Haïti : Y a-t-il un pilote dans l’avion, une tour de contrôle ou des loups-garous sur la piste ?

Publié le 2022-09-22 | lenouvelliste.com

« Nous avons beaucoup de mal à nous déplacer en province pour alimenter nos antennes en diesel. Impossibilité de laisser PAP pour le grand nord et le grand sud. En plus de ça, les coupures de fibre optique sur la RN2 continuent à affecter la Grand'Anse. À PAP les choses avancent. »

Celui qui a posté ce message sur Twitter est Maarten Boute, figure la plus emblématique de la Digicel, l’une des plus importantes entreprises d’Haïti.

Ce message aurait pu être posté par n’importe quel chef d’entreprise en Haïti. Un petit détaillant, un madan sara, la première banque du pays ou un simple citoyen.

Les contraintes de circulation sont les mêmes pour tout le monde en Haïti, ce 22 septembre 2022.
« Nous avons perdu le contact avec le centre de détention ».

Celui qui a expliqué au Nouvelliste la situation dans la prison la plus moderne d’Haïti est le directeur de l’administration pénitentiaire, inspecteur général de la Police nationale d’Haïti, Pierre René François.

La police, au plus haut niveau, n’avait pas plus d’information ce jeudi après-midi que le commun des mortels ayant accès aux réseaux sociaux pendant qu’on parlait d’un poste de police incendié et d’une évasion à la prison civile de Cabaret attaquée et vidée de ses pensionnaires.

L’institution la mieux armée de la République n’avait plus les moyens de communiquer avec ses troupes sur le terrain. Le peyi lòk des derniers jours a mis à plat son réseau de communication interne.

Le plus grand centre de stockage de produits pétroliers du pays est inaccessible depuis des jours. Des écoles par dizaines ont été pillées. Un important poste de douane attaqué. Des succursales de banque vandalisées. Les plus importantes ONG sont pillees. Des villes de province sont coupées du reste du pays. Par million des Haïtiens rejoignent la pauvreté et l'insécurité alimentaire.

Depuis deux semaines, on peine à faire le décompte des victimes de toutes sortes qui rejoignent les statistiques des attaques contre les vies et les biens. On ne tente même pas de tenir le décompte, en fait.

Le gouvernement en place, ses opposants et ses alliés de la communauté internationale se cachent derrière leur petit doigt quand il faut chercher des solutions, stopper ou ralentir la dégradation générale de la situation. Ils laissent faire.

Après avoir provoqué, accompagné ou alimenté le grand désordre, comme le président Jovenel Moïse avant eux, ils inventent des boucs émissaires sans les identifier formellement.

La question n’est plus: y a-t-il un pilote dans le cockpit de l’avion Haïti ou une tour de contrôle pour nous éviter la catastrophe, mais qui sont ces zombi riches et puissants qui nous mangent notre avenir ?

Qui sont ces acteurs politiques d’un nouveau genre que même les USA ou le Canada évitent de dénoncer ouvertement ?

Dans la réalité, il y a un vrai problème de gouvernance en Haïti et de vraies attaques contre la gouvernance de la cité.

Il faut des solutions sur les deux fronts.



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