Pré-sommet/Transformation de l’éducation/Unesco

Education : « Haïti « doit arrêter avec le système traditionnel »

Publié le 2022-06-28 | lenouvelliste.com

« Il ne suffit plus de réformer. Il est temps de transformer l’éducation. » Ce message trône à l’entrée du siège de l’Unesco à Paris qui accueille, du 28 au 30 juin, le pré-sommet sur la transformation de l’éducation. À l’issue d’une rencontre, le mardi 28 juin, des ministres de l’Education représentant plus de 84 pays partenaires du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE), dont Haïti, ont signé une résolution visant à « mobiliser une action transformatrice pour faire face à la crise sans précédent de l’apprentissage qui menace l’avenir des enfants à travers le monde ».  Ces ministres, selon la résolution, sont « responsables de l’éducation de plus de 650 millions d’enfants d’âge scolaire dans les pays aux revenus les plus faibles du monde ».

Cette résolution intervient dans un contexte particulièrement difficile pour de nombreux pays à travers le monde, avec les perturbations géopolitiques, les crises sanitaires, alimentaires, sécuritaires, entre autres. « Une éducation de qualité est essentielle à la réalisation de tous les objectifs de développement durable. Mais les grands défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés ont souligné la nécessité de transformer l’éducation à grande échelle. Notre but est clair : donner lieu plus rapidement à l’élargissement de l’accès à l’éducation, à l’amélioration des acquis scolaires et à l’égalité des sexes grâce à des systèmes éducatifs équitables, inclusifs et résilients, adaptés aux besoins du XXIe siècle », a déclaré Nesmy Manigat, qui a particulièrement travaillé à la préparation de ce document.

Les signataires du document disent « reconnaitre que la transformation à grande échelle commence par un leadership national fort et qu’elle est accélérée par les partenaires qui alignent leurs efforts sur nos systèmes ». Les ministres s’engagent à transformer l’éducation « en mobilisant la volonté politique aux plus hauts niveaux locaux, nationaux et internationaux pour des financements de l’éducation accrus, améliorés et innovateurs ; en s’appuyant sur des données probantes et en donnant la priorité à des réformes politiques clés, à la fois dans les écoles et en dehors des écoles, axées sur l’apprenant ; en intégrant l’égalité des genres dans nos politiques éducatives et nos priorités de planification et de mise en œuvre, conformément au Manifeste de Freetown pour un leadership transformateur en matière de genre dans l’éducation ».

« Nous nous félicitons de la dynamique politique croissante en faveur de l’appel à l’action des chefs d’État concernant le financement de l’éducation. Nous reconnaissons que nos gouvernements restent la principale source de financement durable et prévisible de l’éducation, tout en réitérant le besoin urgent de protéger et d’augmenter les ressources financières externes qui soutiennent les investissements des pays dans l’éducation », lit-on un peu plus dans cette résolution.

Et Haïti dans tout ça ?

La route de la transformation de l’éducation en Haïti semble encore longue et émaillée d’embûches. Malgré tout, le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, Nesmy Manigat, y croit, et en fait une de ses priorités. Il veut des réformes et des transformations. Critiqué ou pas. Invité par M. Manigat à ce pré-sommet, Charles Guy Etienne, directeur du collège Catts Pressoir à Port-au-Prince, est du même avis. Cet établissement scolaire a déjà rompu avec le système éducatif traditionnel depuis plusieurs années. « Il est temps que l’éducation soit considérée comme le vecteur de développement du pays effectivement, appelle Charles Guy Etienne, interrogé par Le Nouvelliste. Transformer l’éducation, c’est arrêter avec le système traditionnel dans lequel les élèves apprenaient par cœur sans pouvoir utiliser leurs compétences. Il est temps que chaque citoyen formé à l’école soit un vrai acteur de changement. »

Selon Guy Etienne, pour transformer le système éducatif haïtien, il faut commencer par transformer les écoles publiques, les écoles nationales et les lycées. « À partir du moment que les écoles nationales et les lycées deviendraient des écoles de référence, les écoles privées n’auraient d'autre choix que de s’adapter », croit l’éducateur, estimant cependant que « les écoles publiques ne rendent pas le service qu’elles devaient rendre ».  « Dans un pays où les parents sont économiquement faibles, il faut que les élèves des écoles nationales, des lycées soient des acteurs de changement », soutient Charles Guy Etienne.



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