Haïti entre les projecteurs de l’internationale et l’inaction locale

Publié le 2022-09-21 | lenouvelliste.com

La communauté internationale a remis Haïti dans son agenda après les émeutes des derniers jours.

« Aujourd'hui, j'ai présenté mes excuses à Haïti pour l'assassinat de son président par des mercenaires colombiens », a déclaré depuis New York le président colombien Gustavo Petro. Le chef de l’Etat colombien fraîchement élu a participé à une réunion sur la situation haïtienne, ce mercredi.

Quelques heures auparavant, le président américain avait déclaré : « Nous continuons à nous tenir aux côtés de notre voisin haïtien, confronté à la violence des gangs alimentée par la politique et à une énorme crise humaine, et nous appelons le monde à faire de même ».

« Nous avons encore beaucoup à faire », a dit le président Joe Biden à la tribune des Nations unies, à l’occasion de la 77e Assemblée générale, à New York, mercredi 21 septembre 2022.

En absence du président dominicain Luis Abinader, c’est le ministre des Affaires étrangères de notre voisin, Roberto Alvarez, qui s’est adressé au monde.

Encore une fois, les Dominicains réclament une implication plus grande de la communauté internationale dans la recherche de solutions à la crise haïtienne.

Ce même mercredi, le premier ministre canadien Justin Trudeau a présidé une réunion de plusieurs pays sur Haïti. Une autre rencontre est prévue vendredi.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s’est, lui aussi, prononcé sur la situation haïtienne en prônant un renforcement de la Police nationale d’Haïti.

Alors que l’Assemblée générale des Nations Unies se poursuit toute la semaine à New York, on a appris que le premier ministre Ariel Henry ne s’y rendra pas. Rien n’a filtré sur la ligne que le gouvernement haïtien compte défendre devant la communauté internationale, cette semaine.

Le gouvernement Henry va-t-il poursuivre avec la posture « les Haïtiens peuvent résoudre leurs problèmes » sans chercher à les résoudre vraiment ou va-t-il mettre sur la table de nouvelles propositions, des demandes d’aides concrètes ?

On n’en sait rien.

Aujourd’hui plus qu’hier, les oppositions et le gouvernement en place n’ont jamais paru plus incapables de s’entendre et de proposer des options solides pour amener le pays à bon port.

Rarement oppositions et gouvernement ont été si illégitimes.

Aujourd’hui comme il y a de cela une année, la communauté internationale n’a jamais paru plus hésitante sur la conduite à tenir envers Haïti.

Les jours passent, les problèmes deviennent plus graves, les observateurs avisés savent que la trêve sera de courte durée si rien de solide n’est fait en matière de sécurité, d’approvisionnement en produits pétroliers en ressources de toutes sortes pour permettre aux Haïtiens d’entrevoir des jours meilleurs.

Haïti est sous les feux des projecteurs mais l’inaction domine. Encore. En dépit des discours des uns et des autres.



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