L’accord de la Primature est « caduc », selon Liné Balthazar président du PHTK

Le président du parti politique PHTK, Liné Balthazar, dit prendre acte de la caducité de l’accord du 11 septembre, dit accord de la Primature, initié par le chef du gouvernement Ariel Henry. Le délai d’application de cet accord est épuisé, a-t-il soutenu, soulignant qu’aucun point de cet accord n’a été mis à exécution.

Publié le 2022-07-26 | lenouvelliste.com

« Le PHTK se considère toujours comme signataire de l’accord du 11 septembre et nous nous réclamons du contenu de l’accord, mais nous sommes conscients aussi que l’accord du 11 septembre est caduc depuis un certain temps puisque les personnes qui devraient le mettre en application ne l’ont pas fait », a expliqué Liné Balthazar, président du PHTK durant sa participation à l’émission ‘’Panel Magik’’ sur Magik9 ce mardi 26 juillet.

« Cet accord est basé sur un ensemble d’activités qui devait se réaliser suivant un calendrier précis. Ce calendrier devrait être terminé par l’organisation des élections dans le pays à la fin de l’année 2022 afin d’installer de nouveaux élus à la tête du pays au début de 2023. Aucun point de l’accord n’a été appliqué, ni au niveau du contenu des activités encore moins dans les séquences préalablement définies », a-t-il fait savoir.

Durant les périodes de transition, il y a toujours un accord politique formel qui les cadre au profit d’un retour à l’ordre constitutionnel, a indiqué M. Balthazar, qui souligne que l’accord du 11 septembre poursuivait ce même objectif. « L’accord du 11 septembre avait balisé la transition d’Ariel Henry en mettant comme provision un organe de contrôle chargé de réguler les actions du gouvernement. Ce qui n’a pas été fait. L’accord avait aussi prévu la mise en place d’un Conseil électoral provisoire une semaine après la signature de l’accord. Ce CEP n’a jamais été monté. Il s'agissait d'un ensemble d’activités visant à faire l’audit de l’ONI pour s’assurer que le système d’identification du citoyen soit valable. Cet audit n’a pas été réalisé. En plus, nous avions prévu d’organiser les élections à partir de décembre 2022. Nous sommes plus dans le temps imparti pour réaliser les élections. Voilà pourquoi nous disons que l’accord est caduc », a insisté le dirigeant politique qui dit croire qu'« à partir du moment où le Premier ministre, dans son adresse à la nation, a dit être à la recherche d’un nouvel accord  avec d’autres groupes politiques en citant des points spécifiques qui devraient faire l’objet de cet accord , il considère lui-même que l’accord du 11 septembre est caduc».

Actuellement il n’y a aucun cadre politique jalonnant la transition, selon M. Balthazar. « Nous n’avons pas de référence constitutionnelle, de loi ou d’accord politique. L’actuel gouvernement dirige le pays suivant ce qu’ils ont en tête. Il n’y a aucun cadre politique ni consensus qui puisse baliser les actions politiques du gouvernement. Personne ne sait quand il partira ni ce qu’il fait ni le calendrier d’exécution qu’il s’est fixé. La seule chose, c’est que l’accord du 11 septembre qui avait prévu de baliser la transition est caduque. Personne ne peut parler de l’accord du 11 septembre si ce n’est pour dire qu’ils ont été signataires d’un accord qui n’a pas été appliqué », a tranché M. Balthazar.

Transition : le dialogue est primordial, mais le dialogue est périlleux

Le PHTK prend ses distances par rapport aux démarches de dialogue initiées par les signataires de l’accord du 11 septembre. « Le PHTK ne va intégrer aucune activité semblable à du marketing politique qu’autre chose. D’autant plus, les personnes qui l’initient se donnent des pouvoirs qu’ils n’ont pas en réalité. Ils se considèrent comme pures, sans tâche et désignent le PHTK comme l'ennemi historique. Pour le moment, c’est le PHTK ensuite se sera Fanmi Lavalas, Pitit Dessalines… Le PHTK ne va s’associer à aucune activité politique sans lendemain. Il faut accepter que le pays est malade et que toutes les forces politiques de ce pays doivent être impliquées dans la recherche de solution parce que toutes ont été responsables à un certain moment ou à un autre. Nous avons une responsabilité dans la faillite totale du pays. Pas question de faire la chasse aux sorcières », a revendiqué Liné Balthazar.

« La commission de dialogue du 11 septembre composée notamment des personnalités politiques du gouvernement n’a aucune chance d’aboutir à un dialogue », a prévenu Liné Balthazar. Il encourage le Premier ministre Ariel Henry à engager un vrai dialogue afin de mieux encadrer la transition.  « Si le Premier ministre tient à assumer la transition, il devra trouver un accord avec les forces politiques pour encadrer la transition afin de ramener le pays à la normalité institutionnelle, constitutionnelle et  le remembrer sur le plan de l’ordre républicain », a préconisé le dirigeant de parti ajoutant que « tout pouvoir de transition a toujours le souci de ramener le pays à la normalité constitutionnelle en faisant des élections pour placer des dirigeants légitimes. »

« Le Premier ministre Ariel Henry a beaucoup plus besoin d’un accord que le président Jovenel Moïse n’en avait besoin parce qu’il n’a pas été élu. Il doit trouver un accord politique lui permettant d’entreprendre certaines initiatives jusqu’à la transmission du pouvoir vers des dirigeants légitimes », a conseillé Liné Balthazar tout en rappelant les difficultés auxquelles la population est confrontée, notamment la montée vertigineuse de l’insécurité.

Germina Pierre Louis



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