Des cas de spoliation fréquents, Sant Karl Levêque et le MICT tirent la sonnette d'alarme

Publié le 2022-08-12 | lenouvelliste.com

Des actes de spoliation se multiplient un peu partout à travers le pays. À un moment où les gangs cherchent à étendre leurs territoires, des gens se font déposséder de leurs propriétés. Des dénonciations pleuvent. Le ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), ainsi que Sant Karl Lévêque ont appelé les agents exécutifs intérimaires à se démarquer de toute gestion inconstitutionnelle autour des biens privés et du domaine privé de l'État.

Le ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT) dit avoir été touché par de multiples dénonciations venues d'institutions publiques et de particuliers, relatives à la dépossession illégale de biens privés et du domaine privé de l'État. 

Dans cette note, le MICT se dit préoccupé par lesdites plaintes qui portent également sur l'appropriation illégale, par des individus malintentionnés, de matériel appartenant à des institutions étatiques et surtout du fait que des agents intérimaires seraient indexés dans certains cas enregistrés. 

Pour endiguer les conflits, le ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales dit encourager les agents exécutifs intérimaires « à conserver leur intégrité, à protéger et défendre au mieux les intérêts de la population qui attend d'eux des pratiques loyales et une saine administration ».

« Le ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, suite à des plaintes, avise les agents exécutifs intérimaires de se démarquer de toutes gestions inconstitutionnelles autour des biens privés et du domaine privé de l'État », peut-on lire dans la note, qui souligne par ailleurs que les agents exécutifs intérimaires en fonction ne sont plus gestionnaires privilégiés des biens fonciers du domaine privé de l'État. « Cette gestion étant l'apanage de la Direction générale des impôts (DGI). Les agents exécutifs intérimaires ont seulement la prérogative de veiller au bon fonctionnement du processus de la gestion de ces biens », souligne le MICT dans sa note publiée jeudi 11 août.  

Plus loin, le ministère lance un appel à la plus grande vigilance aux représentants de l'exécutif qui sont les délégués, vice-délégués, ainsi que des différentes associations d'élus locaux ( maires, coordonnateurs de casec, Asec, délégués de ville). Ces derniers sont invités également à signaler au ministère, en ce sens, tout cas suspect ou flagrant, pour que les décisions administratives que de droit soient prises contre les fautifs et en particulier des agents qui se seraient rendus complices ou coupables de tels méfaits, enchaîne la note. 

Sant Karl Levêque dénonce la prise en otage de la justice

De son côté, Sant Karl Levêque (SKL), qui dit recevoir diverses doléances, explique que la spoliation est en pleine recrudescence dans des localités comme Croix-des-Bouquets, Tabarre, Pernier, Torcel, entre autres. « La situation se détériore à un point de toucher peut-être l’irrécupérable », s'insurge SKL dans ce communiqué.

« Pour arriver à ses fins, le spoliateur s’appuie sur des groupes armés qui, en plus de lui permettre d’entrer illégalement en possession du bien, peuvent facilement l’aider à se débarrasser physiquement du propriétaire légitime considéré comme un élément gênant », a rapporté Sant Karl Levêque. 

L'organisme de défense des droits humains en a profité pour attirer l’attention de la population et des autorités haïtiennes sur les dégâts causés par les problèmes fonciers existant dans le pays depuis très longtemps.

Sant Karl Levêque dénonce le pourrissement de la situation dans laquelle des individus se servent de leurs accointances avec une autorité politique, judiciaire ou policière, comme lien comme titre de propriété afin de disposer en toute quiétude des biens d’autrui.

Ainsi Sant Karl Levêque évoque le cas du pasteur Alcero Marc Arthur, l'une des victimes de l'insécurité foncière. 

L’organisation de défense des droits humains se dit révoltée sur la prise en otage de « notre système judiciaire par des malfaiteurs en costume et des malfaiteurs aux pieds nus.» D'après Sant Karl Lévêque, l’insécurité foncière fait partie des nombreux phénomènes récurrents qui n’ont malheureusement jamais été correctement abordés. 

Pour l'organisation SKL, cette situation témoigne de la gravité de la faiblesse de nos institutions et ne fait qu’isoler Haïti encore plus en la rendant plus instable.



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