Nouveau carnage à la Croix-des-Bouquets

Publié le 2022-08-22 | lenouvelliste.com

Croix-des-Bouquets a vécu une énième matinée d’horreur, le samedi 20 août 2022. Les premières images, filmées par un policier à bord d’un blindé, glacent le sang. Dévoré par les flammes, s'étale un corps, côté passager, perpendiculaire à une jeep incendiée. 

« An n avanse, an n avanse », s'écrie une voix off. À environ une centaine de mètres, est allongé un autre cadavre. Celui d’un homme, face contre terre, un casque de motard bleu tout près. À moins de dix mètres de lui,  les corps sans vie de deux hommes gisent au sol, au bout de leur sang. Une autre vidéo, filmée par un policier, montre la récupération des cadavres dont celui d’une femme qui porte des tresses. Le dos de cette femme est brûlé par endroits.

En milieu de matinée, une source policière interrogée par Le Nouvelliste a indiqué que huit personnes ont été tuées. « Nous avons trouvé deux corps à proximité du véhicule et un autre à l’intérieur. Nous avons pu identifier deux femmes. Il est difficile d’identifier si l’autre est aussi une femme. Ces personnes ont été tuées à l’entrée de Cité Doudoune, à quelques mètres du pont de Tabarre, jeté sur la rivière Grise. Les trois hommes seraient des chauffeurs de taxi-moto », a confié en off une source proche de la police de Croix-des-Bouquets alors que la photo d’une jeune femme, présentée comme la passagère de la jeep incendiée fait le tour des réseaux sociaux. « Il semble que les bandits ont ouvert le feu de manière indiscriminée sur les passants. Nous sommes arrivés, nous avons vu des morts et des véhicules incendiés », a fait savoir cette source policière, interrogée sur le déroulé du carnage. Cette même source a ajouté que la police se prépare à « entrer à l’intérieur de Cité Doudoune », une des places fortes du gang des 400 Mawozo, traqué par la Police nationale d'Haïti (PNH).

En milieu de semaine, à l’OEA, le ministre des Affaires étrangères, Jean Victor Généus, avait dit attendre l’arrivée de nouveaux équipements pour la PNH. « L’arrivée très prochainement, nous l’espérons, sans nouveaux délais, des nouveaux équipements commandés pour la Police nationale d'Haïti (PNH) va faire la différence », avait confié M. Généus, lors d’une réunion spéciale sur Haïti, au conseil permanent de l’OEA, à Washington, mercredi 17 août 2022, soulignant que par rapport à des gangs, dans certains cas mieux armés que la PNH, il faut « inverser ce déséquilibre ».

« Pour l’instant, notre force de police concentre ses efforts pour la libération totale de l’axe routier conduisant à la frontière avec la République dominicaine. Elle s’attaquera bientôt à dégager et rendre praticable la route nationale numéro 2 à partir de la sortie sud de la capitale en neutralisant les bandits qui la contrôlent actuellement », avait indiqué le chancelier Jean Victor Généus, demandant  « aux pays qui le peuvent de nous appuyer dans le processus d’acquisition de matériel et équipements nécessaires en allégeant les formalités et en en facilitant la livraison ».

Si la PNH marque des points contre le gang 400 Mawozo, elle ne parvient toujours pas à occuper les positions sur lesquelles les bandits ont été chassées. Ce qui laisse la possibilité aux bandits de revenir.

Les faits de ce samedi interviennent aussi alors qu’une « augmentation récente » des armes et des munitions des États-Unis vers Haïti a été signalée par des officiels du département de la Sécurité intérieure des États-Unis.



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