Ariel Henry : « Avant la fin de cette année, nous devons mettre le pays en mode électoral »

Publié le 2022-09-13 | lenouvelliste.com

Un an après la signature de l’accord du 11 septembre, le Premier ministre Ariel Henry s’est adressé à la nation dans un message télévisé tard dans la soirée du dimanche. Dans son allocution, le PM a évoqué les retards dans la mise en œuvre de certains points de l’accord et la nécessité d’adopter une solution de sortie de crise beaucoup plus consensuelle. « Plusieurs signataires de cet accord me reprochent d’avoir mis trop de temps à mettre en œuvre toutes ces dispositions. Ils ont raison. Mais je leur dirai que le but de notre action dans la conjoncture actuelle n’est pas d’obtenir qu’un groupe l’emporte sur tous les autres. L’important plutôt est de rassembler le maximum de nos compatriotes afin de trouver ensemble des solutions durables et de faire en sorte qu’en sortant de cette crise Haïti puisse prendre un nouveau départ et s’engager pour de bon sur la voie de la restauration de la démocratie et de l’État de droit, la revitalisation et la transformation de notre économie », a répondu Ariel Henry.

Le chef du gouvernement a exprimé sa gratitude envers les différents initiateurs de dialogue et a annoncé l’organisation prochaine d’une large table de discussion. « Plusieurs démarches ont été tentées par un groupe réunissant des représentants de l’université, du secteur privé et du secteur religieux et par la commission des signataires de l’accord du 11 septembre. Je veux ici remercier publiquement celles et ceux qui ont pris le temps d’effectuer ce travail patient. Ils ont rencontré toutes celles et tous ceux qui ont bien voulu participer à ces concertations inter-haïtiennes. D’autres initiatives sont aussi en cours. Leur travail devrait nous permettre de prendre les dispositions en vue de convoquer dans les semaines qui viennent un grand "chita tande" susceptible de déboucher sur une entente large, sur la mise en branle du processus devant aboutir à l’organisation d’élections libres, transparentes et inclusives », a annoncé le Dr Henry.

Avant la fin de cette année, soutient le PM, nous devons mettre le pays en mode électoral et permettre à toutes celles et à tous ceux qui veulent prendre la direction des affaires de notre pays de participer à une compétition saine et démocratique. « Je le répète pour tous ceux qui colportent ici et ailleurs que j’ai l’intention de garder le pouvoir, que ceci est faux et ils le savent très bien. N’étaient les tergiversations des uns et des autres, l’action des gangs qui sèment la terreur, et les difficultés à fournir à la police nationale les équipements et le matériel dont ils ont besoin pour agir avec efficacité et rétablir la paix, nous aurions déjà lancé les consultations pour apporter les modifications indispensables à notre Constitution et pris les dispositions pour l’organisation des élections », a fait savoir le Premier ministre Henry.

« Ceux qui ont peur des élections doivent savoir qu’ils n’ont aucune chance de parvenir à la direction de notre pays. En 1987, le peuple haïtien a fait le choix irréversible de la démocratie. Il incombe à toutes celles et à tous ceux qui veulent jouer un rôle politique de se préparer à aller chercher la consécration populaire dans les urnes. Je reste ouvert pour discuter avec tous les démocrates des modalités de mise en place de structures électorales crédibles, impartiales et transparentes », a-t-il poursuivi.

Ariel Henry a remercié les partenaires de la communauté internationale « pour leur support en ces moments difficiles ». Il leur a renouvelé son appel afin d’aider le gouvernement à : améliorer la performance de la Police nationale d'Haïti (PNH) en lui fournissant les moyens adéquats ; à combattre la corruption et les fraudes et à poursuivre les délinquants de tout poil ; à lutter contre les discriminations de toutes sortes ; à envisager la possibilité d’encourager les investissements ; à nous apporter un soutien financier en vue de combattre le chômage et d’améliorer les conditions de vie de la population, et à contribuer à la distribution d’une justice saine et impartiale. « Nous croyons que si la PNH reçoit la formation nécessaire, l’encadrement approprié et les moyens indispensables; elle pourra, dans  un temps raisonnable, assurer la sécurité du pays et la libre circulation des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national », a garanti le chef du gouvernement.



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