Pénurie de carburant, vie chère, démission d’Ariel Henry, Port-au-Prince a manifesté 

Publié le 2022-09-07 | lenouvelliste.com

Plusieurs milliers de manifestants ont gagné les rues de Port-au-Prince ce mercredi 7 septembre. L’occasion pour les protestataires de dénoncer la pénurie du carburant, d’exiger la démission du chef du gouvernement Ariel Henry et de dire non à la politique mise en place par la banque centrale. Des proches de Pitit Desalin, d’anciens alliés d’Ariel Henry et d’anciens opposants à Jovenel Moïse ont été remarqués sur le macadam.

Jean-Charles Moïse a mis le cap sur Port-au-Prince après avoir réalisé plusieurs rassemblements dans la métropole du Nord. Dans ses prises de parole au Cap-Haïtien, Jean-Charles Moïse avait appelé à attaquer les banques qui, selon lui, sont responsables de la dépréciation de la gourde par rapport au dollar. Ce mercredi, l’ancien candidat à la présidence a exigé le retrait de la circulaire 114-2 de la BRH qui stipule que « les banques et les maisons de transfert sont tenues de payer les transferts internationaux en gourdes si le bénéficiaire reçoit le paiement à n'importe quel point de service (succursale, agence, bureau, kiosque) ou sur un instrument de paiement ». « Nous sommes dans les rues pour soutenir les revendications populaires. Haïti doit être un paradis pour tous, et non pour seulement 2% de la population alors que la majorité croupit dans la misère. La mobilisation ne va pas s’arrêter si les revendications ne sont pas satisfaites. Nous exigeons le retrait de la circulaire 114-2, la fixation du taux de change sous la barre de 100 gourdes pour un dollar, la disponibilité du carburant dans les stations et la démission d’Ariel Henry », a déclaré l’ancien maire de Milot Jean Charles Moïse.

Armel Rémy, signataire de l’accord de Montana, présent également dans les rues, a déploré la détérioration des conditions de vie de la population. « Le peuple haïtien ne peut plus supporter cette misère et cette souffrance. Ce gouvernement n’a apporté aucune amélioration face à cette situation. En conséquence, Ariel Henry et son équipe doivent partir et laisser la place à d’autres dirigeants », a-t-il exigé.

« Nous avons faim. Les prix des produits de première nécessité flambent. Nous ne pouvons pas acheter de matériel scolaire pour nos enfants. Le carburant s’achète au prix fort. Nous exigeons le départ du PM Ariel Henry », a, pour sa part, pesté un manifestant, alors que la marche s’approchait de Pétion-Ville.

La manifestation de ce mercredi a démarré à la rue Capois, devant les locaux de l’ambassade de France. Ensuite les protestataires se sont rendus au carrefour de l’aéroport, en passant par Lalue et Nazon. Ils ont également arpenté la route principale de Delmas en direction de Pétion-Ville, la rue Panaméricaine, Bourdon. La police a fait usage de gaz lacrymogène pour repousser des manifestants qui voulaient se rendre dans les parages de la résidence officielle du Premier ministre à Musseau. Les forces de l’ordre ont lancé des grenades lacrymogènes en direction des protestataires qui ont riposté par des jets de pierre. Des protestataires ont également caillassé le local de la Unicarte à la rue Faubert et d’autres entreprises et commerces à Delmas et à Pétion-Ville.

À part la région métropolitaine, des protestations ont eu lieu également dans d’autres villes du pays, notamment aux Cayes, à Jérémie, à Jacmel, à Saint-Marc, à Hinche, au Cap-Haïtien, à Port-de-Paix. Des scènes de pillage ont été rapportées à Jérémie où l’on a recensé également trois blessés. La ville de Port-de-Paix compte également pas moins de trois blessés au cours de cette journée de protestation.



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