Incendie à la cathédrale de Port-au-Prince, située en zone de guerre entre gangs

Publié le 2022-07-27 | lenouvelliste.com

Un incendie s’est déclaré ce mercredi à la cathédrale transitoire de Port-au-Prince. Cet édifice de l’église Catholique est situé à la rue Dr Aubry, au centre-ville de Port-au-Prince où des gangs du G9 et celui du Bel-Air font parler la poudre depuis plusieurs jours. Au début du sinistre des alertes ont été lancées par des responsables et proches de l’Eglise. Les pompiers ont pu circonscrire le fléau.  

Contacté par Le Nouvelliste, le père Marc Henry Siméon, porte-parole de l’archidiocèse de Port-au-Prince, a indiqué au journal que le feu a été circonscrit grâce à l’intervention des sapeurs pompiers. « A cause des tirs dans la zone, les pompiers ont éprouvé des difficultés pour se rendre sur les lieux. Ils ont pu quand même intervenir et éteindre les flammes. Mais on dénombre des dégâts. Des impacts de balles sont remarqués sur le bâtiment. On a brisé une partie de la façade de l’église. Ils ont brûlé les portails d'entrée et les portes latérales donnant sur la rue Saint Laurent. Ils ont brûlé plusieurs bancs à l’intérieur de l’église et une partie du plafond », a rapporté le prélat.

Le père Marc Henry Siméon n’était pas en mesure de préciser quels sont les auteurs de cette attaque sur la cathédrale. « Tout ce que l’on sait c’est que cet espace est contrôlé par des bandits qui sont en guerre au centre-ville », a-t-il fait savoir.

« Je ne sais pas pourquoi la cathédrale a été ciblée. Peut-être qu’on est une victime collatérale, peut-être qu’il y a un motif bien précis. Nous attendons les conclusions des autorités policières et judiciaires avant de nous prononcer », a-t-il ajouté. 
 

"L'Archevêché de Port-au-Prince remercie tous ceux qui ont manifesté leur proximité à l'endroit du clergé de la cathédrale, ainsi que les forces de police et les pompiers qui nous ont aidé à sauver l'édifice de la cathédrale transitoire. Nous attendons des autorités une enquête sérieuse afin de retrouver et punir les auteurs de cet incendie", peut-on lire dans une note d'information de l'archevêché, transmise au Nouvelliste. 

Pour le porte-parole de l’archidiocèse de Port-au-Prince, cette attaque contre la cathédrale s’inscrit dans la situation générale de violence et d’impunité. « Les bandits opèrent et agissent en toute impunité. Ils se permettent tout et n’importe quoi. Dimanche dernier, des bandits sont entrés dans une église pour capturer un policier, avant de l’abattre et de mettre en scène leur barbarie. Les bandits se permettent de défier l’autorité de l’Etat qui, malheureusement, n’est pas en mesure de rétablir l’ordre », constate-t-il. 

L’archevêché de Port-au-Prince est abandonné depuis plus d’un an au bas de la ville. Père Marc Henry Siméon a justifié cette décision à cause de la situation d’insécurité qui règne dans les parages. « On a dû déplacer provisoirement une partie de nos services administratifs afin de garantir la sécurité du personnel. Souvent, nos bureaux sont atteints par des projectiles. Toutefois, nous maintenons les cultes au niveau de la cathédrale et il y a une partie de nos services qui sont offerts », a indiqué le révérend père Siméon, porte-parole de l’archidiocèse de Port-au-Prince. 

Le centre-ville de Port-au-Prince est le théâtre de scènes de guerre entre gangs armés depuis plusieurs jours. La coalition de gangs dénommée G9 tente d’envahir le quartier du Bel-Air, contrôlé par un gang armé proche de la coalition dénommée G Pèp. Cette situation provoque des épisodes de panique dans plusieurs secteurs de la capitale. Le bilan de ces affrontements n’a pas encore été communiqué. Mais pour l’heure, des balles perdues ont atteint des riverains de plusieurs quartiers. Les activités formelles et informelles sont influencées par cette situation de tension au bas de la ville-capitale.



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