Qui s’occupe de la formation des prix en Haïti ?

Publié le 2022-08-25 | lenouvelliste.com

La crise économique que vit le pays est multiforme. Elle est alimentée par une multitude de petites ou de grandes crises. Toutes ne concernent pas l’économie mais chacune pèse négativement sur le bilan global.

Si on connaît les grands acteurs et les gros problèmes comme le taux de change ou la mauvaise gouvernance, on ne parle pas assez des derniers maillons de la chaîne : les vendeurs au détail.

Ils et elles vendent du pain, des boissons gazeuses, de la nourriture cuite ou transportent des passagers. Ils sont les amis du quotidien, offrent du crédit et dépannent à toute heure.

Ces agents économiques n’apparaissent pas dans les gros et grands rapports. On étudie rarement leur comportement et leur contribution à la vie chère.

Les âmes progressistes les présentent même comme des victimes du système économique capitaliste.

Et pourtant, chaque jour, sur chaque vente, toute proportion gardée, ils réalisent des profits astronomiques sur l’eau en sachet, sur la bière, sur le sachet de pain, sur le pate kòde, sur l’huile, le riz, le ciment, la course de motocyclette ou de camionnette.

Quand le grossiste ajoute X sur ses prix, le petit détaillant ajoute Y sur l’unité de base.

Il serait intéressant que les institutions chargées de participer à la gestion de l’économie se penchent un jour sur la formation des prix par ces agents économiques libres de toute entrave et les coûts pour le consommateur final, pour les plus petites bourses dans le pays le plus pauvre de l’hémisphère.

Il serait nécessaire aussi que les prix réels des produits, à l’étranger, ex douane et chez les grossistes soient répertoriés quelque part et que ces informations soient disponibles pour les chercheurs, la presse et le grand public.

Haïti, pays le plus libéral de l’hémisphère, pays avec la plus faible pression fiscale de l’hémisphère, est aussi celui qui pratique les prix les plus élevés au détail.

Toute l’économie s’arrange pour fermer les yeux sur cette situation. Chacun s’arrange pour faire le maximum de profit et l'État le plus libéral au monde est fier de gérer l’un des pays les plus pauvres au monde.

Pour le dollar comme pour le sachet d’eau, il faut que la vérité des prix nous épargne des captations assassines.



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