Sud'est

La commune d’Anse-à-Pitres dotée d’un plan de développement

Le Plan communal de développement (PCD), qui nécessite une enveloppe de 3 milliards 114  millions 900 mille gourdes pour sa mise en œuvre, a été remis officiellement le mercredi 3 août 2002 aux autorités communales. Ce plan, qui présente un diagnostic global des ressources, potentialités ainsi que les problèmes auxquels fait face la commune d’Anse-à-Pitres est élaboré par la mairie, avec l’assistance technique du Centre d’appui et développement local (CATEDEL).  

Publié le 2022-08-11 | lenouvelliste.com

« Le présent PCD est le cadre qui définit les mécanismes de promotion et les modalités de gestion du projet de société de la commune d'Anse-à-Pitres pour les cinq prochaines années (2022 à 2027) », lit-on dans ce Plan communal de développement, présenté comme un travail participatif ayant bénéficié du support de toutes les couches de la population d’Anse-à-Pitres, l’une des principales communes haïtiennes situées le long de la frontière de 380 km qui sépare Haïti et la République dominicaine.

« Le processus qui mène à l’élaboration du PCD et son aboutissement est dû  aux efforts de la mairie, des CASEC et ASEC des deux sections communales, des organisations communautaires de base et des structures faîtières apparentées les plus représentatives, des notables, des leaders communautaires et religieux », s’est félicité l’un des membres du conseil communal, Michelet Louis, à la cérémonie de remise du document qui s’est déroulée en présence des principales autorités du Sud-Est, notamment le secrétaire de la délégation du Sud-Est, Frantz Magellan Pierre-Louis, et le représentant du ministre de la Planification et de la Coopération externe, l’ingénieur Jean Michel Leroy. À présent, a-t-il poursuivi, la porte est fermée au désordre des ONG (organisation non gouvernementale) qui font des interventions sans consultation au préalable à la mairie.

De son côté, l’agent exécutif intérimaire Bruno Harry estime qu’il est temps d’arrêter de signer des accords avec les ONG au niveau central sans contacter les mairies qui vont se trouver en porte-à-faux face à ces ONG. Pour lui, le PCD offre la possibilité de résoudre ce problème.

Des propositions de solutions aux problèmes identifiés :

Sur le plan administratif, informe le Plan communal de développement (PCD), Anse-à-Pitres fait partie des quatre communes de l’arrondissement de Belle-Anse. Aussi est-elle constituée de deux sections communales : Boucan-Guillaume et de Bois d’Orme, établies respectivement sur 12 742,8 ha et 5 516,34 ha de superficie. « À la lumière des informations recueillies, confirmées par des notables de la ville, Anse-à-Pitres fut élevée au rang de commune en septembre 1912 », précise le document.

Selon les données de l’IHSI (2015), la commune d'Anse-à-Pitres dispose d’une population estimée à environ 43 000 habitants, dont 49,48 % de femmes (Réf. tableau 1). Cette population est repartie sur une superficie estimée à 182,59 kilomètres carrées, soit sur une densité de 165 habitants/km2.

En termes d’infrastructures, lit-on dans le document, la commune n’a pas de système de canalisation et d’adressage des rues et des maisons. Bien que la mairie soit dotée d’un service de génie municipal, il n’existe aucun plan d’urbanisation et de lotissement élaboré à leur profit. « L’absence de ces instruments d’orientation stratégique donne lieu à l’augmentation des constructions anarchiques », précisent les auteurs dudit document, élaboré selon une approche de participation représentative et inclusive.

Contrairement à beaucoup d’autres zones du pays, selon des données datées de 2005 fournies par le Centre national d’information géospatiales (CNIGS), la commune d’Anse-à-Pitre ne constitue pas une zone à fortes potentialités agricoles. Cette situation traduit la tendance au faible développement des activités liées à l’agriculture au niveau de cette commune.

Qu'en est-il sur le plan éducatif ? 90 écoles, dont 14 sont des institutions publiques soit 15% de l’offre scolaire avec deux écoles publiques à gestion communautaire (EPGC), 11 écoles de kindergarten, ont été recensées dans le cadre de ce travail. « De cette offre scolaire, 5 d’entre elles offrent des formations de niveau secondaire soit un total de 5% », précise le document. Il a par ailleurs souligné qu’Anse-à-Pitres ne dispose pas de centre de formation universitaire. Les particuliers qui veulent poursuivre leurs études supérieures se trouvent dans l’obligation de se rendre à Port-au-Prince.

Dans le domaine de la santé, on recense cinq centres de santé opérationnels au niveau de la commune d'Anse-à-Pitres dont le centre de santé du centre-ville, de Platon Cèdre (section Bois-d’Orme), de Jéricho (Bois-d’Orme), du quartier Banane (Section Boucan-Guillaume) et le dispensaire médical Sainte-Thérèse (centre-ville). Ils sont tous publics à l’exception du centre Sainte-Thérèse.

Le manque de ressources humaines qualifiées et de matériel de travail limite la capacité d’intervention du centre en cas de graves complications. « En pareille circonstance, les patients sont référés à l’hôpital Saint-Michel de Jacmel, à Pedernales (République dominicaine) ou à Port-au-Prince », souligne le document.

Le secteur industriel à Anse-à-Pitres, quant à lui, est caractérisé par la présence d’une seule institution qui œuvre dans le domaine de l’agro-industrie. Il s’agit de la Coopération des Coopératives des planteurs de café de l’arrondissement de Belle-Anse (COOPCAB). Fondée en mai 1999, cette faîtière de 10 coopératives issues toutes de l’arrondissement de Belle- Anse cherche à stimuler la production du café en favorisant l’accès au crédit des producteurs et l’acquisition du matériel pour les coopérateurs membres.

Pour chaque problème identifié, le Plan communal de développement propose l’action à prendre pour le résoudre. « Le Plan communal de développement de la commune d’Anses-à-Pitres sera mis en œuvre par le conseil municipal, avec l’appui du gouvernement de la République, des partenaires techniques et financiers de la commune, toutes les autres structures prévues par la loi ainsi que les forces vives de la commune », a fait savoir le conseil municipal formé de Harry Bruno (maire principal) Michelet Louis, (maire adjoint) et Lydie Gabriel (mairesse adjointe) dans un arrêté communal en date du 27 avril dernier.

Les préoccupations en lien aux mécanismes de transfert intra/intergénérationnel, à la résilience climatique sur des angles multisectoriels (selon une dynamique holistique), à la responsabilité des entreprises (RSE), à la prise en compte des principes de sauvegarde sociale et environnementale – et des sensibilités en rapport à l’intégration de la dimension genre et de « Conception universelle / Aménagement universel » sont bien au cœur de la démarche de production participative dudit PCD.

À rappeler que le processus consultatif qui a conduit à la formulation du Plan communal de développement d’Anse-à-Pitres a été encadré par une firme haïtienne, la Cellule d’appui technique en développement local (CATEDEL), dans le cadre de l’implémentation du Projet Appui à la gouvernance territoriale et du développement local (AGLDT) mis en œuvre par le Ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), l’Office de management et des Ressources humaines (OMRH), cofinancé par le gouvernement haïtien, le gouvernement canadien et le bureau  pays du PNUD.



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