La justice et la diplomatie haïtiennes dans toute leur inefficacité

Publié le 2022-07-04 | lenouvelliste.com

La diplomatie et la justice haïtiennes viennent de perdre, face à la justice turque, la bataille pour faire extrader en Haïti Samir Handal, l’un des présumés coupables dans l’assassinat du président Jovenel Moïse. La décision de la justice turque de libérer M. Handal n’est une bonne note ni pour la diplomatie ni pour la justice haïtiennes qui jouaient toutes leurs cartes afin de permettre à la justice haïtienne d’auditionner celui qui est considéré comme un suspect clé dans l’assassinat de Jovenel Moïse. En attendant que les détails de ce dossier soient rendus publics, il est confirmé que Samir Handal est libre de ses mouvements. Les efforts des autorités haïtiennes pour obtenir son extradition ont donc échoué. 

Ce mauvais carnet pour la diplomatie et la justice haïtiennes fait suite à la gestion catastrophique par les autorités haïtiennes du dossier du consul James Jacques en République dominicaine à la fin du mois de juin et de l'enlisement depuis une année du dossier Jovenel Moïse. 

Sur la liste des échecs conjoints de la justice et de la diplomatie haïtiennes on peut ajouter les suspects arrêtés en Jamaïque et ceux interceptés par la justice américaine. Pas une fois la justice haïtienne n'était prête à prendre la relève ou à donner à nos diplomates des arguments pour demander des extraditions. 

Avec quatre, cinq, six juges d'instruction nommés ou pressentis pour prendre en main l'affaire Moïse, avec le parquet et tous les dossiers qui sont soustraits de la responsabilité des autorités judiciaires, avec tous les grèves et arrêts de travail qui se succèdent dans le secteur de la justice, avec la Cour de cassation et le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire inopérants, on ne peut rien attendre de la justice haïtienne. Alors quand la diplomatie a essayé de faire avec quand même, on se demande où est l'erreur.

Dans les affaires d'extradition, les diplomates ne peuvent rien faire si la justice ne fait pas son travail. La justice ne peut rien faire si la police ne fait pas son travail. La police ne fera rien si les autorités politiques qui donnent des instructions au ministère de la Justice et à celui des Affaires étrangères ne sont pas intéressées à avoir des résultats. 

Bien avant le refus de la Turquie, le cas Samir Handal était perdu d'avance. 



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