Lent retour à la normalité

Publié le 2022-11-23 | lenouvelliste.com

Depuis le début du mois de septembre 2022, le pays est frappé par une série de chocs. Le choc sécuritaire, le plus important, n’est pas encore résorbé. Si le terminal de Varreux a été libéré de l’emprise des gangs, les routes ne sont pas sûres dans tous les départements du pays et les kidnappings continuent.

Signe suprême du difficile retour à la normale, mis à part la région métropolitaine de Port-au-Prince, acheter de l'essence relève encore du parcours du combattant dans plusieurs coins du pays et le marché noir impose encore ses prix.

L’école aussi est encore en crise. Après avoir raté la rentrée de septembre puis celle d’octobre, le ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle tarde à bâtir un troisième calendrier scolaire. Pour l’instant moins de 20% des élèves ont repris le chemin de l’école. La formation est en grande souffrance et tout un secteur économique est mis sur pause. L’école espère une normalisation d’ici janvier 2023.

La vie économique aussi est au ralenti. Entre manifestations, destructions, fermetures, incapacités de produire, hausse généralisée du prix des intrants et de l’énergie, patrons et ouvriers, entrepreneurs et commerçants sont aux abois. Les faillites se multiplient et les banques font le décompte des mauvais payeurs incapables de joindre les deux bouts dans un pays où il n’existe aucun système de protection sociale ou financière.

La vie politique aussi traîne les pieds. Personne ne peut encore indiquer une voie à suivre. Il n’y a pas de propositions fermes sur la table ni de leaders à montrer la route. Pour le moment, les sanctions américaines et canadiennes animent les débats mais n’accélèrent pas encore le processus de consolidation du consensus haïtien.

Combattre le choléra ne se fait pas au bon rythme. Le gouvernement semble tout attendre de la communauté internationale. Il n’est même pas capable de mettre en place une campagne de communication solide. Il laisse passer l’occasion de la Coupe du monde pour parler à la population.

Même échec avec la situation en République dominicaine. Les responsables haïtiens sont aux abonnés absents. Ils subissent la situation comme tous les Haïtiens et apprennent aux nouvelles les rebondissements. Haïti ne cherche pas à peser sur les prochaines élections en République Dominicaine alors que le sujet haïtien et nos compatriotes sont variables d'ajustement chez nos voisins. 

Le retour à la normale qui passe par un gouvernement qui gouverne et une population qui espère en des lendemains meilleurs n’est pas encore sur les rails en Haïti en cette fin de novembre 2022.

La normalité dans un pays normal se fait attendre désespérément.



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