Carburant : GHESKIO entre difficultés et résistance

Les centres GHESKIO, principale institution impliquée dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA et/ou la tuberculose, sont gravement touchés par les multiples crises qui secouent le pays depuis plus d'un mois, dont la pénurie de carburant. Dans une entrevue accordée à Le Nouvelliste, le Dr Jean William Pape présente les efforts consentis par son staff pour essayer de tenir bon malgré les difficultés.

Publié le 2022-09-30 | lenouvelliste.com

À l'instar de multiples institutions sanitaires, les centres GHESKIO réduisent considérablement leurs heures de travail, à force que les crises, peyi lòk et pénurie de carburant, prennent de l'ampleur dans le pays. « Notre personnel n'arrive pas à se déplacer normalement pour venir travailler, cela affecte le fonctionnement des différents centres», rapporte le directeur des centres GHESKIO, le Dr Jean William Pape.

Les centres GHESKIO reçoivent en moyenne 10 000 patients. Avec la pénurie de carburant, le nombre varie entre 600 et 800 patients. « Sans oublier les 3 000 patients souffrant de maladies chroniques, dont des problèmes cardiaques», s'inquiète le Dr Pape.

Des patients et professionnels de la santé se trouvent confinés chez eux depuis plus de deux semaines. Le transport en commun est paralysé et, quand il est disponible, les courses se paient au prix fort, dépassant largement le salaire des employés. « Les patients vivant avec le VIH/SIDA, la tuberculose et les maladies cardiaques doivent obligatoirement recevoir les médicaments au risque de voir leurs situations s'aggraver », reconnaît le Dr Jean William Pape, qui évoque également des difficultés à réaliser certains tests importants.

Cependant, par-delà les difficultés, les centres GHESKIO avaient pris et continuent de prendre des dispositions afin de venir en aide aux patients. « Nous avons des centres d'urgence qui continuent de fonctionner au sud de la capitale, en plaine et dans de nombreuses zones difficiles d'accès », informe le Dr Pape.

« Nous avons un staff héroïque qui permet aux centres GHESKIO de résister en ces moments compliqués. Personnellement, je n'arrive pas à honorer les sollicitations qui nécessitent un déplacement en dehors du pays. Nous sommes en crise, je dois être là pour accompagner les efforts de mon staff », témoigne le Dr Jean William Pape, qui avoue mettre tout en œuvre pour ne pas perdre les progrès constatés dans la prise en charge des tuberculeux et des personnes vivant avec le VIH/SIDA.



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