Avant Michel Martelly, Laurent Lamothe et Jean Henry Céant, les USA et le Canada avaient ciblé d’autres Haïtiens

Publié le 2022-11-21 | lenouvelliste.com

Alors qu’on annonce de sources diplomatiques que la liste des sanctionnés va s’allonger dans les jours qui viennent et que les sanctions auront une portée mondiale, dimanche 20 novembre 2022, le Canada a annoncé des sanctions contre l’ancien président Michel Martelly et les anciens premiers ministres Laurent Lamothe et Jean Henry Céant. Cela fait des semaines que des noms de sanctionnées tombent.

D’abord, il y a eu ceux dont les visas américains ont été annulés. Aucun nom n’avait officiellement circulé jusqu’à ce que le premier ministre Ariel Henry ait été obligé de remplacer deux ministres de son gouvernement qui ont été visés, selon des sources concordantes.

Bien avant eux, il y a plusieurs personnalités publiques ou anciens responsables qui ont vu leur visa américain révoqué. 

Samedi 19 novembre 2022, ce sont les anciens et actuels parlementaires Gary Bodeau, ancien président de la Chambre des députés, le sénateur en fonction Rony Célestin et l’ancien sénateur Hervé Fourcand qui ont été sanctionnés par le Canada

Selon un communiqué d’Affaires mondiales Canada, ces sanctions sont imposées « en vertu du Règlement sur les mesures économiques spéciales visant Haïti, en réponse à la conduite inacceptable de membres de l’élite politique haïtienne qui apportent un soutien financier et opérationnel illicite à des gangs armés ».

« Ces dernières sanctions visent trois autres personnes et leur imposent une interdiction de transactions, ce qui aura pour effet de geler tout avoir qu’elles peuvent détenir au Canada. Le Canada a des raisons de croire que ces personnes utilisent leur statut d’ancien ou d’actuels titulaires d’une charge publique pour protéger et permettre les activités illégales de gangs criminels armés, notamment par le blanchiment d’argent et d’autres actes de corruption », peut-on lire dans le communiqué. 

Lundi 14 novembre, le Canada a intégré dans le droit canadien, en vertu de la Loi sur les Nations Unies, une récente résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) prévoyant des sanctions contre des personnes en Haïti.

C’est la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly qui en avait fait l’annonce. « Le Canada accueille favorablement la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies prévoyant des sanctions. Il est important pour le Canada et la communauté internationale de faire tout ce qui est possible pour aider les Haïtiens. Ces sanctions enverront un message clair selon lequel les pays du monde entier feront pression sur les gangs et leurs partisans pour mettre fin à cette violence insensée », a déclaré Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères du Canada. 

 « Ces mesures sont une réponse à la conduite inacceptable des bandes criminelles armées en Haïti. Les sanctions prévues par la résolution 2653 du Conseil de sécurité imposent une interdiction sur toutes les opérations à l’encontre de Jimmy Chérizier, le chef du soi-disant G9, une alliance de gangs haïtiens. Cette mesure a pour effet de geler tous les avoirs qu’il pourrait détenir au Canada et d’imposer une interdiction de voyager et un embargo sur les armes. Le Canada a des raisons de croire que cet individu s’est livré à des actes qui menacent la paix, la sécurité et la stabilité d’Haïti et a planifié, dirigé ou commis des actes qui constituent de graves violations des droits de la personne. Les sanctions imposées par le Canada ont pour but d’arrêter le flux de fonds et d’armes illicites afin d’affaiblir et de mettre hors d’état de nuire les bandes criminelles », peut-on lire dans un communiqué publié par Affaires mondiales Canada ce lundi.

« La résolution 2653 du CSNU a établi un comité de sanctions chargé d’identifier d’autres personnes et entités susceptibles d’être sanctionnées. Cela permettra de faire pression sur les responsables de la violence et de l’insécurité en Haïti. Toute nouvelle personne ou entité identifiée par ce comité sera automatiquement soumise aux mesures de sanctions décrites dans le règlement visant Haïti de la Loi sur les Nations Unies du Canada », poursuit le communiqué.

Le 4 novembre, les Etats-Unis et le Canada avaient imposé des sanctions contre le président du Sénat Joseph Lambert et l’ancien sénateur Youri Latortue

Affaires mondiales Canada a publié vendredi 4 novembre l’annonce de sanctions contre des membres de l’élite politique haïtienne. L’actuel président du Sénat Joseph Lambert, et l’ancien sénateur Youri Latortue, sont les deux personnalités visées par ces sanctions. 

Le même vendredi 4 novembre, the “Office of Foreign Assets Control (OFAC)” du département américain du trésor a également annoncé avoir désigné “les ressortissants haïtiens Joseph Lambert (Lambert) et Youri Latortue (Latortue) conformément au décret 14059 du 15 décembre 2021, traitant des sanctions aux étrangers impliqués dans le trafic mondial de drogues illicites. 

“L'OFAC a désigné Lambert et Latortue pour s'être livrés, ou avoir tenté de se livrer, à des activités ou transactions qui ont matériellement contribué, ou présentent un risque significatif de contribution matérielle, à la prolifération internationale de drogues illicites ou de leurs moyens de production. Lambert est le président en exercice du Sénat haïtien et a occupé des postes politiques en Haïti pendant 20 ans. Latortue est un ancien sénateur haïtien et un politicien de longue date”, peut-on lire dans le communiqué de l’instance américaine. 

"Joseph Lambert et Youri Latortue ont abusé de leurs fonctions officielles pour mener des trafics de drogue et ont collaboré avec des réseaux criminels et de gangs pour saper l'état de droit en Haïti", a déclaré le sous-secrétaire au Trésor pour le terrorisme et le renseignement financier Brian E. Nelson. 

"Les États-Unis et nos partenaires internationaux continueront de prendre des mesures contre ceux qui facilitent le trafic de drogue, permettent la corruption et cherchent à profiter de l'instabilité en Haïti.", a poursuivi cet officiel américain.

Toujours selon le communiqué du département américain du trésor, l'histoire de Lambert avec le trafic de drogue couvre deux décennies. “Pendant ce temps, Lambert a utilisé sa position pour diriger et faciliter le trafic de cocaïne de la Colombie vers Haïti et pour faciliter l'impunité en Haïti pour d'autres trafiquants de stupéfiants. Lambert a également ordonné à d'autres de se livrer à la violence en son nom. Son trafic de drogue, ses tactiques de corruption et son mépris continu de l'État de droit ont contribué à la déstabilisation continue d'Haïti”, peut-on lire. 

“Comme Lambert, Latortue a également été longtemps impliqué dans des activités de trafic de drogue. Latortue s'est engagé dans le trafic de cocaïne de la Colombie vers Haïti et a ordonné à d'autres de se livrer à la violence en son nom. L'OFAC a coordonné étroitement avec la Drug Enforcement Administration (DEA) sur cette désignation”, précise le communiqué. 

Le communiqué du Trésor américain a également averti que “ceux qui s'engagent dans certaines transactions avec les personnes désignées aujourd'hui peuvent eux-mêmes s'exposer à des sanctions ou faire l'objet d'une action en justice”. “ De plus, à moins qu'une exception ne s'applique, toute institution financière étrangère qui facilite sciemment une transaction importante ou fournit des services financiers importants aux personnes désignées aujourd'hui pourrait faire l'objet de sanctions américaines. Le pouvoir et l'intégrité des sanctions de l'OFAC découlent non seulement de la capacité de l'OFAC à désigner et à ajouter des personnes à la liste des ressortissants spécialement désignés et des personnes bloquées (liste SDN), mais aussi de sa volonté de supprimer des personnes de la liste SDN conformément à la loi. Le but ultime des sanctions n'est pas de punir, mais de provoquer un changement positif de comportement”, précise le communiqué. 

Les Etats-Unis ont des dossiers très complets sur Joseph Lambert et Youri Latortue, avait déclaré le chargé d’affaires Éric Stromayer lors de son passage à la matinale de Magik 9, mardi 9 novembre.



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