« Les perspectives macroéconomiques et financières indiquent que la période triennale (2023-2025) sera encore un défi », selon Ariel Henry

Publié le 2022-08-09 | lenouvelliste.com

« Les perspectives macroéconomiques et financières indiquent que la période triennale (2023-2025) sera encore un défi », a prévenu le Premier ministre Ariel Henry dans la lettre de cadrage du budget 2022-2023. « Mais, du niveau de nos efforts dépendront nos réussites », a ajouté Ariel Henry avant d’évoquer les projections. « Les projections, tenant compte des priorités gouvernementales et de la volonté d’une mise en œuvre rigoureuse des actions ainsi que de l’évolution de l’environnement international, affichent, en termes de croissance et d’inflation, une augmentation du produit intérieur brut PIB réel de 0.4% en 2022-2023 supportée par la mise en œuvre du PRIPS, de la PNPPS et le rétablissement de la sécurité ; et une moyenne de 1.2% sur les trois années. Une décélération de l’inflation pour se situer à 24.5% en 2022-2023, et à 12.4% en 2024-2025 ; d’échanges extérieurs, une reprise des exportations et des importations découlant de l’amélioration du climat sécuritaire et conséquemment des activités économiques, et un ralentissement de la dépréciation de la gourde à partir des mesures de régulation du marché des changes et des hausses des transferts privés sans contrepartie ; de finances publiques, une pression fiscale de 5.8% en 2022-2023 pour augmenter progressivement jusqu’à atteindre 7% en 2024-2025. La stabilisation du déficit budgétaire à 2.8% du PIB en 2024-2025 à cause des augmentations anticipées des dépenses d’investissements structurants et pro-croissance ; d’indicateurs sociaux, un recul de la pauvreté par l’allocation des moyens importants aux actions sociales au cours des trois prochaines années », a tablé Ariel Henry, qui a souligné que « renouer avec la croissance économique, assurer la stabilité sociale et améliorer les conditions sécuritaires sont des nécessités des plus importantes et constituent nos priorités pour l’exercice fiscal 2022-2023 ».

La stratégie retenue pour le budget 2022-2023 consiste à se concentrer sur l’essentiel afin d’optimiser l’utilisation des ressources et éviter le saupoudrage. Pour ce faire, nous devons améliorer les performances dans la mobilisation des ressources domestiques et la qualité des dépenses publiques de manière substantielle ».

Priorités dans l’allocation des crédits budgétaires

Au niveau de chaque institution publique, nous devons nous focaliser sur les actions susceptibles d’engendrer des résultats rapides et tangibles dans chacun des domaines prioritaires. Les crédits budgétaires doivent être affectés essentiellement aux actions suivantes : l’organisation de la consultation populaire et les élections pour renouveler le personnel politique ; l’implémentation des programmes sociaux du gouvernement, notamment la PNPPS, afin de mitiger les effets de l’inflation sur les plus pauvres, combattre l‘insécurité alimentaire, et ainsi créer les conditions de mise en œuvre de certaines réformes nécessaires ; une intervention dans le financement des campagnes agricoles pour mitiger la hausse anticipée de l’inflation. La mise en œuvre du Plan de relèvement intégré de la péninsule du Sud (PRIPS) après le tremblement de terre du 14 août 2021 ; la lutte contre la contrebande, le financement du terrorisme et le blanchiment des avoirs ; l’extension du programme de départ volontaire à la retraite afin non seulement de moderniser et rajeunir la fonction publique, mais également de contenir les dépenses de traitements et salaires qui pèsent lourdement sur le budget ; la dotation de l’administration publique d’un cadre global rénové intégrant la révision des lois organiques des ministères et des organismes déconcentrés et autonomes pour améliorer les services publics et mieux répondre aux besoins de la population ; la prise en compte de la dimension genre ; la lutte contre la traite des personnes », a détaillé la lettre de cadrage du PM Henry aux ordonnateurs. Le chef du gouvernement a souligné que « la politique budgétaire, dans le cadre du budget programme pluriannuel, sera orientée vers une diminution du financement monétaire afin de faire baisser les pressions inflationnistes et une accélération des dépenses publiques pro-croissance ».

Des objectifs chiffrés

Ainsi la politique budgétaire visera : un plafond du déficit budgétaire de 2.3% du PIB en 2022-2023 et 2.6% en moyenne ; l’extension de l’accessibilité, à partir de l’exercice fiscal 2022-2023, des bons du Trésor aux ménages afin d’avoir un meilleur dynamisme de ce marché ; une réduction des subventions aux produits pétroliers de 15.7% en 2023 et, à terme, leur élimination ; la maitrise des dépenses non essentielles afin de dégager un espace budgétaire pour des dépenses sociales plus importantes, notamment la PNPPS ; une augmentation des dépenses en capital, notamment dans les infrastructures ; des allocations budgétaires significatives au profit des forces de l’ordre pour le rétablissement du climat sécuritaire.

Le gouvernement a fait le choix d’inscrire la gestion budgétaire dans le cadre pluriannuel à partir de l’exercice fiscal 2022-2023, en application de la loi du 4 mai 2016 remplaçant le Décret du 16 février 2005 sur le processus d'élaboration et d'exécution des lois de finances (LEELF). Ainsi, les grandes lignes de la politique budgétaire 2022-2023 de cette lettre de cadrage ont été élaborées dans la perspective d’un budget programme pluriannuel, a écrit Ariel Henry.

La publication du budget sera accompagnée d’un Cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) pour les exercices fiscaux 2022-2023, 2023-2024 et 2024-2025, a indiqué Ariel Henry. « En définitive, indépendamment du moment où nous passerons la main au gouvernement qui sera issu des élections et à la faveur de la sécurité retrouvée, nous devrons tout faire pour rendre possible une forte relance de l’activité économique en encourageant les grands investissements et en facilitant des partenariats publics-privés suffisamment intelligents pour nous permettre de remplir nos engagements envers la population haïtienne tout en tenant compte de nos engagements envers les institutions internationales ».



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