Les arbres comme barricades, " une déclaration de guerre à la nature "

Publié le 2022-09-30 | lenouvelliste.com

Depuis plusieurs semaines, le pays vit un nouvel épisode de " peyi lòk ". Les routes nationales et internes, à travers tout le territoire, sont barricadées. Pour mettre en place ces barricades, on utilise un peu de tout. Pierres, tessons de bouteille, carcasses de voiture... Troncs d'arbres. L'utilisation de ces derniers se révèle une attaque contre l'environnement, soutient l'agronome Garry Alliance.

Ce jeudi, au carrefour Dufort (Léogâne), un acajou abattu par les riverains était remarqué au travers de la voie publique. Une patrouille de police tentait de se frayer un chemin. Les agents de l'UDMO ont contraint les passants à mettre la main. « Ils écoutent des ennemis du pays qui les poussent à se combattre eux-mêmes »,  a lâché l'un des policiers face à l'impossibilité de faire bouger l'obstacle. 

Un tronc d'arbre sur la route, c'est une forme de barricade très courante ces dernières semaines. « C'est une déclaration de guerre à la nature . Je suis offusqué de constater que c'est à notre environnement immédiat que nous nous attaquons, alors que nous devrions nous comporter en citoyens écologiquement responsables, même en temps de lutte », s'est indigné M. Alliance.

Quand on fait du mal à la nature, elle réagit férocement et nous fait pleurer, a rappelé l'agronome. Garry Alliance a souligné que les arbres sont nos puits d'oxygène et nos boucliers. « Les conséquences à envisager sont l'érosion, les inondations, donc la destruction de nos jardins, de nos maisons, des pertes en vie humaine et animale ", a mis en garde Garry Alliance.

« Déjà, nous assistons à des impacts de la coupe excessive des arbres sur la nappe phréatique. C'était plus facile de trouver l'eau en creusant la terre quand le centre-ville de Léogâne était boisé », a fait remarquer M. Alliance, qui a invité les protestataires à penser en dernier aux arbres pour placer des barricades.



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