Débat autour du taux de référence

Publié le 2022-08-29 | lenouvelliste.com

Calculé et publié quotidiennement par la Banque de la République d’Haïti (BRH), le taux de référence suscite des controverses ces derniers temps. Lors de la conférence de presse la semaine écoulée, au centre de convention et de documentation de la banque centrale, le gouverneur Jean Baden Dubois a élucidé ce point. « Le taux de référence n’est pas un taux fixé par la BRH. Je ne sais dans quelle langue, dois-je le répéter ?  Le taux de référence est un taux calculé à partir des achats effectués dans le système financier. Il y a aussi un coefficient appliqué pour le segment informel du marché », a soutenu le numéro un du conseil d’administration de la banque centrale.  

« Chaque jour, des personnes disent :  taux de la BRH. Non, ce n’est pas le taux de la BRH. C’est un taux de référence. Il est calculé. Nous prenons en compte tous les achats effectués. Par exemple, si le dollar s’achète à 115 d’un côté et à 120 d’un autre, nous regardons le volume de transactions effectuées à 115 gourdes et celui à 120 gourdes, ensuite nous calculons un taux pondéré.  C’est ce taux qui représente le taux de référence », a expliqué M. Baden.   

Le gouverneur voulait également répondre à toutes les questions que suscite le taux de référence dans l’opinion publique. « Certains disent que le taux de référence est le taux pour effectuer des transactions sur le marché. Non, nous n’avons jamais dit cela. C’est un taux qui est calculé, et c’est ainsi qu’on le communique tous les matins. Nous aimerions bien avoir la capacité de calculer les différents taux sur le segment informel du marché. Nous prenons, à cette fin, des dispositions pour y arriver », a affirmé Jean Baden Dubois, soulignant que le plus important consiste à ramener les transactions sur le marché informel vers le marché formel.

« À cause de l’élargissement du marché informel, beaucoup de transactions se font de gré à gré, constate le gouverneur de la banque centrale.  Ce marché échappe à tout contrôle et chacun peut décider de vendre ses dollars en fonction de ses propres prix. Le plus souvent, ce sont les personnes qui cherchent le dollar qui paient le pot cassé. Ce sont des éléments structurels à adresser. Il ne revient pas uniquement à la BRH de le faire. Il faut une combinaison au plus haut niveau de l’État. C’est un désordre qui doit cesser. »

Dans son émission « Education économique », l’économiste Etzer Emile a abordé cette question récemment. Il a abondé dans le même sens que le gouverneur. « Le taux de référence n’est pas un taux pratique », a argué l’économiste, soulignant que ce taux est utilisé, toutefois, pour payer les transferts en gourdes. Etzer Emile a aussi souligné le fait que le taux de référence est inférieur aux taux pratiqués réellement sur le marché.

Effectivement, la BRH fait exigence aux banques et aux maisons de transferts de payer les transferts en gourdes selon le taux de référence. « Les paiements en gourdes se font au taux de référence du jour de la réception des fonds par le bénéficiaire. Ce taux est publié quotidiennement par la BRH », lit-on dans la circulaire 114-2 qui va connaitre probablement une modification, selon les dires du gouverneur Jean Baden Dubois. Plusieurs taux de change s’appliquent sur le marché des changes, et ceci, même au niveau du segment formel dudit marché. Si le gouverneur parle de l’incapacité de la banque centrale à prendre en compte les transactions effectuées sur le marché informel dans le calcul du taux de référence, il ne dit rien sur le fait qu’une institution financière placée sous son contrôle puisse avoir plusieurs taux de change en même temps.       



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