Mario Andrésol: « Haïti doit avoir une discussion sincère avec l’international sur la sécurité »

Publié le 2022-08-03 | lenouvelliste.com

L’ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti Mario Andrésol a donné son point de vue sur la situation sécuritaire du pays à la matinale de Magik9 le mardi 2 août 2022. L’ancien DG s’est gardé de proposer des formules pour rétablir la paix, arguant que de l’extérieur étant, certaines réalités de la police peuvent échapper à sa compréhension. Toutefois, d’un point de vue général, Andrésol croit que la situation actuelle est grave et exige des réponses appropriées. L’ex-mnuméro un de l'institution policière ajoute également que le problème dépasse la police. « La situation est grave et alarmante. En conséquence, la police est toujours dans l’urgence et ne peut pas intervenir dans la prévention. Aujourd’hui, le problème dépasse la police et relève de l’armée ou d’une autre entité. Nos policiers n’ont pas le type d’entraînement pour faire face à la situation »,  fait-il remarquer. 

Mario Andrésol pense que le problème se caractérise par l’occupation du territoire par des groupes armés. Selon M. Andrésol, on est confronté à un problème de sécurité nationale qui requiert l’intervention d’une force militaire. « Les solutions doivent passer par la tactique et les stratégies. Les solutions existent. Elles ne vont pas provenir de l’international. Il faut des moyens adaptés à la réalité », persiste-t-il.

Plus loin, l’ancien DG propose d’inclure les membres de l’armée d’Haïti dans la solution. « On peut fusionner les deux corps. Pourquoi pas ? De toute façon, la décision revient aux Haïtiens. On peut former une force de sécurité qui ne s’appellera pas PNH ou FAD'H. Dans cette force, on pourra créer des unités spécialisées pour mener certaines opérations. Si l'on ne veut pas utiliser cette approche, on peut aussi mobiliser l’armée pour qu’elle vienne en aide à la police », suggère-t-il. 

Parce qu’il y a des contentieux non vidés, la communauté ne coopère avec avec les FAd'H en ce qui concerne la sécurité. Pour Andrésol, il revient aux Haïtiens de rétablir cette confiance entre les pays amis d’Haïti et les appareils sécuritaires en Haïti, notamment l’armée. « Il faut des interlocuteurs sérieux pour convaincre la communauté internationale. Les pays amis peuvent avoir leur agenda, mais je ne pense pas qu’ils soient confortables avec cette situation de chaos. Ils veulent le rétablissement de la sécurité et l’organisation des élections. Partant de ce principe, il faut quelqu’un qui puisse aborder les problèmes de sécurité avec l’international afin d’indiquer ce que nous voulons faire ici. Mais cet interlocuteur doit être sérieux, sincère, qui maîtrise son sujet et qui peut rétablir la confiance », souligne-t-il. 

Par ailleurs, Mario Andrésol estime que la société dans son ensemble doit faire pression sur les autorités afin qu’elles apportent des solutions. « Le sentiment de révolte n’anime plus les Haïtiens. Tout le monde se terre. Sinon, la situation aurait déjà changé. Les citoyens peuvent s’entendre pour forcer les autorités à agir », soutient-il. 



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