foote a été sélectionné pour servir d’envoyé spécial des États-Unis pour Haïti, dans l’administration de Biden le 22 juillet 2021. Dans ce rôle, Foote était membre de la délégation du président Joe Biden aux funérailles de Jovenel Moïse

Sa mission

Département d’État des États-Unis, Bureau du porte-parole, le 22 juillet 2021

Communiqué de presse.

Le Département d’État a le plaisir d’annoncer que l’ambassadeur Daniel Foote, diplomate de carrière, agira en qualité d’envoyé spécial pour Haïti. L’envoyé spécial dialoguera avec des partenaires haïtiens et internationaux pour faciliter la paix et la stabilité à long terme et pour soutenir les initiatives visant à organiser les élections présidentielle, législatives. Il travaillera avec des partenaires pour coordonner les opérations d’assistance dans plusieurs domaines, notamment l’aide humanitaire, en matière de sécurité et d’enquête.

 En outre, l’envoyé spécial impliquera les parties prenantes de la société et du secteur privé dans la recherche de solutions pilotées par des Haïtiens aux nombreux défis pressants auxquels Haïti est confrontée.

L’envoyé spécial dirigera, aux côtés de l’ambassadrice des États-Unis en Haïti, les actions diplomatiques des États-Unis et coordonnera les activités des agences fédérales des États-Unis en Haïti depuis Washington, conseillera le secrétaire d’État et la Sécurité adjointe par intérim chargé du Bureau des affaires des  Amériques et coordonnera étroitement avec le personnel du Conseil de sécurité nationale les initiaves de l’administration visant à soutenir le peuple haïtien et les institutions démocratiques d’Haïti à la suite de l’assassinat tragique de Jovenel Moïse

L’envoyé spécial apporte une expérience diplomatique à cette fonction, notamment en tant que chef de mission adjoint en Haïti en tant qu’ambassadeur des États-Unis en Zambie. Le Département d’État adresse ses félicitations à l’envoyé au moment où il prend ses nouvelles fonctions et le remercie à continuer à servir son pays.

Léger Félicité Sonthonax

Son origine, son passé

Né le 7 mars 1763 à Oyonnax, où il est mort le 23 juillet 1813, Sonthonax était un révolutionnaire français girondin. Il fut le premier législateur abolitionniste français en promulguant, le 29 août 1793, la convention le décide, à Paris, l’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies, le 4 février 1794.

Fils d’un négociant aisé d’Oyonnax, Sonthonax fut collégien à Nantua, puis étudia le droit à Dijon. Le 17 juillet 1784, ayant obtenu sa licence en droit, il gagne Paris où son père lui achète une charge d’avocat au Parlement de cette ville qu’il occupe, en 1789, lorsque débuta la révolution française. Il était d’un caractère enthousiaste que certains qualifiaient de brouillon et tranché que les mêmes qualifiaient de sectaire.

Il entre en contact avec l'entourage du duc d’Orléans : « la faction d’Orléans », dont l’un des animateurs est Jacques Pierre Brissot, créateur de la Société des Amis des Noirs, en 1788. Il développa une activité de journalistes où il défendit les thèses abolitionnistes portées par la Société des Amis des Noirs, et se lia d’amitié avec l’un de ses fondateurs, Brissot, chef de file de ceux qu’on appellera des girondins qu’il rencontra au club des jacobins. On ignore, comme le montre Marcel Dorigny, les origines de l’intérêt qu’il porte aux questions coloniales.

Jacobin, membre du parti Brissotin, violent, il avait plus d’une fois dans le « Journal des Girondins » pris position pour la question coloniale. Avocat au Parlement de Paris, il avait écrit en 1791 « La terre de Saint-Domingue doit appartenir aux Noirs, ils l’ont acquise à la sueur de leur front ». De tempérament fougueux, il ne se laissera pas dépasser par les évènements, et sera attaqué et par la droite et par la gauche. Certains ont vu en lui un simple ambitieux, d’autres l’ont porté aux nues. Mais l’essentiel, c’est qu’il a marqué de son sceau une partie de l’histoire de la révolution de Saint-Domingue.

La vraie mission de Sonthonax, qui perd gagne

Dans la deuxième commission, Sonthonax avait dévoilé sa vraie mission. « Nous déclarons que l’esclavage est nécessaire à la prospérité des colonies et qu’il n’est ni dans les principes, ni dans la volonté de l’Assemblée nationale, ni du roi de toucher à cet égard aux prérogatives des colons ». Il ira même plus loin : « Si jamais la Législative s’oubliait jusqu’à émanciper les esclaves, lui et ses collègues s’y opposeraient pour Saint-Domingue. Sans doute, la mission de Sonthonax est-elle claire :  rétablir l’esclavage.

L’histoire est un perpétuel recommencement : Foote, parle-t-il à cœur ouvert ? L’affranchissement général des Haïtiens du joug etats-unisien à sa façon est-il possible ?

L’émissaire américain en Haïti Daniel Foote démissionne. Il l’annonce dans une lettre adressée au secrétaire d’État Antony Blinken, un courrier au ton dur, dans lequel il dénonce l'expulsion par les Etats-Unis de milliers de migrants haïtiens du Texas. C’est de mémoire la première fois qu’un haut fonctionnaire américain tient de tels propos sur le dossier haïtien : « Je ne m’associerai à la décision inhumaine et contre productive des États-Unis d’expulser des milliers de refugiés haïtiens  et d’immigrants illégaux en Haïti, un pays où nos fonctionnaires sont confinés dans des complexes sécurisés en raison du danger que représentent les gangs armés contrôlant la vie quotidienne », assène Daniel Foote dans sa lettre de démission datée du mercredi 22 septembre et adressée au secrétaire d’État américain Anthony Blinken.

L’envoyé spécial en Haïti, qui n’était qu’en poste depuis deux mois, depuis la mort du président haïtien, Jovenel Moïse, reproche au chef de la diplomatie américaine d’avoir « ignoré ses recommandations ». Plus inédit encore, il condamne l’ingérence des Etats-Unis dans la politique haïtienne et, récemment, son soutien, renouvelé, au Premier ministre Ariel Henry qui actuellement tient les rênes du pays (RFI, journal d’Haïti et des Amériques, publié le 23/09/2021).

En marge de sa récente démission avec fracas de son poste d’envoyé spécial de Washington en Haïti, l’ambassadeur Foote a été reçu en audience par la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis, où les démocrates et les républicains, membres de cette commission, ont dénoncé la politique des États-Unis vis-à-vis d’Haïti.

Dans sa déclaration liminaire, le représentant Gregory Meeks, président de la commission des Affaires étrangères, a reconnu que la politique actuelle de l’administration Biden à l’égard d’Haïti est un vestige de l’administration précédente et a désespérément besoin de changement.

« J’espère que les États-Unis cesseront de soutenir le gouvernement Henry. Je crois que les groupes sont très proches d’un accord, tant que les États-Unis n’insistent sur l’implication d’Henry », a déclaré tout de go Daniel Foote, plaidant pour que la société civile ait la voix au chapitre dans le nouveau gouvernement. « Il n’est pas essentiel qu’Ariel Henry ait un rôle dans ce nouveau gouvernement », a-t-il ajouté.

À la question du représentant Andy Levin lui demandant si le gouvernement Henry survivait sans le soutien américain, Daniel Foote lui a répondu laconiquement : « Je ne pense pas ». « Je dis à tout le monde que la politique américaine va dans la mauvaise direction », a ensuite rajouté le représentant Levin.

« Nos interventions politiques en Haïti n’ont jamais fonctionné. Je me sens responsable. Nous avons toujours priorisé la stabilité sur les causes profondes de l’instabilité. La communauté internationale intervient toujours ».

« L’administration Biden a abandonné Haïti », a martelé à son tour la représentante républicaine Maria Elvira Salazar, avant de remercier l’ambassadeur Foote pour son courage de dénoncer la politique américaine pour Haïti.

« Pendant des années j’ai été préoccupé par l’orientation de la politique américaine en Haïti. Je ne pense pas que nous devrions faire confiance au gouvernement intérimaire actuel. Nous devons nous engager avec un large éventail d’organisations de la société civile et communautaires », a pour sa part préconisé le représentant Albio Sires, président du sous-comité de l’hémisphère occidental qui se dit consterné par le traitement infligé aux Haïtiens à la frontière américaine avec le Mexique.

« La déportation vers Haïti n’est pas la solution pour le moment », a insisté Foote. « Nos propres diplomates ne peuvent pas quitter leurs locaux sans des gardes armés », a-t-il noté.

Notre système d’immigration a toujours traité les Haïtiens différemment, c’est un fait. Historiquement, les États-Unis n’ont pas reconnu que les Haïtiens font face à la persécution politique. Nous ne pouvons pas l’ignorer », a reconnu le représentant Meeks.

« Nous avons commencé à former la police haïtienne en 1994. À mon départ en 2012, c’était une force adéquate. Au cours des quatre dernières années, la police s’est politisée. Des personnalités politiques sont arrivées et ont développé des liens avec les gangs », a indiqué Daniel Foote.

« Les gangs font la loi dans Port-au-Prince, ils sont en contrôle, et opèrent dans les environs de Pétion-Ville, où il n’y a jamais eu de violence de gang », a alerté Daniel Foote devant la commission de la Chambre des représentants.

La représentante Dina Titus a fait savoir que l’administration Biden a un budget de 8 millions de dollars pour aider à garantir la tenue d'élections en Haïti. « Cela va prendre du temps. C’est inutile de les tenir si elles ne sont considérées comme crédibles », a réagi Daniel Foote à propos des élections. Nous tenons à féliciter l’ambassadeur Foote pour ses interventions en faveur d’Haïti. Que nous sachions, de 1915 à nos jours, aucun ambassadeur haïtien n’a pu dénoncer la politique machiavélique des Etats-Unis à l’endroit d’Haïti, vous vous êtes armé de courage et de bravoure. Dessalines, notre libérateur, n’a aucun problème avec un Blanc qui épouse la cause des nègres mais des nègres qui vendent aveuglement leur conscience pour servir les Blancs au détriment de leurs frères nègres après 1915 : on les appelle Conze. Nous sommes les premiers pionniers de la démocratie et des droits de l’homme dans le monde. Les autres, ce sont leurs lois et leurs organisations qui parlent de la démocratie et de droits de l’homme, dans la pratique, on ne les voit pas

 Dessalines, avant notre indépendance, en s’adressant aux nègres : disait : « Ceux qui veulent mourir en hommes libres, restez avec moi dans le fort, mais ceux qui veulent redevenir esclaves des Français, sortez du fort ». A l’unisson, ils crient, nous mourrons tous pour la liberté. Les Allemands et les Polonais qui faisaient partie de l’armée expéditionnaire de 100 000 hommes de Leclerc contre 14 000 hommes de Toussaint Louverture, ont changé de camp, sont passés dans l’armée de Dessalines dans la bataille de Vertières. C’est pourquoi Dessalines leur avait donné la nationalité haïtienne. Quelle grandeur d’âme !

Dessalines était un universaliste, la constitution de 1805

L’article 14 de la Constitution dessalinienne de 1805 dispose : "Toute acception de couleur parmi les enfants d’une seule et même famille, dont le chef d’État est le père devant nécessairement cesser, tous les Haïtiens ne seront désormais connus que sous la dénomination générique de Noir.

Les femmes blanches naturalisées haïtiennes (article 13 de la constitution de 1805)

Aux Allemands (fondateurs et habitants de Bonbardopolis)

Aux Polonais échappés à la destruction de l’armée française. Un vrai humaniste. Une vraie incarnation de ISHUA.

C’est pourquoi, nous pensons, ambassadeur Foote, que vos interventions sont de véritables volcans à l’endroit de la politique des Etats- Unis pour Haïti. Un véritable affranchissement des Haïtiens du joug des Etats-Unis. Il reste à nous autres de faire la décolonisation mentale. De faire croire au peuple haïtien que la délivrance d’Haïti ne viendra nullement des États-Unis, mais d’une main invisible que personne ne voit; c’est la main de Jéhovah. Car Haïti veut dire  Terre de Jéhovah ou de Dieu. Nous sommes victimes du machiavélisme économique des autres puissances, tous les moyens sont bons pour qu’elles s’accaparent de nos richesses.

L’affranchissement général des esclaves par Sonthonax, un trompe l’œil

Mission de la troisième commission civile

Cette mission est double : une mission officielle, une mission officieuse

Mission officielle : La troisième commission civile doit appliquer la Constitution de l’an lll, à caractère civil et organisera une société égalitaire en faisant des nouveaux libres des citoyens français.

Mission officieuse : Elle doit obtenir la soumission des chefs indigènes, réduire leur pouvoir, réformer l’armée et organiser le travail.

Une constitution à caractère civil, c’est une constitution qui remet l’administration aux mains des civils et qui défend aux militaires les fonctions militaires et civiles. Les militaires doivent être dans leurs casernes

Organiser à Saint-Domingue une société égalitaire n’est pas chose facile car l’esprit de caste est plus vivant que jamais.

Obtenir la soumission des chefs indigènes et réduire leur pouvoir pour que ne se renouvèlent plus les tentatives de coup d’État du genre de l’affaire Villatte

Réformer l’armée et organiser le travail représentent deux points du programme qui sont liés. Les Espagnols ont déjà fait la paix depuis 1795. Les Anglais décimés par la fièvre jaune et par les attaques des indigènes projettent d’évacuer Saint-Domingue. La colonie n’aura plus besoin d’une armée de 52 000 hommes. Le projet est de licencier les soldats et les renvoyer sur les habitations en vue d’arriver à une augmentation agricole.

Dans le programme de la troisième commission civile, deux points sont liés : la réforme de l’armée et l’organisation du travail. La guerre contre les Anglais touche à sa fin et les nombreux cultivateurs qui avaient été mobilisés lors de l’invasion anglo-espagnole devront être désarmés et transférés sur les habitations.

Sonthonax en action

Il a organisé de nombreuses écoles pour les Noirs et à même distribué des bourses d’études aux enfants de Toussaint, à ceux du général Moïse. Dans les écoles, les cours sont faits de façon à assurer le succès de la reforme entreprise par Sonthonax. La colonisation mentale. On apprend aux Noirs l’amour de la France, le respect de l’autorité, l’amour du travail et surtout du travail agricole. Une éducation au profit des colons français. Sonthonax ne cessait de répéter aux Noirs : En France, tout le monde est libre et tout le monde travaille. C’est Sonthonax lui-même qui avait déclaré à un Noir en lui remettant un fusil à l’arrivée de la troisième commission civile : « Voici la liberté que je te donne. Celui qui t’enlèvera ce fusil voudra te rendre esclave ».

Face à ce plan machiavélique Toussaint Louverture réagit

En outre, ce plan de réforme ne peut qu’inquiéter Toussaint. Il est directement menacé et ce plan est contraire à sa nouvelle ligne politique. En effet, depuis la chute de Robespierre (thermidor), la France se fait de moins en moins révolutionnaire et s’achemine vers le rétablissement de l’esclavage.

Cette situation implique pour Toussaint la nécessité d’être à Saint-Domingue, un chef responsable, capable d’entretenir la méfiance des Noirs vis-à-vis de la France nouvelle et capable de faire face à toute éventualité. Entre Sonthonax qui travaille à restaurer à Saint-Domingue l’autorité métropolitaine et Toussaint qui travaille à préserver la liberté de ses frères, le heurt est inévitable.

Monsieur Foote, nous vous remercions pour votre bonne volonté de nous voir sortir du joug des Etats-Unisiens et de nous voir un jour traiter avec eux gagnant-gagnant, donnant-donnant.

Passionnés de la maïeutique, nous voulons avoir certaines lumières sur certaines choses. À travers votre mission impossible d’établir la paix à travers les élections, vous savez autant que nous, dans les pays appauvris, les élections sont source d’instabilité, parce que nous ne contrôlons pas nos appareils électoraux. À travers votre expérience d’ambassadeur, aucune élection n’a jamais garanti la stabilité dans les pays appauvris, notamment en Afrique. Pierre- Louis Opont, l’ancien directeur général du Conseil électoral provisoire de 2010 a vendu la mèche en déclarant que ce n’est pas Michel Martelly qui était élu président. Qui l’a mis au pouvoir ? puisqu’il a passé cinq ans à ce dernier, jusqu’à présent personne ne sait. Se petèt sa n pa wè yo. L’ancien président René Préval a abondé dans le même sens. Pourquoi organiser des élections, ce qui est passé est passé. Monsieur Foote, San pa wè yo toujou la pou fè eleksyon pou mete moun pa yo sou pouvwa pou regle zafe yo, pèp toujou nan lari pou rele ale, fòl ale. Kriz post-électoral ou dakò se san pawè yo ki kreye kriz tou an Ayiti.

Peut-il sortir quelque chose de bon de Nazareth ? Peut-il sortir quelque chose de bon des impérialistes ? Nous  en doutons fort bien.

Une ancienne ambassadrice des États-Unis dont nous oublions le nom a déclaré que la politique des États-Unis ne changera pas pour Haïti.C’est plus qu’une vérité. De 1915 à nos jours c’est la même politique, une politique anti nègre, anti changement, anti haïtien, allons voir :

Traitement des Cubains par les États-Unis

Pourquoi le drame de Texas vous afflige, monsieur Foote ? Ça a été toujours ainsi

Elian Gonzalez, né le 6 décembre 1993 à Cardenas, est un garçon cubain qui quitta Cuba en novembre 1999, emmené par sa mère, afin d’émigrer aux États-Unis. Sa mère et dix autres personnes se noyèrent dans leur tentative. Elian survécut avec trois rescapés, dérivant sur une chambre à air jusqu’aux côtes de Floride.

En raison de certaines dérogations prévues dans les lois sur l’immigration aux États-Unis, les Cubains qui quittent Cuba et arrivent sur le sol américain sont généralement autorisés à rester dans le pays, parce qu’ils ne sont pas haïtiens, ni africains. Il parait que les impérialistes ont des problèmes avec la race noire, ils nous punissent à cause de notre couleur d’ébène. Plusieurs des parents d’Elian, ainsi que différentes organisations contre Fidel Castro, ont violemment affirmé dans les médias et devant la cour que cela constituait une base juridique pour qu’Elian reste aux États-Unis

D’autre part, sa mère l’a emmené apparemment sans la permission de son père, dont elle était divorcée. Ce cas, en plus des polémiques autour de l’asile politique, et surtout une bataille du droit de garde. Le gouvernement de Cuba, après de nombreuses négociations et discussions, le service de l’immigration et de la naturalisation américaine et le Département de la Justice des États-Unis, ont déclaré pour cette raison Elian devait retourner chez son père qu'à Cuba.

La polémique a fortement enflé, et la maison d’Elian à Miami est devenue le lieu d’un immense défilé de médias. Pendant une grande partie de l’été 2000, cette controverse a continué à dominer la presse américaine.

La bataille est parvenue jusqu’au Congrès américain et à la Cour suprême des États-Unis qui ont clos l’affaire. Le 22 avril 2000, les agents fédéraux ont appliqué la décision de justice en se rendant à la maison de son grand oncle pour ramener Elian. Une photographie célèbre montre un policier avec un fusil automatique, Elian et son infirmier étaient cachés dans une armoire.

À la suite de quoi, il y eut une brève controverse politique, qui portait sur le fait que l’ordre de recherche avait ou non autorisé l’usage des armes. Après la rencontre avec son père à Washington DC, Elian est retourné avec lui en juin 2000 à Cuba.

L’affaire du petit naufragé cubain Elian Gonzalez a pris, jeudi 30 mars 2000, des allures de bataille politique au plus haut niveau avec les déclarations du vice-président Al Gore, en campagne, réclamant un statut de résident permanent pour l’enfant. Cette position est en totale contradiction avec celle du président Bill Clinton et du parti démocrate, dont plusieurs responsables ont désavoué publiquement  Al Gore. Ça c’est pour les Cubains et Elian Gonzalez.

Le traitement infrahumain : La haine implacable de la politique des impérialistes pour les Haïtiens et les Africains : Guantanamo, leur enfer.

Le choc est trop violent : la jeune journaliste de « Eye witness News », une émission d’informations télévisées largement diffusée aux États-Unis, ne peut s’empêcher d’évoquer à haute voix la traite des esclaves. Sur le pont du Bear, l’un des bateaux de la garde côtière américaine mobilisés pour tenter de stopper l’exode des boat-people haïtiens, près de cinq cents refugiés sur les quelque 12 000 hébergés à la base navale de Guantanamo sont entassés comme du bétail en attendant d’être fixés sur leur sort.

La Cour suprême a cassé, vendredi 31 janvier 1992,  une précédente de justice interdisant leur rapatriement forcé : Malgré la bâche jaune tendue au--dessus du bâtiment, le pont est transformé en étuve par le soleil tropical. Des cordages délimitent le périmètre affecté aux Haïtiens. De l’autre côté, deux matelots font circuler des gobelets d’eau tiède. « Si on ne les avait pas repêchés, ces gens allaient périr. Leurs voiliers étaient surchargés et ils n’avaient pas de provisions pour la traversée », affirme le capitaine Lee, qui commande le Bear.

Depuis quatre jours, son navire, transformé en hôtel flottant, est à quai, dans la vaste baie de Guantanamo, la base américaine en terre cubaine, située à 750 kilomètres, à l’est de La Havane.

Tous les matins, les avions des garde-côtes survolent le passage au vent, entre Cuba et Haïti à la recherche de réfugiés. Ils sont repêchés par les navires américains et leurs petits voiliers sont incendiés en mer. Au cours du week-end, environ 350 d’entre eux ont été ramenés à Port-au-Prince. Sur le pont du Bear, les Haïtiens se bousculent pour raconter leurs mésaventures.

« Je suis marron », c’est-à-dire dans la clandestinité depuis le 30 septembre, date du coup d’Etat militaire. Les militaires ont tué un de mes frères », affirme Joseph Saimé, un pêcheur de 34 ans, qui brandit une photo plastifiée du président Aristide, enjambant une femme à demie-nue, qui allaite son bébé. Les impérialistes américains montrent clairement leur haine pour la race noire, notamment les Haïtiens, pour quelle raison ? Qu’il s’agisse des démocrates ou des républicains, le dossier d’Haïti et des vrais fils de l’Afrique sont traités de la même manière. Pourquoi ? Nous sommes supérieurs à la race blanche, c’est la raison. C’est parce que nous sommes des rois, on fait de nous des esclaves. C’est parce que nous sommes des princes, on fait de nous des rejets humains. Entre vous et nous, qui sont des barbares et qui sont des civilisés ? Nous avons pris notre indépendance en 1804, nous savons que l’esclavage est contraire à la liberté naturelle; il est un crime contre l’humanité. C’est pour que cela nous ne faisons que libérer les pays qui étaient sous le joug européen, notamment les pays de l’Amérique latine. Vous autres, vous avez pris votre indépendance en 1776-1823, 47 ans après, vous avez colonisé le monde et les pays de l’Amérique et emporté leurs richesses par la doctrine de Monroe.

 Autrefois, la flibuste se pratiquait en haute mer.  Mais aujourd’hui, la flibuste se pratique sur terre. Les néo- flibustiers, les flibustiers modernes ou scientifiques, ils débarquent chez vous, contrôlent votre politique et votre économie, y sèment de la pagaille et de l’anarchie et partent avec vos richesses. Ils détournent votre attention sur vos problèmes réels et pillent vos richesses. Ils confondent la barbarie et l’intelligence.

Nous aurions demandé aux Etats-Unis de remettre Haïti aux Haïtiens. Vous avez pris notre pays en otage en 1915 avec une santé chancelante, maintenant vous le mettez en agonie ; plus de nourriture, plus d’eau potable, plus d’électricité, plus d’environnement sain, plus d’économie, plus d’agriculture, plus d’hôpitaux, plus d’écoles, votre culture détruit notre éducation, plus d’universités, plus d’institutions publiques, plus ‘d’infrastructure, plus d’armé eindigène, plus d’institutions publiques, plus de sécurité, plus d’élections honnêtes et démocratiques, pas d’argent de la reconstruction, pas d’argent de PetroCaribe. Votre présence en Haïti veut dire quoi la descente aux enfers d’Haïti. Pourquoi voulez-vous garder Haïti en votre possession à vos intérêts, au détriment des Haïtiens?

1915-2023, 108 ans dans le ventre du dragon, c’en est assez. Une opération césarienne s’avère plus que nécessaire pour ôter Haïti du ventre de ce dragon. De même que le grand poisson a vomi Jonas, il faut de même que le dragon vomisse Haïti, après quoi ne mettez plus les pieds dans ce pays.

 À chaque fois qu’un esclave voyait un blanc français, il voyait les cicatrices des coups de fouet et de l’esclavage, de même qu’à chaque fois que  nous voyons les cicatrices de la misère, de l’exploitation, de la domination, de la politique de rapine et de déprédation, de la main mise sur notre politique, sur notre économie, sur nos richesses, sur nos institutions, nous voyons aussi le néocolonialisme. Time Is up, dragon. Jéhovah vous demande de laisser partir son peuple pour le servir, votre règne prend fin. « Let my people go ». Libérez mon peuple. Les Ayisyens sont tous des juifs noirs. Il est temps qu’Haïti retourne aux anciens sentiers. Ça fait des lustres que ce peuple adore des créatures au lieu du Créateur. Haïti pour Christ, Christ pour Haïti  !

Partisans de la maïeutique, quelques questions l’ambassadeur Foote : Etes-vous un anti-impérialiste ? La Navase appartient-elle aux États –Unis ? Aqui profite le crime des milliards de dollars de la reconstruction après le 12 janvier2010 ? Dans quelle banque les sommes de Petro-Caribe  se trouvent-elles ? Avez-vous une idée de l’auteur intellectuel de l’assassinat de Jovenel  Moïse ? Faites un bilan de la relation d’Haïti avec les États-Unis de 1915 à nos jours, si positif dans quel domaine ? Comment voyez- vous la relation d’Haïti avec les pays socialistes, en l’occurrence, Russie et Chine, etc. ? Quelle serait votre position sur une révolution politique en Ayiti ? D’après vous, les élections organisées en Haïti avec l’appui des États-Unis, sont-elles honnêtes, crédibles et démocratiques ? Commencez à partir de 1987 jusqu’à 2016 celles qui ont porté Jovenel au pouvoir. Faites une différence entre l’argent sale et l’argent propre ? Dans quelles banques place-t-on l’argent sale ? dans quelles banques se trouve l’argent propre ? Comparez la position du président Joe Biden face au drame du Texas, puis le refoulement humiliant des rescapés vers Ayiti et la position du président dominicain Luis Abinader au refoulement humiliant et inhumain des ayisyens vers Ayiti ?

Sources :      La période révolutionnaire Saint-Domingue et en France 1789-1804 ( Wesner Emmanuel).  Saint-Domingue redevient Haïti, période nationale 1804-2004 ( Wesner Emmanuel)

Le nouvelliste :2021- 10-07

RFI : Journal d’Haïti et des Amériques 23-09-2021

Eye Witness News

Recherches : Les membres de l’équilibrisme politique et OPHRES

Luther Bazelais Sygrain, politologue