Les produits pétroliers n’arrivent pas dans des villes de province à cause de l’insécurité

Au niveau des départements du Nord, du Sud et de l'Artibonite, les stations d’essence peinent à s’approvisionner à cause des frontières imposées par les bandits. Marc André Dériphonse, président de l’Association nationale des propriétaires de stations-service (ANAPROSS), invite les autorités étatiques à adresser les défis afin de faciliter la circulation des produits pétroliers.

Publié le 2022-11-17 | lenouvelliste.com

Le gouvernement parvient à faciliter la distribution du carburant à Port-au-Prince. Cependant sa réussite se limite aux bornes mises en place par les bandits. « L’initiative de distribution de produits pétroliers prise par le gouvernement a été une réussite dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Presque toutes les pompes à essence avaient démarré la distribution simultanément ce qui a permis d’éviter de longues affluences. Cependant, le constat est différent dans les villes de province. Plusieurs frontières sont imposées, elles sont en nette augmentation, ce qui rend difficile l’acheminement du carburant vers les villes de province : dans le Nord ou le Sud.  Des camions sont confrontés à des difficultés pour se rendre dans le Plateau Central. Très peu de produits ont été livrés dans ces régions », a alerté Marc André Dériphonse de l’ANAPROSS durant sa participation à l’émission ‘’Panel Magik, mercredi 16 novembre 2022.  

Le double problème des Capois. « Au Cap, malheureusement, les manifestants ont détruit beaucoup de stations. Si le carburant parvient à y arriver nous aurons du mal à trouver trois stations capables de desservir la population parce que les protestataires ont vandalisé ces infrastructures. Dans cette région, le carburant n’est pas livré et se vend à des prix exorbitants. Il faut trouver une façon de contourner cette pente », a préconisé M. Dériphonse, soulignant, en outre, que dans « l'Artibonite des frontières empêchent la livraison du carburant. Quelques camions sont parvenus à les détourner en passant par le Plateau Central mais la route est en piteux état.»  

Le président de l’ANAPROSS demande à l’Etat de trouver des alternatives. Entre-temps à Port-au-Prince, des stations-services sont restées fermées. « Au départ, nous avons parlé aux autorités étatiques pour leur dire que tout le monde ne pourra pas rouvrir leurs stations parce que le prix des produits pétroliers a grimpé. Et nous avons prévu que beaucoup de propriétaires décapitalisés ne pourront plus continuer à fonctionner. L’Etat a promis une aide qui tarde à venir.  Mais aussi, il y a des stations qui sont fermées en attendant le prochain stock », a-t-il élucidé.

 Crise de carburant : « Nous ne sommes pas totalement sortis du gouffre »

« Nous ne sommes pas sortis du gouffre totalement en dépit du fait que les produits pétroliers ne sont plus subventionnés. N’oubliez pas que nous achetons le carburant en dollars alors que l’on vend en gourde, trouver des devises pour acheter à nouveau reste un défi. Etant donné que les compagnies pétrolières ont un partenaire clé, l’Etat haïtien, je souhaite qu’ils se mettent ensemble à travers la Banque centrale pour éviter une rupture de stock à l’avenir. », a proposé M. Dériphonse.



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