La police s’occupe des gangs, qui s’occupe du reste?

Publié le 2022-08-05 | lenouvelliste.com

La Police nationale d’Haïti se fait visiblement une santé dans la bataille contre les gangs armés à travers le pays. Depuis le début de la semaine, les autorités policières ne font pas de gymnastique pour présenter le bilan de leurs opérations anti-gangs. Pour une rare fois depuis le début de la vague des cas de kidnapping  dans la zone métropolitaine, la police a libéré des victimes dans le fief de l’un des plus puissants gangs du pays. Les efforts des policiers sont salués sur les réseaux sociaux, dans les médias, voire dans les cercles de discussion. La police va-t-elle jusqu’au bout dans cette bataille ?

Si les choses commencent à bouger dans le bon sens dans la lutte contre les gangs, dans d’autres domaines l’inquiétude monte. La dépréciation de la gourde par rapport au dollar américain est devenue un problème majeur ces derniers jours. Le dollar s’échange jusqu’à 150 gourdes sur le marché informel. Le plus inquiétant, reste le silence des autorités économiques. La banque centrale et le ministère de l’Economie et des Finances n’annoncent aucune mesure pour faire face à la situation. Entre-temps, le coût des produits de première nécessité explose sur le marché. Les salariés s’appauvrissent de plus en plus. On peut imaginer la situation des chômeurs qui constituent le gros de la population.

Faut-il s'attendre à une surprise sur le marché des changes comme le réveil de la police dans la lutte contre les gangs ? On ne sait pas à quoi s’attendre dans les prochains jours. Un fait est cependant certain : le gouvernement doit faire quelque chose pour stopper l’hémorragie de la gourde. Sauf s’il s’agit d’un choix économique. Cela exigerait cependant des mesures pour atténuer les effets d’un tel choix sur les consommateurs.

À côté de la dépréciation de la gourde, il y a la persistance de l’indisponibilité des produits pétroliers à la pompe. Si le précieux liquide est disponible à profusion sur les trottoirs, la majorité des stations d'essence dans la capitale sont hors service à longueur de journée. Le ministère du Commerce et de l’Industrie, qui annonçait des mesures contre la vente illicite des produits pétroliers, semble  baisser les bras. La police, qui court après les gangs, ferme les yeux sur le phénomène. La justice de son côté a confirmé qu’elle est inexistante dans la capitale haïtienne. En plus, elle est en vacances officiellement.

Si l’insécurité reste le souci majeur de la population haïtienne, elle n’est pas cependant le seul problème qui mérite d’être abordé. Sortir le pays du bourbier exige que toutes les autorités du pays, dans leurs secteurs respectifs, se mettent au travail. Il y a urgence d’agir dans les tous les domaines.



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