Port-au-Prince croule sous les détritus

Publié le 2022-08-31 | lenouvelliste.com

Ces derniers mois, des piles d'immondices sont constatées un peu partout à Port-au-Prince. Même la commune de Delmas, réputée propre par rapport aux autres communes de la région métropolitaine, croule aussi sous les détritus. À Delmas 5, au dos de l'église St-Yves, des piles d'immondices occupent une bonne partie de la chaussée depuis plusieurs jours. Les camions de ramassage de déchets ne sont pas remarqués. 

Le centre-ville de Port-au-Prince, jadis poumon économique du pays, est transformé en un véritable dépotoir de détritus. Les rares venelles qui ne sont pas encore prises d’assaut par les bandits, notamment des pans de la grand’rue, des rues du Centre et des Casernes, croulent sous le poids des immondices. Un amoncellement de boue, de récipients en plastique, d’assiettes en styrofoam et d’autres carcasses sont remarqués dans les parages de la bibliothèque de Saint-Louis de Gonzague et la bibliothèque nationale. Ce même tableau orne l’angle de la grand’rue et de la rue Pavée, à quelques encablures de la Banque de la République d’Haïti. L'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti (HUEH), le stade Sylvio Cator ont eux aussi droit à des piles de détritus comme carte postale.

La situation n’est pas différente dans d’autres secteurs de la région métropolitaine. Les immondices sont omniprésentes. Les rues sont très sales. Le Service national de gestion et de collecte de résidus solides (SNGRS) est aux abonnés absents. Au cours d’une entrevue accordée à la matinale de Magik 9, le ministre de l’Environnement, James Cadet, ministre de tutelle du SNGRS, a révélé que les institutions n'ont pas le matériel nécessaire pour intervenir. Le ministre a évoqué la nécessité d’une synergie entre le SNGRS, le Centre national des équipements (CNE) et d’autres structures gouvernementales afin de relever le défi posé par les détritus dans la capitale.  

Le ministre a par ailleurs souligné la problématique des sites de décharge des déchets comme facteur de l’insalubrité constatée dans les rues. « Ces sites ont été construits en dehors des normes environnementales. Ils ne sont plus adaptées. De plus, les routes d’accès sont contrôlées par des gangs. En conséquence, les compagnies privées de ramassage déversent les ordures dans les rues », a fait remarquer James Cadet.



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