Tourner en rond autour d’une crise à cause de l’attraction du désastre

Publié le 2022-11-11 | lenouvelliste.com

Le gouvernement haïtien tourne en rond autour des problèmes du pays. Après avoir demandé des sanctions contre ceux qui empêchent la démocratisation du pays, sèment ou alimentent les troubles, le premier ministre Ariel Henry ne sait quoi faire de ceux qui sont indexés.

Le gouvernement haïtien ne sait pas non plus quoi faire avec sa demande d’envoi d’une force spécialisée armée. La résolution en discussion devant le Conseil de sécurité des Nations Unies a du plomb dans l’aile et les responsables haïtiens se taisent.

Au Canada aussi les dirigeants tournent en rond autour de la crise haïtienne et des solutions possibles. Le premier ministre Justin Trudeau enchaîne les réunions. Les Canadiens redécouvrent la PNH et ses problèmes. Si eux qui financent, équipent, accompagnent l’institution depuis sa naissance ont tant de difficultés à se décider, le cas doit être encore plus grave qu’on le craint.

Dans la liste des tourneurs en rond, il y a la classe politique. Après les sanctions contre ministres, élu et présidents de partis politiques, les porteurs d’accord gardent un silence embarrassé. Que faire de ses alliés ? Comment laisser tomber un allié ? Quel sera le coût d’un appui à l’infini à un allié sanctionné ? Ces trois questions sont aussi bien pour l’opposition que pour le gouvernement.

Les gangs aussi tracent le même cercle depuis des mois. Celui de la violence aveugle et des exactions contre la population. Si les politiciens n’arrivent pas à dialoguer entre eux, les gangs peinent à laisser le chemin sanglant du deuil pour passer à l’autre chose. L’attraction du désastre attire les acteurs de la crise haïtienne comme les lampes attirent les papillons.

Ce samedi, si tout se passe comme prévu, le carburant refera son retour dans les stations-service. Cette activité banale sera un exploit si tout se passe bien.

Les marchandises recommencent à sortir de douane. De plus en plus d’écoles, dans les petites villes, offrent des cours aux enfants. On circule à nouveau sur les routes nationales. Tous ces petits pas fragiles sont suspendus aux prochaines décisions du gouvernement, des gangs, des hommes politiques et de la communauté internationale.

La situation est fragile et si tous les acteurs continuent de tourner en rond autour de la vraie crise on reviendra très vite aux blocages et à la violence.



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