Un nouveau saut vers l’inconnu

Publié le 2022-09-14 | lenouvelliste.com

Haïti est en train de récolter ce que le gouvernement et ses alliés dans la communauté internationale étaient en train de planter depuis des mois. Pour ne pas aller trop loin, on dirait depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021.

Après cet évènement macabre, la communauté internationale avait imposé sa solution à la crise haïtienne en imposant Ariel Henry comme premier ministre au pays. En 14 mois, le pouvoir en place ne s’est jamais montré capable de soulager les misères de la population haïtienne. Les conditions de vie déjà précaires se sont davantage détériorées. La crise de carburant n’est que la pointe de l’iceberg.

Les manifestations qui s’intensifient cette semaine à travers le pays sont l’expression d’une insatisfaction totale par rapport à l’action gouvernementale. Le Premier ministre Ariel Henry et son cabinet disposent d’un pouvoir absolu vu le dysfonctionnement des institutions de contrôle. Ils n’ont de compte à rendre à personne. Ariel Henry, dès sa prise de fonction, avait trouvé les bonnes stratégies pour mettre hors d’état de nuire les Jovenelistes jugés encombrants, pour apprivoiser les opposants farouches à l’ancien chef de l’Etat et pour placer ses pions dans toutes les sphères importantes de l’Etat. Il avait même trouvé la formule pour augmenter il y a quelques mois les prix du carburant à la pompe sans attirer la foudre populaire.

Malgré tout, le gouvernement n’a jamais pu être à la hauteur des attentes de la population. Le coût de la vie explose, les entrées et sorties de la capitale sont contrôlées par des gangs. Le gouvernement promet d’organiser des élections en vue de doter le pays d’autorités légitimes, mais il ne peut même pas garantir la réouverture des classes. Des tribunaux sont pris en otage ou profanés par des bandits qui mettent au défi un système judiciaire réduit à sa plus simple expression. A Port-au-Prince comme dans ses périphéries, nos routes sont dans un état de délabrement avancé quand elles ne sont pas obstruées par des déchets. Parallèlement, l’insécurité alimentaire gagne du terrain alors que le pouvoir d’achat de la population diminue.

C’est dans ce contexte que le gouvernement annonce un important ajustement des prix des produits pétroliers à la pompe. Contre vents et marées, le gouvernement veut imposer cette mesure. En réaction, des manifestations parfois violentes s’intensifient à travers le pays. Une nouvelle fois, comme il est devenu courant ces dernières années, le pays vogue vers l’inconnu. Ce gouvernement, qui en plus d’un an, n’a pu résoudre aucun de nos problème trouvera-t-il les méthodes pour ramener le calme et imposer sa mesure ? La communauté internationale, alliée fidèle du Premier ministre Ariel Henry, volera-t-elle une nouvelle fois à son secours ?



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