L’eau revient dans plusieurs communes de la Grand’Anse

La Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (DINEPA), le Community organized relief effort (CORE) et les autorités locales des communes de Moron et de Chambellan ont procédé, le 20 juillet 2022, à l’inauguration de trois systèmes d’adduction d’eau potable dans ces deux communes. Avec ces infrastructures, l’on met ainsi un terme au calvaire de la population de ces contrées qui parcouraient des kilomètres pour trouver de l’eau.

Publié le 2022-07-26 | lenouvelliste.com

C’est un ouf de soulagement pour les populations de Moron et de Chambellan du département de la Grande-Anse. L’eau coule à nouveau dans leurs robinets. Les trois systèmes desservant ces deux communes : un à Moron et deux à Chambellan, ont été complètement endommagés bien des mois avant le tremblement de terre du 14 août 2021 et sont devenus totalement obstrués et donc dysfonctionnels lors du cataclysme. Recevant un financement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), le CORE a rapidement monté un projet de concert avec l’Office régional de l’eau potable et de l’assainissement (OREPA) du Sud afin de réparer ces trois systèmes et sept autres dans le département de la Grand’Anse.

Depuis ces inaugurations, l’eau est distribuée à la fois dans les kiosques et dans les robinets privés de ces deux communes via des réseaux de distribution s’étendant sur plusieurs kilomètres. La gestion de ces nouveaux systèmes de distribution d’eau est confiée aux Comités d’alimentation en eau potable et assainissement (CAEPA), des structures déconcentrées de la DINEPA assurant la gestion des petits systèmes alimentant des agglomérations dont la population est inférieure à 10 000 habitants.

Les travaux effectués concernent les systèmes en général. Aucun élément n’est négligé. Le captage, les lignes d’adduction, les boîtes de vannes, les vannes, les réservoirs, les kiosques, les fontaines publiques, tout a été pris en compte. Les responsables en ont profité pour installer des chambres de chloration munies de chlorinateur afin de fournir une eau apte à être bue à ces populations.

En plus des porteurs de ces projets, ils étaient plusieurs dizaines de notables et des jeunes intéressés par la problématique de l’eau à prendre part à ce projet. Ils ont remercié le peuple américain à travers l’USAID qui a mobilisé ces fonds permettant la redynamisation de ces systèmes d’adduction. Jocelyne Jacob, une Moronaise, se souvient encore des difficultés auxquelles faisait face la population de sa commune pour avoir accès à un gallon d’eau.

La rivière, explique-t-elle, est située à au moins cinq kilomètres et c’était le seul endroit où l’on pouvait trouver de l’eau. Il n’y a qu’un puits au centre-ville et ce dernier n’était pas toujours accessible au grand public. Dans ce cas, ce sont les motards qui alimentaient la ville en eau. Selon les dires de madame Jacob, ce n’était pas toujours à des coûts abordables à un moment où le carburant se fait de plus en plus rare partout dans le pays.

« Les motards réclamaient 50 gourdes pour chaque récipient de cinq gallons », a expliqué la mère de famille, qui croit que la remise en eau du système d’adduction était plus que nécessaire pour la population.

Le directeur de programme WASH de l’organisation CORE, Emmanuel Whapo, a abondé dans le même sens. Le responsable entrevoit dans ces œuvres un moyen d’améliorer les conditions de vie des populations. Le directeur se donne un certain satisfecit pour avoir contribué à la réhabilitation de ces systèmes grâce auxquels les populations concernées ne consommeront plus l’eau de puits et des rivières, ces dernières qui constituent une source de maladies hautement contagieuses.
 

Pour les autorités communales, on ne peut pas penser développement dans ces milieux reculés si la population n’a pas accès en tout temps à l’eau potable. C’est, de l’avis de Jean-Marie Bonnet, le maire de Moron, un rêve qui se réalise. Il promet d’assurer le suivi de ces infrastructures de concert avec les CAEPA pour que ces systèmes puissent être opérationnels aussi longtemps que possible.

Le responsable technique de l’URD de la Grand’Anse, Kesnel Paris a, quant à lui, saisi l’occasion pour sensibiliser la population à la protection des systèmes d’eau et aussi à l’importance du reboisement. « Nous sollicitons la collaboration de la population en vue de protéger ces SAEP afin qu’ils puissent desservir plusieurs générations », a-t-il soutenu. Par ailleurs, la DINEPA encourage chaque habitant à protéger les sources et les systèmes d’adduction. Il enjoint chaque acteur, chaque membre de la population en commençant par les comités d’approvisionnement en eau potable et assainissement qu’il promet d'ailleurs de renforcer la capacité, chacun en ce qui le concerne, à jouer sa partition pour que l’eau continue de couler dans les robinets.

Ces trois systèmes ne sont cependant pas les seuls pris en compte dans l’implémentation de ce projet. Selon les responsables de CORE, tous les SAEP de Duchity, de Moron, de Bombon, de Chambellan, d’Anse- d’Hainault, de Dame-Marie, de Les Irois et de Corail font partie de ce vaste projet. De ces derniers cinq sont déjà aptes à fonctionner et certains autres sont déjà dans une phase assez avancée.  



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