Attendons la facture

Publié le 2022-09-16 | lenouvelliste.com

Depuis le début de la semaine, le pays connaît des jours tristes. Un peu partout dans le pays des scènes de pillage se déroulent. Institutions publiques et privées, organisations caritatives, établissements scolaires, entreprises commerciales de toute taille… sont pillés ou incendiés.

Révolution pour certains, règlements de compte et manifestation de la haine sociale pour d’autres, les événements de cette semaine, qui confirment davantage la faillite de l’Etat, mettent Haïti sous les projecteurs. Ils confirment que le pays est comme un bateau ivre en pleine mer. Le capitaine du bateau et ceux qui l’accompagnent ne se soucient guère du sort des passagers. Pas un mot d'un responsable depuis le début des troubles.

En décidant d’ajuster les prix du carburant, le Premier ministre Ariel Henry savait que le pays allait s’embraser ou il devrait le savoir. Il s’est quand même aventuré sans prendre de précautions et sans se préparer à faire face aux conséquences.

Depuis la décision d’officialiser l’ajustement des prix du carburant à la pompe, le gouvernement se tait face aux violences de la rue. Ceux qui rêvaient de voir le pays à feu et à sang sont servis sur un plateau en or. Eux aussi se taisent.

La communauté internationale qui, semble-t-il, n’avait rien appris du génocide rwandais nous a soigneusement aidés à arriver à ce carrefour. L’Organisation des Etats Américain (OEA), sans langue de bois, l’avait récemment reconnu.

Rien ne prédit la fin de la violence aveugle que le pays connait depuis le début de la semaine. Les entités qui constituent les forces vives de la nation ont brûlé leurs ailes ou sont emportées par la crise quand elles ne sont pas une partie du problème.

On ne compte plus les notes ou appels du secteur privé des affaires et des différentes églises du pays ainsi que les accords sans lendemain paraphés par les partis politiques. Aujourd’hui, le pays n’a ni opposition constituée, ni institution forte capable de faire entendre la raison à quiconque.

Nos amis de la communauté internationale à travers le Core Group et le Bureau intégré des Nations-Unies se sont clairement positionnés en faveur du chaos. Face à un tel tableau, il est difficile, voire impossible de prédire comment les événements en cours vont se terminer.

Une seule certitude, la facture sera salée. On sait aussi que ce sont les plus pauvres qui vont la payer. Sauf si les autorités haïtiennes et leurs alliés, ceux qui détiennent les richesses du pays et la communauté internationale décideraient de regarder le pays avec d’autres lunettes.



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